Pour une utilisation rationnelle des compétences des professeurs agrégés

Par Société des agrégés, le 15 décembre 2025

Le Comité de la Société des agrégés, réuni le samedi 13 décembre 2025, ne peut que constater, dans le vœu qu’il a adopté, l’aggravation de la crise de l’enseignement et déplore que les ministres successifs (7 ministres depuis 2022) aient tous repris, peu ou prou, la même politique, qui a pourtant montré ses défauts. Les professeurs sont avant tout des passeurs de savoir et de culture. L’une des causes du malaise des professeurs et de la crise de leur métier consiste dans l’oubli de la fin première de l’enseignement : l’instruction des élèves. À cet égard, la Société des agrégés souligne l’incapacité du ministère à utiliser pleinement les compétences des agrégés.

La Société des agrégés constate que le ministère ne respecte pas les règles qu’il a lui-même fixées. Ainsi, près du quart des agrégés sont affectés en collège, souvent contre leur gré, alors que leur statut particulier précise que cette affectation doit rester exceptionnelle. La Société des agrégés propose des mesures susceptibles de favoriser l’affectation prioritaire des agrégés dans les classes de lycée (augmentation de la bonification agrégé-lycée au barème, création de chaires spécifiques pour les enseignements de spécialité). Elle souhaite que l’inspection générale retrouve pleinement les moyens de sa mission fondamentale de conseil dans le déroulement des carrières, en inspectant les agrégés qui le sollicitent, qu’ils exercent en lycée ou en collège.

Plus généralement, la Société des agrégés souhaite vivement que le ministère réaffirme la vocation des agrégés à assurer la transition entre les enseignements secondaire et supérieur. À terme, tous les nouveaux agrégés issus des concours externes devraient enseigner dans le cycle Bac – 3 / Bac + 3 et au-delà.

La Société des agrégés demande également, pour satisfaire au mieux les vœux des personnels, que soit étudié un retour à un mouvement national en une seule phase, les recteurs pouvant procéder à des ajustements sous forme de délégations rectorales attribuées à l’année. Elle rejette l’hypothèse parfois avancée, sous des prétextes divers, d’un recrutement et d’un système d’affectation régional ou local. Le ministère a le devoir d’assurer la présence de professeurs qualifiés sur tout le territoire.

La Société des agrégés reste profondément attachée à des concours nationaux de haut niveau, qui garantissent les compétences disciplinaires des candidats recrutés et donnent droit à un poste. Les modalités de gestion doivent être révisées pour faciliter une meilleure adéquation de l’affectation des professeurs agrégés à leur qualification. Rien n’est plus irrationnel et plus démotivant, en matière de ressources humaines, que la sous-utilisation des compétences et le gâchis des talents.