Il est urgent d’apaiser le climat scolaire
Par Société des agrégés, le 2 octobre 2026
Depuis quelques jours, des lycéens se sont mobilisés, d’abord en Île-de-France, puis dans d’autres régions, pour dénoncer leurs conditions d’étude, soulignant notamment la vétusté des locaux, le manque de professeurs dans certaines disciplines ou la lourdeur des effectifs.
La Société des agrégés comprend ces revendications, qui correspondent à une réalité dans beaucoup d’établissements – qu’elle a elle-même dénoncée à maintes reprises –, mais déplore la façon dont elles s’expriment parfois. Elle regrette les blocages d’établissements, qui portent atteinte à la liberté de travail des élèves et des personnels, et condamne la dégradation des locaux ainsi que les agressions physiques contre des agents publics.
La Société des agrégés condamne, d’où qu’elles viennent, les tentatives d’instrumentaliser ce mouvement, de le récupérer ou, au contraire, de le réduire à des caricatures. Elle demande au ministre de l’Éducation nationale de prendre des mesures concrètes – autres qu’ une plateforme de consultation en ligne ou la mise en place de cours assurés à distance dans les lycées bloqués – pour améliorer les conditions de travail partout où c’est nécessaire, apaiser le climat scolaire et restaurer la confiance dans l’institution. À cette fin, le gouvernement devra aussi faire la lumière sur certains cas d’emploi de la force publique qui ont entraîné des blessures graves. Les élèves et les professeurs doivent pouvoir travailler dans la sérénité et dans un environnement propice aux études.
Cette crise de l’enseignement, qui couve depuis longtemps, ne se résoudra pas par quelques mesures ponctuelles. Au-delà même de la question des moyens, qui sont une nécessité incontournable, c’est toute la politique éducative, en échec depuis des décennies, qui doit être profondément révisée.
En vue des élections à venir, il appartient aux forces politiques de faire des propositions précises et constructives pour permettre à l’institution scolaire, sur tout le territoire, de fonctionner dans les meilleures conditions possibles et de renouer avec ses missions d’instruction et d’émancipation dans le respect des principes de l’école républicaine.