société des agrégés société des agrégés


ACCUEIL
ACTIVITÉS
ACTUALITÉS
ADHÉSION
BULLETIN
ÉDITORIAUX
COMMUNIQUÉS DE PRESSE
ÉTUDES
SERVICES
INFORMATIONS URGENTES
société des agrégés

ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE




Questionnaire de la Société des agrégés
Point de vue de la Société sur les question posées
Réponse de Monsieur José BOVÉ
Réponse de Madame Marie-George BUFFET
Réponse de Monsieur Nicolas DUPONT-AIGNAN
Réponse de Monsieur Jean-Marie LE PEN
Réponse de Madame Ségolène ROYAL
Réponse de Monsieur Nicolas SARKOZY
Réponse de Monsieur Gérard SCHIVARDI


Les réponses des candidats sont classées par ordre alphabétique.



Questionnaire adressé par la Société des agrégés aux candidats à l’élection présidentielle


1° En ce qui concerne la mission des professeurs, de quelle définition êtes-vous le plus proche ?
  1. La mission des professeurs est essentiellement de transmettre le savoir.
  2. A la transmission du savoir doivent obligatoirement s’ajouter d’autres missions.
  3. Cette mission consiste dans une éducation globale dont la transmission des savoirs ne constitue qu’une partie parmi beaucoup d’autres.

2° Que doit faire, selon vous, un Ministre de l’Éducation nationale pour rétablir dans les établissements la sérénité nécessaire à l’étude ?

3° Êtes-vous favorable ou défavorable à une définition précise de l’organisation des études et des examens relevant de l’Éducation nationale par l’établissement de programmes nationaux et d’horaires nationaux pour chaque discipline ?

4° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’idée de rétablir le rôle de l’inspection générale en lui confiant de nouveau la responsabilité de l’élaboration des programmes et en veillant soigneusement à l’évaluation impartiale des compétences et de la qualification scientifiques des nouveaux inspecteurs recrutés ?

5° L’actuel Ministre de l’Éducation nationale a souhaité renforcer à l’école primaire l’apprentissage effectif de la lecture, de la grammaire, du calcul et du vocabulaire par un enseignement méthodique et systématique: continuerez-vous ou non à développer cette politique ?

6° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’introduction et au développement du contrôle continu au baccalauréat ?

7° Quelle est votre position sur les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) ? Considérez-vous qu’elles constituent un élément indispensable de l’organisation de l’Éducation nationale ?

8° Quelle est votre position par rapport à la « discrimination positive » ?

9° Êtes-vous favorable ou défavorable au recrutement des professeurs agrégés et certifiés par concours national à épreuves écrites anonymes et à épreuves orales appréciées collégialement par un jury national souverain ainsi qu’à l’attribution des postes par l’administration centrale de l’État aux lauréats de ces concours ?

10° Approuvez-vous ou non que soient nommés professeurs certifiés ou professeurs agrégés des personnes n’ayant jamais été reçues ni au concours externe ni au concours interne ?

11° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’introduction de la « bivalence » (définie comme le fait d’enseigner une seconde discipline sans avoir subi toutes les épreuves du CAPES correspondant) ?

12° Êtes-vous favorable ou défavorable au maintien des IUFM ?

13° Depuis 1972, les agrégés sont la seule catégorie de professeurs exclue de toute revalorisation indiciaire : vous engagez-vous à faire cesser rapidement cette injustice ?

14° Vous engagez-vous à rétablir un véritable mouvement national des professeurs du second degré et à abroger les dispositions instaurées en 1998 sous l’appellation de « mouvement national à gestion déconcentrée » ?

15°  Vous engagez-vous à permettre l’affectation des professeurs agrégés sur des postes correspondant à leur qualification et à leurs compétences, et à mettre fin au gâchis que l’on observe actuellement, faute de telles affectations systématiques ?

16° Vous engagez-vous à maintenir le statut général des fonctionnaires et les statuts propres aux différents corps d’enseignants, dans le Primaire, le Secondaire et le Supérieur ?
Que pensez-vous de la modification des décrets de 1950 relatifs aux obligations de service des personnels enseignants du second degré (décret n°2007-187 du 12 février 2007) ?

17° Approuvez-vous aujourd’hui cette phrase de la circulaire du Ministre Jean Zay, de décembre 1936 : « L’intérêt supérieur de la paix à l’intérieur de nos établissements passera devant toute autre considération. Ceux qui voudraient troubler la sérénité n’ont pas leur place dans les écoles qui doivent rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas » ?




Point de vue de la Société des Agrégés sur les questions posées


1° C’est parce que la première préoccupation de la Société des agrégés est l’élève qu’elle voit dans la transmission du savoir l’élément essentiel du système éducatif. Elle considère que le savoir est le fondement de tout esprit critique et la source d’une réelle égalité des chances. Seul le savoir permet à l’élève d’apprendre à devenir un citoyen.
La multiplication des missions étouffe la transmission du savoir et peut finalement la réduire à néant.
L’acquisition du savoir procure la culture, à laquelle tous les élèves ont le droit d’accéder. La culture ne saurait en effet être réservée à une élite intellectuelle ou sociale. Chacun a droit de l’acquérir, quel que soit son milieu familial.

2° La Société des agrégés a fait des propositions pour soustraire vraiment l’institution, et donc l’instruction des élèves, aux violences scolaires. En voici quelques-unes.
Le développement de la violence en milieu scolaire ne sanctionne pas la faillite des principes traditionnels du système éducatif français, mais celle de leur abandon. Il faut commencer par rétablir clairement les valeurs fondatrices de l’école, la primauté du savoir, la valeur d’une véritable instruction, la vertu de l’effort, la joie de la découverte et la beauté de l’étude rigoureuse. Seule la confiance en la valeur absolue de l’instruction peut fonder de manière incontestable l’autorité du corps enseignant.
Il faut rétablir le maniement clair, correct et général de la langue française, condition essentielle de la substitution du dialogue à la violence. Il faut définir des règles nationales pour l’architecture des locaux scolaires, assurer la sécurité des élèves sur le trajet allant de leur domicile à leur établissement, continuer de mettre en œuvre la protection statutaire des fonctionnaires de l’État…
Vous trouverez ci-joint la note officielle que la Société des agrégés a transmise à toute les autorités de la République en avril 2006, sous le titre « L’autorité du savoir et non la loi du plus fort ».

3° La Société des agrégés considère que la fixation au plan national de l’horaire hebdomadaire de chaque discipline est une garantie indispensable d’égalité de traitement des élèves.
A son avis, la totalité de l’enseignement doit être dispensé selon des programmes nationaux, consistant en un ensemble de questions et d’indications précises sur leurs contenus. Elle ne peut accepter que ces programmes soient remplacés par des listes d’objectifs ne correspondant à aucun contenu précis. Elle désapprouve l’inclusion éventuelle dans les contenus de l’enseignement d’un pourcentage, même limité, de questions étrangères aux programmes nationaux.
La Société des agrégés estime que l’existence d’horaires et de programmes nationaux pour chaque discipline est le seul moyen de répondre aux impératifs de la transmission des savoirs et de l’égalité dans un État républicain.

4° Le Ministère de l’Éducation nationale a décidé en 1990 de dessaisir l’Inspection générale de la responsabilité de la rédaction des programmes et n’a cessé depuis de modifier les procédures. Or la Société des agrégés constate que les inspecteurs généraux connaissent bien les disciplines (ou matières d’enseignement), les établissements, les élèves et les professeurs. Elle estime donc qu’il serait sage de restituer à l’Inspection générale sa responsabilité dans la rédaction des programmes.
Cela suppose que la qualification disciplinaire des inspecteurs généraux soit incontestable et que soit réformé le statut de 1989 qui impose la nomination d’un cinquième des membres de ce corps sans autre condition qu’un âge égal au moins à 45 ans.
Plus généralement, la Société des agrégés demande la suppression de certaines dispositions permettant le recrutement ou la promotion dans les corps d’inspection de personnels qui ne sont pas au moins aussi qualifiés, du point de vue scientifique et pédagogique, que les professeurs qu’ils seront appelés à inspecter.

5° La Société des agrégés a approuvé les mesures du Ministre actuel de l’Éducation nationale dans ces domaines. Elle s’est réjouie de la remise en cause des méthodes globales ou semi-globales de lecture qui ont fait, au détriment des élèves, la preuve de leur inefficacité. En ce qui concerne la grammaire, la Société des agrégés estime qu’elle est indispensable à la formation de l’homme et du citoyen et qu’il faut, dès l’école primaire, en acquérir solidement les bases. Elle s’inquiète, d’autre part, des études qui établissent l’appauvrissement des connaissances des élèves en calcul et en géométrie.

6° La Société des agrégés est opposée à l’introduction du contrôle continu dans les épreuves du baccalauréat. En effet, la prise en compte du contrôle continu, même à faible dose, ne peut conduire qu’à transformer le baccalauréat en un simple certificat, de niveau variable d’un établissement à l’autre, et lui ôterait son caractère de diplôme national.
Or un examen tel que le baccalauréat est absolument nécessaire pour garantir à l’enseignement du second degré d’une part sa fonction de transmission d’un ensemble commun de connaissances et de savoir-faire indispensables, et d’autre part une indépendance totale vis-à-vis des contingences locales, assurée par des jurys composés de professeurs qui ne sont pas ceux des candidats.
Par ailleurs, un des arguments en faveur du contrôle continu repose sur les économies qu’il engendrerait. Or, un rapport de la Cour des Comptes a déclaré, il y a quelques années, que la mise en place d’un contrôle continu respectant toutes les règles de sérieux et d’impartialité coûterait extrêmement cher, sans compter les difficultés inhérentes à son organisation.

7° Les classes préparatoires aux grandes écoles sont des filières d’excellence qui ont fait leurs preuves. Si le recrutement n’en est pas assez diversifié, la cause n’en réside pas dans l’organisation propre aux classes préparatoires, dans leur structure, ni dans l’enseignement qu’elles dispensent, mais dans l’affaiblissement, par les réformes successives, de l’enseignement secondaire et dans l’insuffisance d’informations ou d’incitations.

8° La Société des agrégés dénonce la « discrimination positive » qui s’attaque aux symptômes en négligeant les causes. Il faut, dans tous les établissements, maintenir ou rétablir, si nécessaire, les conditions permettant de transmettre à tous le savoir.

9° La Société des agrégés, bien entendu, est favorable au recrutement des professeurs par des concours nationaux.
Elle souligne la nécessité d’accorder la plus grande attention au nombre des épreuves écrites, à celui des épreuves orales, à leur nature (les épreuves de didactique ou les épreuves « professionnelles » n’ayant pas, selon le témoignage même des candidats, l’objectivité des épreuves scientifiques), ainsi qu’à leurs coefficients.
La Société des agrégés insiste pour que les candidats au concours bénéficient, dans les Universités et dans les Écoles normales supérieures, d’une pleine année de préparation pour leur permettre une formation disciplinaire approfondie.
La Société des agrégés, d’autre part, tient absolument à ce que les concours de recrutement restent des concours « aux places », dont tous les lauréats auront droit à l’attribution d’un poste par l’administration de l’État. Elle ne saurait accepter que les concours nationaux ne servent qu’à la fixation d’une liste de « reçus au concours » qui seraient obligés ensuite, pour pouvoir bénéficier réellement d’un emploi rémunéré, de faire acte de candidature auprès des rectorats ou des établissements, soit à l’occasion de leur première nomination soit à l’occasion d’une mutation.

10° La Société des agrégés désapprouve entièrement ces nominations sans concours : elle ne saurait admettre ces mesures particulières qui visent à soustraire des professeurs qui seront dits « agrégés » à l’examen de leur capacité par un jury d’agrégation, ou des professeurs qui seront dits « certifiés » à l’examen de leur capacité par un jury de CAPES. De telles mesures, en effet, contreviennent au principe fondamental du recrutement dans un corps de fonctionnaires publics, énoncé par l’article 6 de la Déclaration de l’homme et du citoyen : « La loi est la même pour tous. Tous les citoyens, étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics selon leurs capacités et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents ».
Il convient donc de supprimer les promotions par liste d’aptitude dans un autre corps et de distinguer les professeurs les plus méritants d’un corps par des dispositions particulières (hors-classe, classe exceptionnelle…).

11° La Société des agrégés ne saurait admettre que le Ministère demande à un professeur d’enseigner une discipline pour laquelle il n’aurait pas été solidement formé.

12° La Société des agrégés est opposée au maintien des IUFM. Elle demande que la préparation aux concours du CAPES aussi bien que de l’agrégation soit exclusivement assurée par les Universités et les Écoles normales supérieures. Elle demande que la formation assurée après le concours soit une formation pratique comportant essentiellement des stages dans un établissement scolaire (prioritairement en lycée pour les agrégés) et qu’elle demeure entièrement postérieure aux épreuves théoriques pour ne pas consommer une partie du temps nécessaire à la mise à niveau scientifique correspondant au savoir et aux compétences d’un professeur agrégé ou d’un professeur certifié.

13° Il n’est pas admissible que, sous tous les gouvernements, les agrégés aient été exclus, contrairement aux autres catégories, de toute revalorisation indiciaire. La Société des agrégés ne peut accepter que le Ministère de l’Éducation nationale, chargé de transmettre le savoir, renie son propre principe en décidant de rémunérer ses personnels sans tenir compte pratiquement du savoir qu’ils ont acquis et peuvent transmettre. Il convient également que les professeurs agrégés soient affectés en fonction de leurs compétences (voir question n°15).

14° Depuis la publication du décret n° 98-915 du 13 octobre 1998, le mouvement des professeurs du second degré comporte deux étapes : un professeur, même déjà titulaire dans une académie donnée, ne peut plus solliciter directement un poste précis dans une autre académie, en ayant la garantie de conserver son poste initial si le poste demandé n’est pas libre ; il lui faut d’abord solliciter son admission dans une académie correspondant au poste ou aux postes souhaités, et s’il obtient cette académie, y rester obligatoirement, mais dans un poste pouvant ne correspondre à aucun des vœux précis formulés, sans possibilité de retour sur l’ancien poste. Sans même évoquer ici les nombreuses difficultés professionnelles ou les graves et parfois très graves épreuves familiales qu’a infligées aux professeurs cette réforme du mouvement, la Société des agrégés souligne qu’en rendant très aléatoire, pour un professeur déjà « en poste » dans une académie, de solliciter une mutation pour une autre académie, le « mouvement en deux étapes » tend à favoriser une fixation locale, contraire au bon fonctionnement du système national d’enseignement, auquel les concours nationaux de l’agrégation et du CAPES contribuent d’une façon essentielle.

15° Les professeurs agrégés doivent être affectés conformément à leurs statuts qui précisent qu’ « ils assurent leur service dans les classes préparatoires aux grandes écoles, dans les classes de lycée, dans des établissements de formation et, exceptionnellement, dans les classes de collège ».

16° A l’avis de la Société des agrégés, le statut des fonctionnaires de l’État est à la fois pour eux la garantie de leur indépendance et pour les citoyens une garantie d’impartialité et de neutralité dans l’accomplissement des missions confiées aux fonctionnaires.
Quant aux statuts particuliers des différentes catégories du corps enseignant, ils ont pour raison d’être de garantir que la manière dont un professeur est affecté, mais aussi dont il est rémunéré, correspond bien au statut qui le régit en fonction de ses compétences attestées par le concours auquel il aura été reçu.
La Société des agrégés dénonce le décret n° 2007-187 du 12 février 2007, modifiant les décrets de 1950 relatifs aux obligations de service des personnels enseignants, non seulement parce qu’il alourdit la charge de travail d’un grand nombre de professeurs tout en réduisant leur rémunération, mais encore parce qu’il donne aux autorités académiques ou au chef d’établissement la possibilité de confier à des enseignants certaines missions, ce qui lui paraît incompatible avec la nécessité de règles définies au niveau national.

17° La Société des agrégés est attachée au principe de laïcité scolaire. L’école doit pouvoir accomplir sa mission en paix, à l’abri des querelles et des conflits extérieurs. C’est en redevenant le lieu privilégié de la transmission du savoir que l’école permettra aux futurs citoyens de prendre toute leur part à la vie politique et sociale.




Réponse de Monsieur José BOVÉ


1° En ce qui concerne la mission des professeurs, de quelle définition êtes-vous le plus proche ?
  1. La mission des professeurs est essentiellement de transmettre le savoir.
  2. A la transmission du savoir doivent obligatoirement s’ajouter d’autres missions.
  3. Cette mission consiste dans une éducation globale dont la transmission des savoirs ne constitue qu’une partie parmi beaucoup d’autres.

2° Que doit faire, selon vous, un Ministre de l’Éducation nationale pour rétablir dans les établissements la sérénité nécessaire à l’étude ?

3° Êtes-vous favorable ou défavorable à une définition précise de l’organisation des études et des examens relevant de l’Éducation nationale par l’établissement de programmes nationaux et d’horaires nationaux pour chaque discipline ?

Favorable.

4° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’idée de rétablir le rôle de l’inspection générale en lui confiant de nouveau la responsabilité de l’élaboration des programmes et en veillant soigneusement à l’évaluation impartiale des compétences et de la qualification scientifiques des nouveaux inspecteurs recrutés ?

Favorable.

5° L’actuel Ministre de l’Éducation nationale a souhaité renforcer à l’école primaire l’apprentissage effectif de la lecture, de la grammaire, du calcul et du vocabulaire par un enseignement méthodique et systématique: continuerez-vous ou non à développer cette politique ?

Non, pas telle qu’elle a été menée.

6° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’introduction et au développement du contrôle continu au baccalauréat ?

Favorable, dans une certaine mesure.

7° Quelle est votre position sur les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) ? Considérez-vous qu’elles constituent un élément indispensable de l’organisation de l’Éducation nationale ?

Non.

8° Quelle est votre position par rapport à la « discrimination positive » ?

C’est une mesure qui peut apparaître séduisante mais impuissante à elle seule à réduire les discriminations.

9° Êtes-vous favorable ou défavorable au recrutement des professeurs agrégés et certifiés par concours national à épreuves écrites anonymes et à épreuves orales appréciées collégialement par un jury national souverain ainsi qu’à l’attribution des postes par l’administration centrale de l’État aux lauréats de ces concours ?

C’est une mesure qui peut apparaître séduisante mais impuissante à elle seule à réduire les discriminations.

10° Approuvez-vous ou non que soient nommés professeurs certifiés ou professeurs agrégés des personnes n’ayant jamais été reçues ni au concours externe ni au concours interne ?

Non.

11° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’introduction de la « bivalence » (définie comme le fait d’enseigner une seconde discipline sans avoir subi toutes les épreuves du CAPES correspondant) ?

Défavorable.

12° Êtes-vous favorable ou défavorable au maintien des IUFM ?

Favorable.

13° Depuis 1972, les agrégés sont la seule catégorie de professeurs exclue de toute revalorisation indiciaire : vous engagez-vous à faire cesser rapidement cette injustice ?

Oui.

14° Vous engagez-vous à rétablir un véritable mouvement national des professeurs du second degré et à abroger les dispositions instaurées en 1998 sous l’appellation de « mouvement national à gestion déconcentrée » ?

Oui !

15°  Vous engagez-vous à permettre l’affectation des professeurs agrégés sur des postes correspondant à leur qualification et à leurs compétences, et à mettre fin au gâchis que l’on observe actuellement, faute de telles affectations systématiques ?

Oui.

16° Vous engagez-vous à maintenir le statut général des fonctionnaires et les statuts propres aux différents corps d’enseignants, dans le Primaire, le Secondaire et le Supérieur ?
Que pensez-vous de la modification des décrets de 1950 relatifs aux obligations de service des personnels enseignants du second degré (décret n°2007-187 du 12 février 2007) ?

Oui.

17° Approuvez-vous aujourd’hui cette phrase de la circulaire du Ministre Jean Zay, de décembre 1936 : « L’intérêt supérieur de la paix à l’intérieur de nos établissements passera devant toute autre considération. Ceux qui voudraient troubler la sérénité n’ont pas leur place dans les écoles qui doivent rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas » ?

Oui, même si elle doit être nuancée au regard des difficultés économiques, sociales et psychiques des élèves et professeurs dans certains quartiers sensibles.

Contre les logiques libérales, nous voulons un service public de l’éducation développé, démocratisé, unifié. Notre ambition est la démocratisation de l’enseignement supérieur, l’ouverture de la recherche et son indépendance par rapport au marché. En ce sens, voici quelques-unes des mesures que nous nous engageons à prendre :

  • Le développement des connaissances et leur diffusion doivent échapper à la concurrence mondialisée pour être mis au service de la collectivité. L’accès et la réussite dans l’enseignement supérieur du plus grand nombre de jeunes en formation initiale et de salariés en formation continue est un objectif central. Nous voulons que tous puissent maîtriser les savoirs qui permettent le développement de l’esprit critique et l’exercice de la citoyenneté.


  • L’accès aux études supérieures sera gratuit par la suppression des frais d’inscription et sans aucune sélection, jusqu’au master compris. L’objectif à court terme est d’accueillir trois millions d’étudiants et d’assurer leur réussite.


  • Les étudiants bénéficieront de l’allocation d’autonomie allouée à tous les jeunes en formation ou en insertion et d’un statut social garantissant de nouveaux droits : santé, logement, transports, culture. Ainsi l’accès à la sécurité sociale sera gratuit. Et un plan de rénovation et de construction de cités universitaires sera immédiatement défini de façon à ce que tous les étudiants puissent disposer d’un logement décent.


  • Au-delà de la scolarité obligatoire, fixée à 18 ans, chaque citoyen aura droit à un complément de formation dans l’enseignement supérieur et au financement correspondant.


  • Le dispositif LMD fera l’objet d’un bilan, sous le contrôle des personnels et des étudiants. Une nouvelle organisation des formations sera mise en œuvre après débat avec l’ensemble de la communauté universitaire qui se substituera aux dispositions actuelles qui seront abrogées. Il s’agit de garantir les contenus aux dispositions actuelles qui seront abrogées. Il s’agit de garantir les contenus des formations supérieures, les modalités d’accès et de poursuite d’études, d’assurer la validation des formations et qualifications par des diplômes nationaux (voire européens) pleinement reconnus. Seules les universités publiques seront financées et habilitées à délivrer des diplômes.


  • Les stages seront réglementés de façon contraignante et feront l’objet d’un réel suivi pédagogique en lien avec la formation. Ils doivent être rémunérés au salaire minimum sans se substituer à des emplois. Ils ne doivent pas excéder un tiers de l’année scolaire.


  • Les universités seront financées par l’Etat pour l’ensemble de leurs besoins. A l’opposé des politiques de mises en concurrence et de pôles d’excellence, l’offre de formation et les activités de recherche seront confortées et développées pour l’ensemble des disciplines et sur l’ensemble du territoire.


  • Pour lutter contre l’échec en cours de formation, des dispositions pédagogiques nouvelles seront engagées, notamment la priorité aux TD en petits groupes, aux TP, aux travaux personnels encadrés.


  • Pour rapprocher l’ensemble des voies de formation post bac, un processus de convergence et d’intégration dans un grand service public sera engagé. En particulier, pour éliminer la concurrence entre grandes écoles et universités, un processus d’intégration des GE aux universités sera engagé en commençant par l’intégration des CPGE aux cursus universitaires.


  • Pour que l’université soit démocratique, de nouvelles modalités de fonctionnement seront débattues dans la communauté universitaire et donneront lieu à une nouvelle loi d’orientation.


  • Nous refuserons toute décision européenne susceptible de mettre en péril la politique d’éducation publique que nous mettrons en œuvre.




  • Réponse de Madame Marie-George BUFFET


    1° En ce qui concerne la mission des professeurs, de quelle définition êtes-vous le plus proche ?
    1. La mission des professeurs est essentiellement de transmettre le savoir.
    2. A la transmission du savoir doivent obligatoirement s’ajouter d’autres missions.
    3. Cette mission consiste dans une éducation globale dont la transmission des savoirs ne constitue qu’une partie parmi beaucoup d’autres.
    L'acte pédagogique permettant la transmission des savoirs est en soi éducatif, tout comme les savoirs eux mêmes dans leurs contenus. Cela dit pour relativiser des assertions un peu trop péremptoires, même si ma préférence irait plutôt vers la première, à condition de préciser le contenu que vous mettez derrière l'adverbe "essentiellement". S'il s'agit de dire que la mission du professeur n'est pas d'être assistant(e) social(e), ou conseiller(e) d'orientation, cela me paraît aller de soi… mais s'il s'agit de récuser sa fonction globale d'éducateur, cela n'a, de mon point de vue, pas de sens.

    2° Que doit faire, selon vous, un Ministre de l’Éducation nationale pour rétablir dans les établissements la sérénité nécessaire à l’étude ?

    Le système éducatif est en crise, car on est passé en trente ans d'un système éducatif conçu pour la formation des élites de la nation à un système accueillant la quasi totalité d'une classe d'âge jusqu'au bac, sans que les transformations nécessaires pour assurer la réussite scolaire de tous les jeunes dans ce contexte nouveau n'aient été maîtrisées. La massification est faite pour l'essentiel ; il reste à réussir la démocratisation, fondée sur l'acquisition d'un haut niveau de culture commune par tous les jeunes, quelle que soit la voie de formation choisie.

    3° Êtes-vous favorable ou défavorable à une définition précise de l’organisation des études et des examens relevant de l’Éducation nationale par l’établissement de programmes nationaux et d’horaires nationaux pour chaque discipline ?

    Je suis pour la définition nationale des objectifs à atteindre, et l'attribution des moyens matériels, pédagogiques et humains (postes en personnels qualifiés) nécessaires en fonction des besoins pour les atteindre.

    4° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’idée de rétablir le rôle de l’inspection générale en lui confiant de nouveau la responsabilité de l’élaboration des programmes et en veillant soigneusement à l’évaluation impartiale des compétences et de la qualification scientifiques des nouveaux inspecteurs recrutés ?

    Les programmes d'enseignement devront être repensés dans l'esprit décrit ci dessus: un haut niveau de culture commune pour tous les élèves. Cette responsabilité relèvera fondamentalement de la représentation nationale à l'issue d'une réflexion associant largement tous les partenaires concernés. Dans ce cadre, l'inspection générale devra naturellement prendre toute sa place.

    5° L’actuel Ministre de l’Éducation nationale a souhaité renforcer à l’école primaire l’apprentissage effectif de la lecture, de la grammaire, du calcul et du vocabulaire par un enseignement méthodique et systématique: continuerez-vous ou non à développer cette politique ?

    La bonne question est celle des méthodes pour y parvenir. Il ne me semble pas, de ce point de vue, que le retour à des méthodes anciennes qui, d'ailleurs, n'ont jamais fait la preuve de leur efficacité si on se situe dans le cadre d'un enseignement prenant en compte la diversité des élèves, soit la voie à suivre.

    6° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’introduction et au développement du contrôle continu au baccalauréat ?

    Non, sauf cas spécifiques (EPS…).

    7° Quelle est votre position sur les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) ? Considérez-vous qu’elles constituent un élément indispensable de l’organisation de l’Éducation nationale ?

    Le rôle des CPGE est à analyser en fonction de celui qu'occupent les grandes écoles elles-mêmes dans l'organisation générale des enseignements supérieurs. Dans l'état actuel des choses, elles constituent en effet un élément indispensable de l'organisation générale du système, qui serait à repenser en fonction d'objectifs plus démocratiques.

    8° Quelle est votre position par rapport à la « discrimination positive » ?

    Je suis opposée au concept de "discrimination positive", lui préférant celui d'égalité des droits qui suppose des politiques volontaristes impliquant des moyens spécifiques. En ce sens, je suis favorable à un renforcement de l'éducation prioritaire. Les moyens accordés à cette politique ne doivent pas, pour autant, être dégagés au détriment des autres établissements.

    9° Êtes-vous favorable ou défavorable au recrutement des professeurs agrégés et certifiés par concours national à épreuves écrites anonymes et à épreuves orales appréciées collégialement par un jury national souverain ainsi qu’à l’attribution des postes par l’administration centrale de l’État aux lauréats de ces concours ?

    J'y suis favorable.

    10° Approuvez-vous ou non que soient nommés professeurs certifiés ou professeurs agrégés des personnes n’ayant jamais été reçues ni au concours externe ni au concours interne ?

    Je suis favorable au principe de l'accès à un grade sur la base d'une validation vérifiée de connaissances et compétences. Celles-ci peuvent aussi être acquises grâce à l'expérience professionnelle, ce qui est une justification essentielle du principe de la progression de carrière pour tous les fonctionnaires.

    11° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’introduction de la « bivalence » (définie comme le fait d’enseigner une seconde discipline sans avoir subi toutes les épreuves du CAPES correspondant) ?

    La bivalence existe depuis toujours dans le cadre des enseignements de second degré, pour certaines disciplines. Je ne suis pas favorable à son extension.

    12° Êtes-vous favorable ou défavorable au maintien des IUFM ?

    Je suis pour des IUFM conçus comme des "Etablissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel" rattachés aux universités de l'académie d'implantation ou, à défaut, à l'académie la plus proche.

    13° Depuis 1972, les agrégés sont la seule catégorie de professeurs exclue de toute revalorisation indiciaire : vous engagez-vous à faire cesser rapidement cette injustice ?

    La revalorisation - y compris sur le plan indiciaire - de tous les métiers de l'enseignement et de toutes les catégories de personnels enseignants notamment est une urgente nécessité.

    14° Vous engagez-vous à rétablir un véritable mouvement national des professeurs du second degré et à abroger les dispositions instaurées en 1998 sous l’appellation de « mouvement national à gestion déconcentrée » ?

    Cette question reste ouverte. Une large concertation avec l'ensemble des organisations représentatives des personnels concernés sera engagée avant toute décision dans ce domaine.

    15°  Vous engagez-vous à permettre l’affectation des professeurs agrégés sur des postes correspondant à leur qualification et à leurs compétences, et à mettre fin au gâchis que l’on observe actuellement, faute de telles affectations systématiques ?

    Je suis pour un haut niveau de qualification de tous les enseignants, quel que soit le niveau du système éducatif auquel on fait référence. C'est l'ensemble du système de formation, initiale et continue, qui est à repenser en ce sens, notamment dans la perspective du concept d' "enseignant chercheur" auquel je suis favorable. La question des affectations est donc à penser dans ce contexte.

    16° Vous engagez-vous à maintenir le statut général des fonctionnaires et les statuts propres aux différents corps d’enseignants, dans le Primaire, le Secondaire et le Supérieur ?
    Que pensez-vous de la modification des décrets de 1950 relatifs aux obligations de service des personnels enseignants du second degré (décret n°2007-187 du 12 février 2007) ?

    Il faudra annuler ce décret qui accentue la dévalorisation du métier de professeur, ce qui ne signifie pas le retour au statu quo. Des modifications seront à envisager pour que les professeurs puissent assumer dans les meilleures conditions les missions assignées au système éducatif national démocratisé que je propose de construire.

    17° Approuvez-vous aujourd’hui cette phrase de la circulaire du Ministre Jean Zay, de décembre 1936 : « L’intérêt supérieur de la paix à l’intérieur de nos établissements passera devant toute autre considération. Ceux qui voudraient troubler la sérénité n’ont pas leur place dans les écoles qui doivent rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas » ?

    Cette citation reflète une conception de la laïcité progressiste à son époque, et fortement marquée par son contexte, mais aujourd'hui quelque peu dépassée. L'école ne saurait se désintéresser, en effet, des rapports sociaux dans lesquels elle joue elle-même un rôle en fonction des missions que la nation lui assigne et des moyens dont elle dispose pour les mener à bien. Par contre, il me paraît évident que les fonctionnaires, quels qu'ils soient, doivent rester astreints à une obligation de neutralité dans ce qui concerne l'exercice de leur métier, c'est-à-dire dans leurs rapports avec les élèves.




    Réponse de Monsieur Nicolas DUPONT-AIGNAN


    Préambule des réponses de Nicolas Dupont-Aignan

    Pour expliquer les réponses détaillées qui figurent ci-dessous, il me paraît utile de rappeler quelques principes qui guident mon action :

  • le souci de l'indépendance nationale,

  • le peuple est souverain de ses choix d'organisation politique ;

  • L'attachement indéfectible à la laïcité, fondement de la République.


  • Les fonctionnaires que sont les enseignants sont des agents de l'Etat, au service du peuple dans le domaine particulier qu'est l'école, matrice de la République. Comme les citoyens sont épris de justice et d'égalité, il convient de recruter les fonctionnaires par concours, national, en nombre et en qualité suffisants pour assurer le service ; le juste concours garantissant la compétence des agents et la qualité du service, pour l'intérêt de tous.

    1° En ce qui concerne la mission des professeurs, de quelle définition êtes-vous le plus proche ?
    1. La mission des professeurs est essentiellement de transmettre le savoir.
    2. A la transmission du savoir doivent obligatoirement s’ajouter d’autres missions.
    3. Cette mission consiste dans une éducation globale dont la transmission des savoirs ne constitue qu’une partie parmi beaucoup d’autres.
    Mon choix est évidemment la réponse a).
    En voici les raisons :
  • c'est la première charge que leur confie l'Etat, que personne ne fera à leur place,
  • les professeurs sont compétents pour cette tâche, et il vaut mieux employer les personnels dans leur domaine de compétence, dans l'intérêt de tous,
  • enfin, j'ai entendu beaucoup d'enseignants de tous ordres se plaindre de la multitude de missions supplémentaires qu'on veut leur faire assumer, et qui relèveraient d'autres organismes, ou des familles. Soucieux de ne pas aggraver leurs conditions de travail, il me paraît raisonnable de les laisser accomplir sérieusement ce qui est exactement de leur compétence : l'instruction, la transmission des connaissances.


  • 2° Que doit faire, selon vous, un Ministre de l’Éducation nationale pour rétablir dans les établissements la sérénité nécessaire à l’étude ?

    Vous y répondez vous même à la question 17 par une fort belle citation de Jean Zay, que j'approuve tout à fait. Il est probable que, à cette époque, le défunt ministre visait par là les débats religieux ou politiques, mais nous pouvons fort bien considérer que les fauteurs de troubles qu'il convient d'écarter sont les auteurs des actes violents, et ceux qui les laissent se développer.
    J'ai déjà dit ailleurs que je me propose d'abroger les lois Jospin-Fillon, et donc tous leurs textes d'application, qui sont la très regrettable base légale de la dilution de l'autorité des maîtres. Le rétablissement de textes réglementaires corrects, qui rassurent l'autorité pédagogique des professeurs, sera un bon moyen de ramener la sérénité, même si, bien sûr, cela ne suffira pas.


    3° Êtes-vous favorable ou défavorable à une définition précise de l’organisation des études et des examens relevant de l’Éducation nationale par l’établissement de programmes nationaux et d’horaires nationaux pour chaque discipline ?

    Etant attaché à l'égalité républicaine sur tout le territoire national, il va de soi que les programmes et les horaires d'étude doivent être nationaux, ainsi que les examens : voir la question 6.

    4° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’idée de rétablir le rôle de l’inspection générale en lui confiant de nouveau la responsabilité de l’élaboration des programmes et en veillant soigneusement à l’évaluation impartiale des compétences et de la qualification scientifiques des nouveaux inspecteurs recrutés ?

    Si l'on remet les questions dans l'ordre, il faut d'abord se demander comment on va évaluer impartialement la qualification des nouveaux inspecteurs, et qui va en être chargé. La question ne se posant pas seulement pour l'élaboration des programmes.
    Il est vrai que le conseil national des programmes mis en place par la loi Jospin n'a pas rempli le rôle attendu, et l'actuel Haut conseil de l'éducation paraît aussi parti sur de mauvaises bases. Comme je propose d'abroger les lois Jospin-Fillon, cet organisme disparaîtra. Sous réserve d'approfondissement ultérieur, et en tenant compte des réserves que vous émettez vous-mêmes sur l'Inspection générale, c'est peut-être cependant la moins mauvaise solution.


    5° L’actuel Ministre de l’Éducation nationale a souhaité renforcer à l’école primaire l’apprentissage effectif de la lecture, de la grammaire, du calcul et du vocabulaire par un enseignement méthodique et systématique: continuerez-vous ou non à développer cette politique ?

    Il me paraît important, en effet, de renforcer ces apprentissages de base. Comme il ne suffit pas d'injonctions ministérielles ni de visites-éclairs des inspecteurs, il faudra en renforcer les moyens, par une documentation pédagogique sérieuse et renouvelée, un grand effort de formation continue des instituteurs et professeurs d'école sur des bases nouvelles mais peut-être pas par les actuels professeurs d'IUFM, ni par les actuels inspecteurs de l'école primaire.

    6° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’introduction et au développement du contrôle continu au baccalauréat ?

    Je suis défavorable au contrôle continu, non seulement au baccalauréat mais à tous les examens, pour les raisons suivantes :
  • un jugement local entraîne presque inévitablement des inégalités, puisque les sujets du contrôle continu sont différents,
  • si les candidats sont connus de leurs examinateurs puisque ceux-ci sont leurs professeurs, ils ne sont pas protégés par l'anonymat, non plus que les professeurs, et tous encourent le risque d'un jugement partial, c'est contraire à l'égalité républicaine. Les examinateurs encourent le risque de pressions, voire de menaces, et les candidats à qui l'on décerne des diplômes dans ces conditions douteuses sont trompés, car ce sera un titre dévalué.
  • Cette entorse à l'égalité républicaine des examens est méprisante pour les élèves, et dangereuse pour les professeurs, que l'Etat ne protège plus.


    7° Quelle est votre position sur les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) ? Considérez-vous qu’elles constituent un élément indispensable de l’organisation de l’Éducation nationale ?

    Ces classes préparatoires fonctionnent encore bien, surtout si on les compare à la triste situation des premiers cycles universitaires. C'est une raison suffisante pour les garder, du moins pour un certain temps. Avec l'abrogation de la loi Jospin-Fillon, la remise en ordre de l'organisation scolaire, et des repères intellectuels à tous les niveaux de l'enseignement – ce qui prendra beaucoup de temps malgré la volonté et le dévouement des professeurs - on peut espérer que les universités n'auront plus à souffrir de la comparaison. Alors, et alors seulement, on pourra rediscuter d'une éventuelle fusion des deux systèmes.

    8° Quelle est votre position par rapport à la « discrimination positive » ?
    On a cru bien faire en 1982, en instituant les ZEP, première forme de discrimination positive. Tous les travaux de sociologie montrent que les résultats en sont décevants, malgré les moyens matériels supplémentaires et un énorme investissement personnel des enseignants.
    Le sens actuellement donné à l'expression « discrimination positive » part encore de la bonne volonté, mais elle s'active trop tard : ce n'est pas à l'entrée en seconde ou dans les classes préparatoires spéciales que l'on peut sauver des élèves à qui l'on a infligé depuis l'école primaire des programmes déstructurés, et à qui l'on ment sur leur niveau.
    Quant aux passe-droit pour intégrer certaines écoles, ils sont une insulte à la dignité humaine des jeunes que l'on prétend ainsi favoriser, et que l'on livre sans défense culturelle à la risée de leurs camarades, aux quolibets des éventuels futurs employeurs. C'est indigne de la République.


    9° Êtes-vous favorable ou défavorable au recrutement des professeurs agrégés et certifiés par concours national à épreuves écrites anonymes et à épreuves orales appréciées collégialement par un jury national souverain ainsi qu’à l’attribution des postes par l’administration centrale de l’État aux lauréats de ces concours ?

    Sur la partie écrite du concours, je réponds dans la question suivante. Pour les épreuves orales, si on garantit l'impartialité du jury, je vous suis.
    Sur les nominations et mutations (voir aussi la question 14) : le concours étant national, il paraît cohérent que les nominations le soient aussi. La déconcentration introduite en 1998 par monsieur Allègre (et qui, elle, va de pair avec la loi de décentralisation de 1982, qui n'a pas fait la preuve de son utilité pour le peuple ni pour la démocratie), loin d'améliorer la gestion des personnels et des postes et l'intérêt du service, a considérablement alourdi et compliqué le mouvement, qui souvent dure d'avril à début septembre. A une époque où les merveilles de l'informatique permettent de traiter de très grands fichiers (à condition d'avoir des logiciels bien faits et de mettre toutes les informations utiles), l'argument du grand nombre de cas à traiter ne tient pas. Il est donc conforme au souhait unanime des fonctionnaires et des citoyens en général, de respecter l'égalité républicaine, surtout quand elle coïncide avec la simplicité réelle de la gestion, en rétablissant le mouvement national.


    10° Approuvez-vous ou non que soient nommés professeurs certifiés ou professeurs agrégés des personnes n’ayant jamais été reçues ni au concours externe ni au concours interne ?

    J'ai dit dans le préambule que les fonctionnaires - tous les fonctionnaires - doivent être recrutés par concours, national, écrit, anonyme, condition nécessaire de la justice vis-à-vis des citoyens. Si des personnels en exercice aspirent à une promotion, à un changement de grade ou de fonction, une solution généreuse et juste est de leur offrir des conditions convenables pour préparer les concours. Les modalités de préparation (congé, service partiel par exemple) peuvent être l'objet de négociations ultérieures, mais dans des conditions de clarté vis-à-vis de la nation.

    11° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’introduction de la « bivalence » (définie comme le fait d’enseigner une seconde discipline sans avoir subi toutes les épreuves du CAPES correspondant) ?

    Il existe traditionnellement des bi (ou tri) valences, les lettres classiques, la physique-chimie, par exemple, qui ne soulèvent pas d'objection, parce que les professeurs de ces disciplines ont reçu une formation académique qui leur permet de les enseigner.
    En revanche, le décret et l'arrêté récents (12 février 2007) qui modifient les obligations de service des enseignants, et permettent l'attribution de « mentions complémentaires », suscitent de ma part de vives réserves, car ces mentions complémentaires ne sont pas attribuées sur titres universitaires, et ne permettent pas de penser que les professeurs seront à l'aise pour enseigner ces nouvelles disciplines, sans formation suffisante. Cela ne va pas améliorer l'ambiance des classes, ni probablement le niveau des élèves.
    Je déplore qu'en cette matière le ministère n'ait pensé qu'à de supposées commodités de gestion des postes, et par ailleurs à imiter, sur conseils de Bruxelles, certains pays voisins dont l'école n'est pourtant pas un modèle de réussite, si l'on en croit l'évaluation PISA. Il reste cependant à considérer à part la situation des petits collèges ruraux, où la gestion des postes pose des problèmes particuliers, mais ce n'est pas une raison pour y nommer des personnels à formation insuffisante.


    12° Êtes-vous favorable ou défavorable au maintien des IUFM ?

    Je suis défavorable à leur maintien ; l'actuelle loi Fillon n'a rien changé sur le fond, c'est-à-dire l'activité pédagogique. Il faut trouver une nouvelle organisation de la formation des enseignants, c'est celle des professeurs d'école qui est la plus difficile à trouver ; en partant - nécessairement – de la situation présente, avec les jeunes dans l'état que l'on sait, et dont ils ne sont pas responsables.

    13° Depuis 1972, les agrégés sont la seule catégorie de professeurs exclue de toute revalorisation indiciaire : vous engagez-vous à faire cesser rapidement cette injustice ?

    La question des traitements est à reprendre entièrement, dans toute la fonction publique et non seulement dans tel ou tel corps ; en effet il me paraît plus sain, vis-à-vis des autres catégories de fonctionnaires, de discuter ensemble d'une éventuelle modification de la valeur du point de base des traitements, qui aurait alors des conséquences saines et évaluables clairement, sur les carrières et les retraites. Il faudra mettre à plat la grille des traitements, clarifier les systèmes de primes diverses, qui entretiennent des rancoeurs et un sentiment d'injustice. Il faut que la nation reconnaisse la compétence et le travail de ses fonctionnaires, mais dans la clarté et la justice vis-à-vis des citoyens, par une négociation publique.

    14° Vous engagez-vous à rétablir un véritable mouvement national des professeurs du second degré et à abroger les dispositions instaurées en 1998 sous l’appellation de « mouvement national à gestion déconcentrée » ?

    Veuillez vous reporter à ma réponse à la question 9.

    15°  Vous engagez-vous à permettre l’affectation des professeurs agrégés sur des postes correspondant à leur qualification et à leurs compétences, et à mettre fin au gâchis que l’on observe actuellement, faute de telles affectations systématiques ?

    Si les conditions générales de travail sont améliorées, notamment par une remise en ordre de l'organisation scolaire, des examens, le sentiment de gâchis sera diminué, et à terme il ne restera plus d'établissements que l'on a surtout envie de fuir.
    C'est normalement le travail des commissions paritaires pour la nomination des personnels que d'affecter les professeurs, quel que soit leur grade, sur des postes correspondant à leurs compétences. En sont membres autant des responsables du ministère, des inspecteurs, que des élus du personnel, et ils ont les dossiers des professeurs, donc les éléments de jugement des cas. Laissons les commissions paritaires faire leur travail dans la justice et la sérénité.


    16° Vous engagez-vous à maintenir le statut général des fonctionnaires et les statuts propres aux différents corps d’enseignants, dans le Primaire, le Secondaire et le Supérieur ?
    Que pensez-vous de la modification des décrets de 1950 relatifs aux obligations de service des personnels enseignants du second degré (décret n°2007-187 du 12 février 2007) ?

    L'action de l'Etat s'exerce par ses fonctionnaires, au service du peuple. C'est pour cette raison que les fonctionnaires doivent être protégés dans l'exercice de leurs fonctions, physiquement d'abord, et par le statut qui leur garantit l'indépendance et la liberté vis-à-vis des pouvoirs politiques locaux, et des parents ou autres groupes de pression éventuels, c'est une des conditions de respect de la laïcité de l'Etat. Il est donc important pour le gaulliste que je suis, soucieux du sens de l'Etat pour le service du peuple, d'en assurer les conditions, en particulier la nécessité du statut général des fonctionnaires.
    Quant aux statuts particuliers des différents corps, dans l'état actuel de notre société, il ne me paraît pas sage pour l'instant de chercher à en changer, il y a tant d'autres tâches plus urgentes. Même si, dans un avenir plus lointain, ce n'est pas forcément exclu.
    J'ai dit à la question 11 ma réprobation du décret et des arrêtés du 12 février, pris dans la précipitation et sur de mauvais motifs.


    17° Approuvez-vous aujourd’hui cette phrase de la circulaire du Ministre Jean Zay, de décembre 1936 : « L’intérêt supérieur de la paix à l’intérieur de nos établissements passera devant toute autre considération. Ceux qui voudraient troubler la sérénité n’ont pas leur place dans les écoles qui doivent rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas » ?

    Je l'approuve, ainsi que je l'ai précisé plus haut, à la question 2. A la fois pour ramener à la raison les trublions indisciplinés, et sur des querelles plus générales, pour lesquelles tous ensemble nous devons faire respecter la laïcité de l'école.




    Réponse de Monsieur Jean-Marie LE PEN


    1° En ce qui concerne la mission des professeurs, de quelle définition êtes-vous le plus proche ?
    1. La mission des professeurs est essentiellement de transmettre le savoir.
    2. A la transmission du savoir doivent obligatoirement s’ajouter d’autres missions.
    3. Cette mission consiste dans une éducation globale dont la transmission des savoirs ne constitue qu’une partie parmi beaucoup d’autres.
    Un pédagogisme fumeux transforme les écoles en « lieux de vie », dans lesquels les professeurs deviennent des « animateurs sociaux ». Ce n'est pas ma conception du rôle de l'école. J'estime que l'éducation générale des enfants relevant d'abord de la famille, les professeurs ont pour mission essentielle de transmettre à leurs élèves les connaissances.

    2° Que doit faire, selon vous, un Ministre de l’Éducation nationale pour rétablir dans les établissements la sérénité nécessaire à l’étude ?

    Pour rétablir la sérénité nécessaire à l'étude il est indispensable de mettre en oeuvre une politique scolaire fondée sur les principes suivants :
  • la sélection sur le mérite afin d'éviter que des enfants poursuivent des études pour lesquelles ils n'ont aucun intérêt ;
  • l'autorité des professeurs et des surveillants affirmée au besoin en suspendant à la famille de tout élève perturbateur les allocations familiales dont elle bénéficie ;
  • le respect dans l'enseignement public de la laïcité, c'est-à-dire l'interdiction de toute propagande politique ou religieuse.


  • 3° Êtes-vous favorable ou défavorable à une définition précise de l’organisation des études et des examens relevant de l’Éducation nationale par l’établissement de programmes nationaux et d’horaires nationaux pour chaque discipline ?

    L'établissement de programmes nationaux et d'horaires nationaux pour chaque discipline est un moyen d'assurer l'égalité des chances des élèves lors des examens.

    4° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’idée de rétablir le rôle de l’inspection générale en lui confiant de nouveau la responsabilité de l’élaboration des programmes et en veillant soigneusement à l’évaluation impartiale des compétences et de la qualification scientifiques des nouveaux inspecteurs recrutés ?

    L'élaboration des programmes doit être de nouveau confiée au corps des inspecteurs, sélectionnés parmi les enseignants expérimentés. Il faudra par ailleurs augmenter leur nombre afin d'avoir un inspecteur pour 150 enseignants (contre un pour 700 aujourd'hui).

    5° L’actuel Ministre de l’Éducation nationale a souhaité renforcer à l’école primaire l’apprentissage effectif de la lecture, de la grammaire, du calcul et du vocabulaire par un enseignement méthodique et systématique: continuerez-vous ou non à développer cette politique ?

    Le niveau moyen des élèves entrant en sixième (20 % d'entre eux sont incapables de lire un texte et de le comprendre) montre qu'il est urgent de donner dans l'enseignement primaire la priorité à l'apprentissage des savoirs fondamentaux : la lecture, l'écriture et le calcul. Il est notamment indispensable de rétablir complètement et définitivement la méthode syllabique et pour cela de surmonter l'opposition de groupes de pression minoritaires.

    6° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’introduction et au développement du contrôle continu au baccalauréat ?

    L'objectif fixé par monsieur Chevènement il y a vingt ans de 80 % d'une classe d'âge au baccalauréat a fortement contribué à la dévalorisation de ce diplôme. Le contrôle continu lui enlèverait toute raison d'être.
    Soucieux de rétablir une sélection fondée sur le mérite, la seule forme de sélection démocratique, non seulement je suis hostile au contrôle continu au baccalauréat, mais je souhaite réévaluer sa valeur ainsi que celle des autres examens comme le brevet des collèges.


    7° Quelle est votre position sur les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) ? Considérez-vous qu’elles constituent un élément indispensable de l’organisation de l’Éducation nationale ?

    Les classes préparatoires aux grandes écoles constituent une excellente formation. Je souhaite étendre à l'Université les principes sur lesquels elles reposent : le mérite, le travail et l'émulation.

    8° Quelle est votre position par rapport à la « discrimination positive » ?

    Les classes préparatoires aux grandes écoles constituent une excellente formation. Je souhaite étendre à l'Université les principes sur lesquels elles reposent : le mérite, le travail et l'émulation.

    9° Êtes-vous favorable ou défavorable au recrutement des professeurs agrégés et certifiés par concours national à épreuves écrites anonymes et à épreuves orales appréciées collégialement par un jury national souverain ainsi qu’à l’attribution des postes par l’administration centrale de l’État aux lauréats de ces concours ?

    Oui.

    10° Approuvez-vous ou non que soient nommés professeurs certifiés ou professeurs agrégés des personnes n’ayant jamais été reçues ni au concours externe ni au concours interne ?

    Cette méthode de recrutement dévalorise le corps des professeurs certifiés et celui des agrégés.

    11° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’introduction de la « bivalence » (définie comme le fait d’enseigner une seconde discipline sans avoir subi toutes les épreuves du CAPES correspondant) ?

    La « bivalence » nuirait à la qualité de l'enseignement secondaire, fondé entre autres sur la spécialisation par disicipline des professeurs.

    12° Êtes-vous favorable ou défavorable au maintien des IUFM ?

    Les IUFM créés par monsieur Jospin, quand il était ministre de l'Education sont des centres de déstructuration et d'endoctrinement, dans lesquels on tente d'imposer aux jeunes professeurs toutes les méthodes pédagogiques soixante-huitardes qui ont échoué.

    13° Depuis 1972, les agrégés sont la seule catégorie de professeurs exclue de toute revalorisation indiciaire : vous engagez-vous à faire cesser rapidement cette injustice ?

    Oui. Cette injustice est d'autant plus choquante que les professeurs agrégés constituent dans l'enseignement un corps d'élite.

    14° Vous engagez-vous à rétablir un véritable mouvement national des professeurs du second degré et à abroger les dispositions instaurées en 1998 sous l’appellation de « mouvement national à gestion déconcentrée » ?

    Oui car de telles dispositions comme la « bivalence » ou la nomination au titre de professeur agrégés ou certifié de personnes n'ayant pas été reçues aux examens remettent en cause la qualité du corps enseignant du second degré.

    15°  Vous engagez-vous à permettre l’affectation des professeurs agrégés sur des postes correspondant à leur qualification et à leurs compétences, et à mettre fin au gâchis que l’on observe actuellement, faute de telles affectations systématiques ?

    Oui. L'affectation de professeurs à des postes ne correspondant pas à leur qualification nuit autant aux intéressés qu'aux élèves.

    16° Vous engagez-vous à maintenir le statut général des fonctionnaires et les statuts propres aux différents corps d’enseignants, dans le Primaire, le Secondaire et le Supérieur ?
    Que pensez-vous de la modification des décrets de 1950 relatifs aux obligations de service des personnels enseignants du second degré (décret n°2007-187 du 12 février 2007) ?

    Le maintien des statuts propres aux différents corps d'enseignants constitue une garantie de la qualité du personnel enseignant.

    17° Approuvez-vous aujourd’hui cette phrase de la circulaire du Ministre Jean Zay, de décembre 1936 : « L’intérêt supérieur de la paix à l’intérieur de nos établissements passera devant toute autre considération. Ceux qui voudraient troubler la sérénité n’ont pas leur place dans les écoles qui doivent rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas » ?

    Il est regrettable que depuis 30 ans les ministres de l'éducation, issus aussi bien de l'UMP et de l'UDF que du parti socialiste ne respectent pas ce principe de bon sens énoncé par un ministre du Front Populaire. «L'ouverture de l'école sur le monde », la création de syndicats de lycéens, l'entrée d'associations prétendument ani-racistes dans les établissements scolaires, la pression croissante d'associations islamistes voulant imposer dans les écoles de la République française les règles de la charia... ont détruit les enceintes de cet  « asile ».
    Faire de nouveau de l'école un « asile inviolable » ayant pour mission de transmettre le savoir sera l'objectif que j'assignerai au prochain ministre de l'Education nationale.




    Réponse de Madame Ségolène ROYAL


       Par une correspondance du 14 février dernier, vous avez souhaité m’adresser un questionnaire portant sur l’enseignement, élaboré par les membres du bureau de votre association et je vous en remercie.

       Comme vous me l’avez demandé, je vous fais part de mon point de vue sur certains problèmes qui importent à votre association.

       Les professeurs doivent, à mes yeux, transmettre des savoirs et jouer un rôle éducatif auprès de leurs élèves. Pour rétablir dans les établissements la sérénité nécessaire à l’étude, je demanderai au ministre de l’Éducation nationale de renforcer la présence des adultes dans les écoles, les collèges et les lycées et de prendre des initiatives pour développer le soutien scolaire de façon à aider les enfants à mieux apprendre.

       Je suis favorable à une définition précise des examens, des programmes et des horaires nationaux pour chaque discipline, comme c’est le cas actuellement.

       Les CPGE constituent un élément essentiel de l’organisation de l’Éducation nationale. Une des propositions de mon Pacte Présidentiel est d’ailleurs d’implanter des CPGE dans les quartiers qui en sont dépourvus, car l’excellence scolaire doit figurer sur tout le territoire.

       Je suis très favorable aux aides individuelles ciblées et à une relance de l’éducation prioritaire, notamment en baissant à 17 le nombre d’élèves par classe au CP et au CE1.

       Je suis favorable au maintien de la situation actuelle concernant les concours de recrutement des professeurs et je suis attachée au recrutement des professeurs par concours.

       Je ne suis pas favorable à la bivalence. J’étudierai, en concertation avec les représentations des personnels, toutes les améliorations qui pourront être apportées aux formations initiale et continue des enseignants.

       Le maintien du statut général des fonctionnaires me semble indispensable. La valse des décrets et circulaires visant à réformer le métier enseignant est contre-productive et totalement opposée à ma manière de voir les choses. Les initiatives que je prendrai pour améliorer le système éducatif prendront appui sur une large consultation préalable des professionnels de l’éducation.

       J’espère, Monsieur le Président, avoir répondu à l’essentiel de vos attentes. La volonté de renforcer le système éducatif et de soutenir les professeurs dans l’exercice difficile de leur mission est au centre du pacte présidentiel que je propose à tous les Français. Au-delà de mes réponses à votre questionnaire, j’invite les membres de votre association à prendre connaissance de l’ensemble des mesures concernant l’École qui y figurent et que vous trouverez sur le site internet de ma campagne électorale : http://www.desirsdavenir.org/.

       Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

    Ségolène ROYAL



    Réponse de Monsieur Nicolas SARKOZY


    1° En ce qui concerne la mission des professeurs, de quelle définition êtes-vous le plus proche ?
    1. La mission des professeurs est essentiellement de transmettre le savoir.
    2. A la transmission du savoir doivent obligatoirement s’ajouter d’autres missions.
    3. Cette mission consiste dans une éducation globale dont la transmission des savoirs ne constitue qu’une partie parmi beaucoup d’autres.
    De celle de Condorcet. Je crois que l’instruction est le premier devoir d’une société à l’égard de ses enfants, car elle est la voie la plus sûre vers la justice sociale et le progrès humain. La première mission des professeurs est donc de transmettre aux enfants le savoir et le goût de l’effort qui leur permettront de devenir des citoyens libres, autonomes et responsables.

    2° Que doit faire, selon vous, un Ministre de l’Éducation nationale pour rétablir dans les établissements la sérénité nécessaire à l’étude ?

    Il doit d’abord faire en sorte que chaque établissement offre les mêmes perspectives de réussite à ses élèves. Lorsqu’on laisse un établissement se transformer en ghetto, on alimente l’inquiétude de ses élèves et on expose les enseignants aux manifestations de leur amertume. Je veux repenser notre système d’éducation prioritaire, en divisant par deux le nombre d’élèves des établissements les plus difficiles et en y affectant des enseignants volontaires, expérimentés, mieux rémunérés, qui pourront conduire les actions pédagogiques qui leur semblent nécessaires pour retrouver la voie de l’excellence.

    3° Êtes-vous favorable ou défavorable à une définition précise de l’organisation des études et des examens relevant de l’Éducation nationale par l’établissement de programmes nationaux et d’horaires nationaux pour chaque discipline ?

    Je souhaite mieux distinguer ce qui relève de l’égalité républicaine de ce qui participe de la liberté pédagogique des enseignants et de l’autonomie des établissements. L’égalité républicaine, c’est que chaque élève parvienne au terme de la scolarité obligatoire en ayant acquis le même socle de connaissances et en ayant pu bénéficier d’une offre d’enseignement de qualité identique. Je souhaite donc que le contenu de ce socle soit défini au niveau national et qu’on évalue régulièrement son degré d’acquisition par les élèves. En revanche, je considère que l’autonomie des établissements scolaires et la liberté pédagogique des enseignants sont mieux à même de définir les modalités qui conviennent aux besoins de leur population scolaire.

    4° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’idée de rétablir le rôle de l’inspection générale en lui confiant de nouveau la responsabilité de l’élaboration des programmes et en veillant soigneusement à l’évaluation impartiale des compétences et de la qualification scientifiques des nouveaux inspecteurs recrutés ?

    L’élaboration des programmes scolaires fait toujours l’objet de luttes acharnées, opposant les partisans de l’exigence académique aux défenseurs d’un certain pragmatisme. Aucun programme n’est parfait, aucun n’est incontesté. La première qualité d’un programme, c’est d’être opérationnel. Je pense donc que le schéma actuel d’élaboration des programmes est satisfaisant, car il est fondé sur un consensus très large, dans lequel l’IGEN a d’ailleurs toute sa place puisqu’elle est régulièrement consultée sur le travail des groupes d’experts chargés de la rédaction des programmes, qu’elle préside dans un certain nombre de cas.
    Mon ambition pour l’IGEN n’est pas de lui redonner la maîtrise de l’élaboration des programmes, mais de renforcer son pouvoir de contrôle et d’évaluation du fonctionnement du système éducatif. Je veillerai naturellement à garantir la compétence académique et l’expérience pédagogique de ses nouveaux membres.


    5° L’actuel Ministre de l’Éducation nationale a souhaité renforcer à l’école primaire l’apprentissage effectif de la lecture, de la grammaire, du calcul et du vocabulaire par un enseignement méthodique et systématique: continuerez-vous ou non à développer cette politique ?

    Oui. Je veux que notre école renoue avec l’exigence : c’est le plus beau cadeau qu’elle puisse faire aux enfants issus de milieux défavorisés, dont elle est le seul patrimoine. Ce n’est pas en sacrifiant les compétences, ni en bradant les diplômes, que l’on peut aider tous les élèves à réussir. C’est en faisant en sorte qu’ils quittent l’école primaire en sachant parfaitement lire, écrire, compter, et s’exprimer pour pouvoir pleinement tirer parti des enseignements qu’ils recevront dans le second degré, et qu’ils quittent le second degré avec la culture nécessaire pour vivre en homme ou en femme libre et les connaissances indispensables à la réussite universitaire et professionnelle.

    6° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’introduction et au développement du contrôle continu au baccalauréat ?

    Le contrôle continu favorise un travail plus régulier et une évaluation plus complète du travail fourni par les élèves. Je ne suis donc pas opposé à ce que le baccalauréat, premier examen de l’enseignement supérieur, adopte en partie ce mode de notation couramment pratiqué dans les universités et les grandes écoles. Je tiens cependant à ce que cela se fasse avec un accord unanime et à la condition de préserver le caractère national des certifications et des diplômes.

    7° Quelle est votre position sur les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) ? Considérez-vous qu’elles constituent un élément indispensable de l’organisation de l’Éducation nationale ?

    Les classes préparatoires sont une filière d’excellence qui doit être absolument préservée. Je regrette seulement qu’une proportion importante d’établissements ne présente jamais aucun dossier de candidature pour leurs élèves. Les CPGE doivent être des voies d’exception, pas des filières d’exclusion. Je propose donc que 5% des meilleurs élèves de chaque établissement se voient reconnaître un droit à s’inscrire en CPGE. Plus aucun élève ne doit se croire socialement incapable de rejoindre une classe préparatoire s’il en a la capacité et la volonté.

    8° Quelle est votre position par rapport à la « discrimination positive » ?

    J’en revendique le principe et j’en assume le terme. Je crois que la nouvelle frontière du pacte républicain, c’est de garantir non seulement l’égalité des droits, mais aussi l’égalité des chances en donnant davantage à ceux qui ont moins. En matière d’éducation, cela veut dire développer les bourses au mérite, accentuer nos efforts en faveur des établissements les plus défavorisés ou bien encore repérer et aider davantage les meilleurs éléments avant qu’ils ne se découragent. Il ne s’agit en rien, comme certains le croient ou affectent de le croire, de mettre en place des quotas et de renier les exigences qui sont le socle de notre école. Il s’agit au contraire de permettre à tous les élèves d’accéder à l’excellence : j’ai ainsi mis en place au ministère de l’Intérieur des préparations aux concours de commissaire et d’officier de police ouvertes à d’excellents étudiants issus des milieux défavorisés qui, sans cela, n’auraient sans doute eu ni les moyens ni même l’audace de se présenter à ces concours sélectifs. Qui peut dire sérieusement que ce n’est pas une démarche profondément républicaine ?

    9° Êtes-vous favorable ou défavorable au recrutement des professeurs agrégés et certifiés par concours national à épreuves écrites anonymes et à épreuves orales appréciées collégialement par un jury national souverain ainsi qu’à l’attribution des postes par l’administration centrale de l’État aux lauréats de ces concours ?

    C’est un principe fondamental que je veillerai à garantir.

    10° Approuvez-vous ou non que soient nommés professeurs certifiés ou professeurs agrégés des personnes n’ayant jamais été reçues ni au concours externe ni au concours interne ?

    Le principe du concours doit rester la règle du recrutement des enseignants.

    11° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’introduction de la « bivalence » (définie comme le fait d’enseigner une seconde discipline sans avoir subi toutes les épreuves du CAPES correspondant) ?

    Je ne crois pas qu’il faille condamner la bivalence par principe : il y a des exemples désormais traditionnels de bivalence réussie, comme les lettres classiques ou les couples histoire et géographie, physique et chimie ou sciences économiques et sociales. La bivalence peut avoir des effets favorables à deux conditions. Elle doit être, d’abord, une possibilité laissée à l’appréciation des professeurs qui aimeraient étendre le champ de leur savoir et de leurs compétences professionnelles. Elle doit ensuite être préparée en amont : les étudiants doivent pouvoir suivre pendant leurs études universitaires des enseignements approfondis dans la discipline secondaire qu’ils comptent également enseigner. Je souhaite aussi que les enseignants déjà titulaires qui veulent acquérir une mention complémentaire leur permettant d’être bivalents puissent recevoir une formation continue dans cette discipline, même s’ils l’enseignent déjà.
    Si ces deux conditions sont réunies, la bivalence pourra être une opportunité supplémentaire pour les professeurs. Je tiens à souligner que les agrégations d’histoire et de géographie fonctionnent d’ores et déjà sur un principe similaire : les deux concours comportent une épreuve écrite et une épreuve orale portant sur la discipline qui n’est pas l’objet principal du concours. Cela n’ôte rien ni à la difficulté de ces concours, ni à la compétence que montrent les enseignants dans chacune des deux disciplines.


    12° Êtes-vous favorable ou défavorable au maintien des IUFM ?

    La question n’est pas de savoir si les IUFM doivent être maintenus ou supprimés. Il faut un système de formation des enseignants. Leur récent rattachement à l’université devrait en outre logiquement améliorer leur fonctionnement. Le problème est plutôt de faire en sorte que la formation qu’ils dispensent soit réellement adaptée aux besoins des enseignants débutants. C’est loin d’être le cas.

    13° Depuis 1972, les agrégés sont la seule catégorie de professeurs exclue de toute revalorisation indiciaire : vous engagez-vous à faire cesser rapidement cette injustice ?

    La question du pouvoir d’achat des enseignants est cruciale. Si je suis élu, je réunirai l’ensemble des représentants du monde enseignant dès le mois de juin afin d’envisager les moyens de revaloriser la condition et le pouvoir d’achat des enseignants.

    14° Vous engagez-vous à rétablir un véritable mouvement national des professeurs du second degré et à abroger les dispositions instaurées en 1998 sous l’appellation de « mouvement national à gestion déconcentrée » ?

    Le mouvement national à gestion déconcentrée a permis de simplifier et de rationaliser le fonctionnement des mouvements d’affection. Je veillerai cependant à ce que sa mise en œuvre soit beaucoup plus transparente.

    15°  Vous engagez-vous à permettre l’affectation des professeurs agrégés sur des postes correspondant à leur qualification et à leurs compétences, et à mettre fin au gâchis que l’on observe actuellement, faute de telles affectations systématiques ?

    Oui. Les agrégés doivent être affectés, sauf situation exceptionnelle, dans les lycées et les classes préparatoires. Il n’est ni dans l’intérêt des élèves, ni dans celui des professeurs, de ne pas utiliser au mieux les qualifications qui sont celles du corps des agrégés. Je crois que celles-ci justifient également que les professeurs agrégés soient plus nombreux à pouvoir assurer une part de leur service dans l’enseignement supérieur s’ils le désirent.

    16° Vous engagez-vous à maintenir le statut général des fonctionnaires et les statuts propres aux différents corps d’enseignants, dans le Primaire, le Secondaire et le Supérieur ?
    Que pensez-vous de la modification des décrets de 1950 relatifs aux obligations de service des personnels enseignants du second degré (décret n°2007-187 du 12 février 2007) ?

    Les décrets de 1950 qui organisent le service des personnels enseignants ne permettent plus de répondre aux aspirations des professeurs, qui veulent pouvoir bénéficier de missions complémentaires rémunérées, de nouvelles perspectives d’évolution de carrière et d’une amélioration des conditions de leur entrée en fonction, de leur formation continue et de leur exercice professionnel. Je veux pouvoir discuter sereinement de cette question avec les organisations représentatives du monde enseignant ; ce sera l’objet de la table ronde que je souhaite organiser dès le mois de juin prochain, si je suis élu.

    17° Approuvez-vous aujourd’hui cette phrase de la circulaire du Ministre Jean Zay, de décembre 1936 : « L’intérêt supérieur de la paix à l’intérieur de nos établissements passera devant toute autre considération. Ceux qui voudraient troubler la sérénité n’ont pas leur place dans les écoles qui doivent rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas » ?

    C’est une très belle phrase. En 2007, je crois que l’intérêt supérieur de la paix à l’intérieur des établissements scolaires passe par le respect strict de la laïcité, l’apprentissage de la différence avec l’accueil des enfants handicapés, l’apprentissage du respect, la lutte contre toutes les formes de discriminations.




    Réponse de Monsieur Gérard SCHIVARDI


    C’est un honneur pour moi de répondre aux questions que vous avez bien voulu me poser : l’un des axes de ma candidature est en effet la défense de l’école publique et laïque, la reconquête du droit à l’instruction pour la jeunesse, et pour ce faire, la nécessaire rupture avec l’Union européenne.

    1° En ce qui concerne la mission des professeurs, de quelle définition êtes-vous le plus proche ?
    1. La mission des professeurs est essentiellement de transmettre le savoir.
    2. A la transmission du savoir doivent obligatoirement s’ajouter d’autres missions.
    3. Cette mission consiste dans une éducation globale dont la transmission des savoirs ne constitue qu’une partie parmi beaucoup d’autres.
    Je considère que la mission des professeurs est essentiellement de transmettre le savoir. Cette mission est remise en cause depuis des années et d’abord par un affaissement considérable des conditions mêmes d’instruction.
    J’ai ainsi appris que 5500 postes devraient être supprimés à la rentrée prochaine dans les lycées et collèges et que depuis vingt ans, 11 000 écoles communales ont aussi été fermées, 5 833 communes ont perdu leur école comme elles perdent leurs bureaux de poste et comme les cantons perdent leurs hôpitaux. Et tout cela pourquoi ? Parce que tous les gouvernements successifs ont inscrit leur action dans le cadre des traités de Maastricht et Amsterdam, dont l’article 104 exige : « Les Etats membres évident les déficits publics excessifs. La Commission surveille l’évolution de la situation budgétaire et du montant de la dette publique dans les Etats membres en vu de déceler les erreurs manifestes. Elle examine notamment si la discipline budgétaire a été respectée. » C’est ce que l’Union européenne appelle le Pacte de stabilité. Libérer le pays de ce carcan, rétablir classes et postes ne pourra qu’aider les enseignants et leurs élèves. C’est pourquoi je suis candidat pour la rupture avec l’Union européenne.


    2° Que doit faire, selon vous, un Ministre de l’Éducation nationale pour rétablir dans les établissements la sérénité nécessaire à l’étude ?

    Pour rétablir la sérénité nécessaire à l’étude, toute sa place doit être effectivement redonnée à l’instruction, à la transmission des savoirs. Mais on ne peut éluder le pourquoi d’une situation dramatique dans notre pays. Des enseignants m’ont appris que l’Union européenne a adopté un mémorandum pour l’éducation tout au long de la vie, publié en octobre 2000, qui privilégie « l’éducation non formelle » acquise sur le tas et « l’éducation informelle », celle de la vie : supermarchés, halls de gare, lieux de culte sont cités comme autant de cadres de formation au détriment de « l’éducation formelle », autrement dit l’école. Où cela nous mène-t-il ? N’y a-t-il pas pire violence que celle qui livre la jeunesse à la rue, sans espoir, sans avenir, sans défense ? Rétablir la sérénité nécessaire à l’étude, c’est redonner vie à ce discours de Victor Hugo, qu’un ami instituteur m’a rappelé récemment, discours prononcé à l’assemblée nationale  le 15 janvier 1850 pour l’instruction gratuite et obligatoire et un « grandiose enseignement public, donné et réglé par l’État », c’est-à-dire « Pas une commune sans une école, pas une ville sans un collège, pas un chef-lieu sans une faculté. Un vaste ensemble, ou, pour mieux dire, un vaste réseau d’ateliers intellectuels, lycées, gymnases, collèges, chaires, bibliothèques, mêlant leur rayonnement sur la surface du pays, éveillant partout les aptitudes et échauffant partout les vocations. »

    3° Êtes-vous favorable ou défavorable à une définition précise de l’organisation des études et des examens relevant de l’Éducation nationale par l’établissement de programmes nationaux et d’horaires nationaux pour chaque discipline ?

    Bien évidemment. Programmes, horaires et diplômes doivent rester nationaux, ou plus exactement le redevenir : c’est la condition nécessaire à l’exercice de l’égalité des droits. C’est contradictoire avec le maintien de la loi Jospin de 1989 qui a instauré le projet d’école et d’établissement obligatoires. Elle doit être abrogée comme toutes les “ lois ” qui en découlent et qui ont été mises en oeuvre depuis, notamment la loi Fillon du 23 avril 2005.

    4° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’idée de rétablir le rôle de l’inspection générale en lui confiant de nouveau la responsabilité de l’élaboration des programmes et en veillant soigneusement à l’évaluation impartiale des compétences et de la qualification scientifiques des nouveaux inspecteurs recrutés ?

    Aujourd’hui les inspecteurs sont totalement sous tutelle. C’est directement sous la coupe du ministère des finances qu’ils ont dû travailler aux rapports d’audits justifiant la dite « modernisation » de l’Etat qui non seulement supprime des milliers de postes d’enseignants – 27000 ont disparu depuis 2002- mais menace le ministère dans son existence même et l’élaboration de programmes nationaux dans chaque discipline.
    La loi Fillon du 23 avril 2005, m’a-t-on dit, a imposé le « socle commun de connaissances et de compétences ». Le mot « socle », emprunté au bâtiment, est utilisé sans doute pour « rassurer » le peuple français, mais j’ai appris que c’est la commission européenne qui a rédigé les « huit compétences clés pour l’éducation et l’apprentissage tout au long de la vie », ce « cadre de référence européen » dont le « socle commun » est la copie conforme et où toute discipline disparaît. L’une des compétences européennes est « Communiquer dans sa langue maternelle ». Comme fils d’immigré, je suis bien placé pour savoir que ce n’est pas la même chose que l’étude de la grammaire, de l’orthographe, des auteurs … La commission européenne n’en a que faire, son seul impératif c’est la baisse du coût du travail. Voilà une raison de plus de ne pas s’y soumettre. Rendre à l’inspection générale ses missions d’élaboration des programmes et son statut, garantir son indépendance vis-à-vis de tout gouvernement ne pourra que participer de la reconquête du droit à l’instruction publique pour la jeunesse, du droit d’enseigner pour les professeurs, de la valeur des diplômes.


    5° L’actuel Ministre de l’Éducation nationale a souhaité renforcer à l’école primaire l’apprentissage effectif de la lecture, de la grammaire, du calcul et du vocabulaire par un enseignement méthodique et systématique: continuerez-vous ou non à développer cette politique ?

    Le ministre actuel vient même de prôner le retour au quart d’heure quotidien de calcul mental sur les bancs de l’école primaire. Tout pas en avant vers le rétablissement de l’instruction digne de ce nom ne pourrait qu’être encouragé. Mais s’agit-il de cela ? Que valent les circulaires ministérielles si les Etablissements Publics d’Enseignement Primaire sont mis en place , si les écoles communales n’existent plus ? Car tel est l’enjeu des EPEP : 26 000 écoles de moins de quatre classes risquent de disparaître au profit de « pôles intercommunaux » qui pourraient expérimenter l’autonomie totale, c’est-à-dire échapper à toute réglementation nationale sur le plan scolaire. Une des premières mesures à prendre, c’est l’abandon d’une telle mesure et l’abrogation de la loi qui l’a inspirée, la loi du 13 août 2004, dite des libertés et responsabilités locales.
    J’ai appris que le même ministre n’hésite pas à supprimer tout accès aux soins et à l’enseignement spécialisé aux enfants autistes. Comment se fait-il qu’ils soient obligés d’être dans les classes ordinaires, empêchant bien malgré eux le déroulement normal des cours, l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul ? A l’origine de cette mesure, il y a la loi Montchamp du 11 février 2005 et les recommandations et décisions de l’Union européenne à l’origine de l’intégration « dans le système traditionnel d'éducation et de formation » des enfants handicapés qu’elle appelle « apprenants à besoins spécifiques », car les soins et l’éducation spécialisée coûteraient trop cher : un enfant scolarisé dans une classe ordinaire « coûte » 7 000 € par an, comparé à 30 000€ minimum dans un établissement spécialisé, adapté à son handicap.


    6° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’introduction et au développement du contrôle continu au baccalauréat ?

    Je suis, vous vous en doutez, défavorable au contrôle continu (ou contrôle en cours de formation) au baccalauréat. Je suis pour le maintien des épreuves anonymes, je suis pour que le baccalauréat reste le premier grade universitaire. J’ai été particulièrement scandalisé par le prérecrutement, ou tri, opéré par certaines universités dès ce mois de mars pour la rentrée prochaine, sur décision du ministre délégué aux universités, monsieur Goulard. Le contrôle continu ne peut que détruire le baccalauréat comme diplôme national, reconnu nationalement. Au-delà, il entraîne un affaissement général des connaissances, puisqu’elles perdront leur caractère obligatoire.

    7° Quelle est votre position sur les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) ? Considérez-vous qu’elles constituent un élément indispensable de l’organisation de l’Éducation nationale ?

    Les CPGE sont indispensables. Nul n’ignore que sans elles, il n’y aurait pas d’écoles normales supérieures, il n’y aurait pas d’ingénieurs, de chercheurs. Notre système est envié dans le monde entier. Mais cette autre « exception française » est, comme toutes les études universitaires, menacée par le LMD. Ce système mis au point par l’Union européenne ronge tout l’enseignement supérieur. Pour sauver les CPGE, les école normales supérieures et les facultés, peut-on décidemment faire autrement que rompre avec l’Union européenne ?

    8° Quelle est votre position par rapport à la « discrimination positive » ?

    Il faut aller au fond des problèmes, à leur racine. Au nom de la « discrimination positive », les collèges « ambition réussite » et les dizaines d’écoles qu’ils drainent dans leur réseau vont échapper à toute réglementation nationale en matière de programmes, d’horaires. Ils ont été conçus pour expérimenter l’autonomie des collèges et des écoles, et remettre en cause les statuts des enseignants. J’ai appris que des agrégés pouvaient être affectés en école primaire et que le summum de « l’ambition » et de la « réussite » c’était l’enseignant qui n’enseignait plus mais devenait « tuteur ». Quel gâchis !

    9° Êtes-vous favorable ou défavorable au recrutement des professeurs agrégés et certifiés par concours national à épreuves écrites anonymes et à épreuves orales appréciées collégialement par un jury national souverain ainsi qu’à l’attribution des postes par l’administration centrale de l’État aux lauréats de ces concours ?

    Les concours nationaux sont la base même de l’égalité de droits pour l’accès aux fonctions publiques : leur impartialité doit être garantie par l’anonymat et la souveraineté des jurys. La politique de réduction des “ déficits publics ” fait qu’aujourd’hui un départ en retraite sur deux n’est pas remplacé. Le nombre de places aux concours enseignants a diminué de moitié depuis 5 ans, toujours au nom du pacte de stabilité. Pour la première fois cette année le budget de l’enseignement scolaire est en baisse, le gouvernement s’en félicite, et la Commission européenne appelle à plus d’efforts encore. En effet, dans son rapport annuel de 2007 sur le programme de stabilité français, la Commission indique : « Il existe des risques quant au respect des objectifs budgétaires, et la position des finances publiques pourrait ne pas être suffisante pour assurer leur réalisation d’ici à 2010 ». En clair, Bruxelles demande de nouveaux efforts, quel que soit le futur président.

    10° Approuvez-vous ou non que soient nommés professeurs certifiés ou professeurs agrégés des personnes n’ayant jamais été reçues ni au concours externe ni au concours interne ?

    J’ai de jeunes amis, bardés de diplômes, qui tentent des concours actuellement. Ils tentent tous les concours, absolument tous, comme ils remplissent des CV, des tas de CV. Il y a de moins en moins de postes aux concours et de moins en moins d’emplois rémunérés correctement. Le chômage est insupportable. Certains ont été emplois jeunes, ils ont tenté « la 3ème voie » pour devenir enseignant. Mais ils se retrouvent aujourd’hui vacataires, comme des milliers d’autres que le ministère ne se donne même pas la peine de compter, alors qu’ils pourraient être titulaires.
    S’il n’y a pas rupture avec l’Union européenne, les concours seront appelés à disparaître, parce qu’un concours c’est un fonctionnaire recruté sur sa qualification. Un fonctionnaire c’est une carrière et une pension, c’est un coût. La “ validation des acquis de l’expérience ” ( comme l’expérience d’élu politique ou syndical ou de militant associatif ! ) qui vient d’être introduite récemment dans la Fonction publique à la place des concours est un pas vers le recrutement clientéliste et arbitraire, mais surtout un pas vers la disparition de toute qualification dans la Fonction publique.


    11° Êtes-vous favorable ou défavorable à l’introduction de la « bivalence » (définie comme le fait d’enseigner une seconde discipline sans avoir subi toutes les épreuves du CAPES correspondant) ?

    Peut-on opérer un œil si on est chirurgien dentiste ? Peut-on construire une maison si on est boulanger ? Comment un professeur d’histoire pourrait-il enseigner le français ? Je suis résolument hostile à cette introduction de la « bivalence » et je soutiens totalement les enseignants et leurs organisations qui exigent l’abrogation du décret que le ministre De Robien a osé publié contre leur volonté et celle des parents de plus en plus angoissés par ces mesures qui pèsent un peu plus sur l’avenir des enfants.
    En toutes circonstances la qualification disciplinaire des professeurs doit être respectée et ces décrets abrogés. Oui, cela « coûte » de fabriquer un agrégé de philosophie ou un professeur d’électromécanique. Cela ne coûtera jamais assez au regard des besoins.


    12° Êtes-vous favorable ou défavorable au maintien des IUFM ?

    J’entends dire que chaque université est maintenant autorisée à élaborer ses propres diplômes qu’on appelle “ européens “  alors qu’ils sont régionaux. J’entends dire que chacune va assurer comme elle le veut et comme elle le peut la formation pratique des enseignants. Il n’y aura plus de cadre national, il n’y aura donc plus d’instruction républicaine, je ne suis pas d’accord. J’entends dire que des jeunes stagiaires remplacent des titulaires rôdés dans les classes, que certains tombent malades, en démissionnent ? Comment le ministère peut-il organiser cela impunément ? Dans la maçonnerie, vous êtes condamné si vous laissez un jeune apprenti seul sur un toit et sans protection !
    Est-ce que le retour aux écoles normales, qui formaient les instituteurs dès l’issue de la 3ème ne permettrait pas de remettre la formation des enseignants sur de bons rails ? Cela permettait d’ailleurs à des enfants de familles ouvrières ou paysannes de devenir instituteur.


    13° Depuis 1972, les agrégés sont la seule catégorie de professeurs exclue de toute revalorisation indiciaire : vous engagez-vous à faire cesser rapidement cette injustice ?

    La signature par les gouvernements des traités de Maastricht, puis d’Amsterdam, renforce l’austérité budgétaire. Cela se traduit notamment par le blocage des augmentations générales de salaires dans la fonction publique (le point a perdu près de 30 % par rapport à l’augmentation des prix depuis 1982) et le refus de négocier sur les revendications catégorielles. Votre demande d’une revalorisation indiciaire des professeurs agrégés est parfaitement fondée.

    14° Vous engagez-vous à rétablir un véritable mouvement national des professeurs du second degré et à abroger les dispositions instaurées en 1998 sous l’appellation de « mouvement national à gestion déconcentrée » ?

    Je croise à chaque vacance scolaire des enseignants de retour au « pays ». Ils me parlent de leurs problèmes. Beaucoup souhaitent revenir près de leur famille. Or ils ne peuvent pas revenir ici même ceux qui ont déjà une longue expérience et sont « anciens » dans le métier. Pourquoi ? Tout simplement parce que le mouvement national, c’est-à-dire, le droit de choisir un poste précis sans perdre le sien, n’existe plus depuis 98 ! Un ami, professeur d’EPS, a pu rejoindre la région, mais il s’est vu proposer un bout de poste fixe dans un établissement distant de 50 Kms de chez lui, il doit faire le reste de son service à 150 Km, à Port la Nouvelle, près de Narbonne, trois fois par semaine. Ce n’est pas normal.
    Alors, oui, je suis pour le retour au mouvement national des personnels enseignants et l’abrogation des mesures qui empêchent un fonctionnaire de l’Etat d’aller, comme c’est permis dans son statut par ailleurs, où il le souhaite, dans un poste qu’il a demandé.


    15°  Vous engagez-vous à permettre l’affectation des professeurs agrégés sur des postes correspondant à leur qualification et à leurs compétences, et à mettre fin au gâchis que l’on observe actuellement, faute de telles affectations systématiques ?

    Comme vous le savez, je suis maçon. Je n’ai pas fait de longues études. Pourtant, aujourd’hui, je suis candidat aux élections présidentielles. Si je peux le faire c’est, non seulement parce qu’il y a la force des idées que je défends avec mes collègues maires, mais aussi parce qu’à l’école primaire, au collège, j’ai eu la chance d’avoir des instituteurs et des professeurs qui m’ont donné, à moi, fils d’immigré italien, l’instruction. Ces professeurs m’ont transmis, après avoir passé un concours très difficile, leur savoir. Alors pourquoi nommer un enseignant en dehors du poste auquel il peut prétendre ? Là aussi, je vous donnerai un exemple : au premier trimestre, j’ai appris qu’un agrégé de lettres classiques n’avait pas de classes et que l’administration lui avait imposé de tenir le standard de l’établissement ! Il est agrégé, les élèves veulent apprendre, alors, tout simplement, il doit être nommé dans les classes qui correspondent à son niveau de recrutement, à sa qualification, à sa discipline de recrutement.

    16° Vous engagez-vous à maintenir le statut général des fonctionnaires et les statuts propres aux différents corps d’enseignants, dans le Primaire, le Secondaire et le Supérieur ?
    Que pensez-vous de la modification des décrets de 1950 relatifs aux obligations de service des personnels enseignants du second degré (décret n°2007-187 du 12 février 2007) ?

    Il découle, je crois, de tout ce qui précède que je suis un fervent partisan du maintien du statut général de la fonction publique de l’Etat. Le transfert des personnels TOS aux collectivités territoriales n’est que le prélude à l’externalisation des services d’entretien, de restauration, d’hébergement et d’accueil. Je viens d’apprendre que le ministère des sports a signé un contrat de partenariat public-privé avec les trusts Vinci, Accor, Dexia et que 140 TOS de l’INSEP perdraient tout, toutes leurs garanties de fonctionnaires avec leur poste, dans cette privatisation. Un collège du Loiret s’est ouvert dans le même cadre sans un seul personnel TOS.
    Ces « opérations financières » sont le produit de l’article 3 du traité de Maastricht qui définit l’Union européenne comme « un régime assurant que la concurrence n’est pas faussée dans le marché intérieur ». Aucun domaine n’y échappe, pas plus l’enseignement que la santé.
    Voilà pourquoi le maintien des statuts particuliers des personnels enseignants qui, notamment dans l’enseignement secondaire, définissent leurs missions en heures d’enseignement est si important. L’abrogation du décret n°2007 187 du 12 février 2007 est à exiger dès maintenant, sans attendre.


    17° Approuvez-vous aujourd’hui cette phrase de la circulaire du Ministre Jean Zay, de décembre 1936 : « L’intérêt supérieur de la paix à l’intérieur de nos établissements passera devant toute autre considération. Ceux qui voudraient troubler la sérénité n’ont pas leur place dans les écoles qui doivent rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas » ?

    La laïcité de l’école implique son indépendance vis-à-vis de tous les groupes de pression politiques, religieux, idéologiques, commerciaux, garantie par la loi, celle de 1905. La sérénité des conditions de travail suppose que l’institution soit préservée comme lieu d’instruction et non comme la caisse de résonance et le forum permanents des pressions extérieures. L’ignorance et l’obscurantisme ne peuvent produire que des esclaves. C’est une directive européenne qui est a remis en cause l’interdiction du travail des enfants (DE 94/33 du 22 juin 1994), transposée en droit français par l’ordonnance n°2001-174 du 22 février 2001 : « Le principe d’interdiction du travail des enfants (…) ne s’applique pas aux enfants âgés de 14 ans au moins qui travaillent dans le cadre d’une formation en alternance ou de stage en entreprise. ».
    Comme nous l’avons dit avec mes amis maires :
    Nous, élus du peuple, maires des communes, constatons chaque jour les dégâts provoqués par la déqualification, la précarité et le chômage sur la jeune génération.
    Parce que nous avons le devoir de protéger nos enfants de la misère, l’Etat doit :
  • abroger toutes les mesures prises en application des recommandations et directives de la Commission européenne qui ont plongé la jeunesse dans la déqualification . Garantir un diplôme national, sanctionnant des connaissances et reconnu dans les conventions collectives nationales !
  • rouvrir les 336 LP fermés, rétablir les 6.375 postes aux concours supprimés en 2006, maintenir les 5.500 postes de professeurs menacés pour la rentrée 2007 !

  • Avec mes collègues maires nous réclamons : que l’Etat assume sa responsabilité de recruter de former, de payer nos instituteurs, d’ouvrir les classes au lieu de les fermer, de scolariser les enfants en maternelle au lieu de l’en empêcher. Pour notre part, nous n’avons pas attendu pour assumer nos responsabilités qui sont d’assurer l’entretien de nos écoles communales, le financement de nos cantines, des cars, des fournitures scolaires et dans la mesure de nos moyens des activités périscolaires. Nous réclamons :
  • l’arrêt de la fermeture des écoles communales et leur réouverture là où elles ont été fermées.
  • l’abrogation des lois anti laïques à commencer par l’article 89.
  • l’abrogation des lois de décentralisations organisant l’éclatement de l’Education nationale et le transfert des responsabilités de l’Etat aux collectivités territoriales. Et s’il faut rompre avec le pacte de stabilité exigeant la diminution des dépenses publiques pour sauver nos écoles communales : rupture avec le traité de Maastricht et l’Union européenne !


  • Société des Agrégés de l'Université, Copyright © 2003-2007

    société des agrégés société des agrégés