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COMMUNIQUÉS DE PRESSE




L'année de stage des lauréats des concours (11/02/2010)
Les épreuves des nouveaux concours (06/01/2010)
Grandes écoles et mérite républicain (05/01/2010)
Professeur : un métier où l'on enseigne (15/12/2009)
Non à la réforme du lycée : il faut défendre le savoir ! (10/12/2009)
Comité de la Société des agrégés : « La réforme du lycée doit être retirée » (30/11/2009)
La réforme du lycée (19/11/2009)
Concours de recrutement : un recul intolérable (16/11/2009)
Le discours du Président de la République sur la réforme du lycée (14/10/2009)
Prix du Concours général 2009 (12/10/2009)
L'ouverture sociale des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) (04/09/2009)
Les chantiers prioritaires du Ministre de l'Éducation nationale (01/09/2009)
Les décrets modifiant le statut des professeurs (30/07/2009)
Le rapport sur le recrutement et la formation des maîtres (21/07/2009)
Un nouveau Ministre à l'Éducation nationale (24/06/2009)
Assemblée générale de la Société des agrégés (15/06/2009)
La réforme du recrutement et de la formation des professeurs (18/05/2009)
Universités : l'apaisement est nécessaire (18/05/2009)
Agrégation 2009 : le Ministère doit recevoir immédiatement les candidats lésés (15/04/2009)
Le Ministère a le devoir moral d'examiner la situation des agrégatifs lésés (10/04/2009)
Agrégatifs empêchés de composer le 2 avril : le Ministère doit trouver une solution (06/04/2009)
Retard de certains candidats aux épreuves de l'agrégation du jeudi 2 avril (03/04/2009)
Recrutement et formation des professeurs : pour un débat constructif (24/03/2009)
Journée d'action interprofessionnelle du jeudi 19 mars 2009 (16/03/2009)
Le recrutement et la formation des enseignants (16/03/2009)
L'affectation des agrégés dans le premier cycle des universités (25/02/2009)
Dix principes pour une réforme du lycée (18/02/2009)
Le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs (09/02/2009)
Journée d'action interprofessionnelle du jeudi 29 janvier 2009 (27/01/2009)
La nouvelle organisation des épreuves du baccalauréat (16/01/2009)
Les vœux de Nicolas Sarkozy aux personnels de l'Éducation nationale : un discours ambigu (13/01/2009)
Le discours de Nicolas SARKOZY à l'École Polytechnique (18/12/2008)
Le report de la réforme du lycée : une victoire de la raison (15/12/2008)
L'avenir des IUT (15/12/2008)
Audience auprès de Xavier DARCOS (05/12/2008)
Réunion du Comité du 30 novembre 2008 (01/12/2008)
Appel du 8 novembre 2008 (18/11/2008)
Grève du 20 novembre 2008 (17/11/2008)
Le « point d'étape » sur la réforme du lycée (22/10/2008)
La réforme du lycée ou la destruction de l'école républicaine (17/10/2008)
Les nouveaux concours de recrutement des professeurs (14/10/2008)
La réforme du lycée (07/10/2008)
Prix du Concours général 2008 (19/09/2008)
L'agrégation et le master (17/09/2008)
Communiqué de presse du 28 août 2008 (28/08/2008)
Agrégations de portugais et de russe (24/06/2008)
Assemblée générale de la Société des agrégés (09/06/2008)
Le projet de réforme du lycée (06/06/2008)
Les grèves dans l'Éducation nationale (13/05/2008)
Les suppressions de postes dans l'Éducation nationale (09/04/2008)
Analyse critique du rapport Pochard (17/03/2008)
École primaire : le retour aux fondamentaux (11/03/2008)
Les nouveaux programmes de l'école primaire (22/02/2008)
Sur la garde à vue d'un professeur (11/02/2008)
Sur le rapport Pochard (11/02/2008)
Sur le rapport Attali (28/01/2008)
Grève du 24 janvier 2008 (21/01/2008)
Postes aux concours de l'agrégation et du CAPES 2008 (21/12/2007)
Réunion du Comité du 25 novembre 2007 (26/11/2007)
Grève du 20 novembre 2007 (19/11/2007)
Blocage de certaines universités (19/11/2007)
Projet de réforme de la fonction publique (25/09/2007)
Communiqué de presse sur le concours général (12/09/2007)
Communiqué de presse sur la "Lettre aux éducateurs" de Nicolas SARKOZY (10/09/2007)



L'année de stage des lauréats des concours (11/02/2010) :

    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   Soucieuse de l'intérêt des élèves et de la qualité de la formation pratique des professeurs stagiaires, lauréats de l'agrégation et du CAPES, la Société des agrégés de l'Université rejette catégoriquement l'hypothèse envisagée par le Ministère de donner un service complet d'enseignement aux professeurs stagiaires pendant les deux tiers de l'année scolaire, l'autre tiers étant consacré à la formation. Elle dénonce les solutions complexes et contraires au bon sens pédagogique qui consisteraient à mettre les tuteurs dans les classes des professeurs stagiaires pendant les premières semaines de l'année et à utiliser les étudiants de master préparant les concours pour suppléer ces professeurs pendant la période où ils seraient en formation.

    La Société des agrégés demande au Ministère de renoncer à cette hypothèse, de ne pas se décharger de ses responsabilités sur les rectorats et de fixer un cadrage national compatible avec une formation pratique efficace.

   La Société des agrégés a adressé au Ministre de l'Éducation nationale, à son Cabinet et à la DGESCO une fiche technique faisant part de ses critiques et de ses suggestions.





Les épreuves des nouveaux concours (06/01/2010) :

    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université a pris connaissance des arrêtés du 28 décembre 2009, publiés au JO du 6 janvier 2010, fixant les sections et les modalités d'organisation des concours de l'agrégation et du CAPES.

   Elle constate qu'une interrogation portant sur la compétence « agir en fonctionnaire de l'Etat et de façon éthique et responsable », définie par l'arrêté du 19 décembre 2006 portant cahier des charges de la formation des maîtres en IUFM, est introduite, selon des modalités diverses et discutables, dans une épreuve d'admission de tous les concours. Elle renouvelle ses critiques contre ce type d'interrogation aux contours et aux contenus mal définis, et qui, susceptible de devenir un filtre idéologique et arbitraire, ne permet ni une évaluation objective ni le recrutement de bons professeurs.

   D'autre part, si la Société des agrégés se réjouit que les épreuves de l'agrégation demeurent par ailleurs inchangées, elle dénonce vivement la diminution du nombre des épreuves au CAPES dans plusieurs disciplines et l'introduction à l'oral, sous des formes diverses, d'évaluations pédagogiques : elle estime que ces modifications constituent une réduction intolérable des exigences disciplinaires.

   La Société des agrégés souhaite vivement que les jurys, qui sont souverains, accordent un rôle prépondérant aux connaissances scientifiques dans l'évaluation des candidats.



Grandes écoles et mérite républicain (05/01/2010) :

    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   Le débat suscité par le point de vue exprimé par la Conférence des Grandes Écoles sur l'ouverture sociale des grandes écoles et la proportion de boursiers y accédant appelle les commentaires suivants.

   La Société des agrégés estime que la diversification sociale des étudiants intégrant les grandes écoles est en soi un objectif à atteindre mais qu'elle ne doit pas être mise en œuvre par une politique de quotas. Elle doit au contraire se fonder sur des mesures d'accompagnement (tutorat moral et pédagogique, Classes Préparatoires aux Études Supérieures, bourses?).

   De plus, comme le montrent leurs déclarations, les partisans de la «  discrimination positive » remettent en cause le principe des concours lui-même sous prétexte qu'ils seraient inefficaces et injustes socialement. La Société des agrégés estime au contraire que le concours est le mode de recrutement républicain par essence, qu'il est le plus démocratique et qu'il vaut mieux être sélectionné sur ses talents personnels que sur ses relations.

   Ce débat révèle la faillite de l'enseignement secondaire qui n'a su concilier massification et démocratisation que par la diminution des exigences, ce qui a nui tout particulièrement aux élèves qui n'ont que l'école pour s'instruire. La première mesure pour démocratiser davantage l'accès aux grandes écoles consisterait à rétablir, dans tous les établissements, dès l'école primaire, les conditions permettant de transmettre à tous les élèves, quel que soit leur milieu d'origine, le savoir et la culture.

   La Société des agrégés estime que la politique des quotas est discriminante, injuste et démagogique.



Professeur : un métier où l'on enseigne (15/12/2009) :

    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   Alors que certaines organisations manifestent aujourd'hui contre le projet de réforme du recrutement et de la formation des maîtres, la Société des agrégés estime nécessaire de rétablir la vérité et de faire cesser la désinformation.

   Contrairement aux propos répandus par ceux qui voudraient y introduire encore plus de professionnalisation, les nouveaux concours, loin de privilégier les épreuves disciplinaires, font la part belle à la « pédagogie » et à la « didactique » et c'est pour cette raison qu'ils doivent être combattus. Ces modalités du recrutement constituent - comme la réforme du lycée qu'une partie de ces organisations soutient - une attaque sans précédent contre le savoir. Elles conduiront à recruter des enseignants dont les connaissances, l'habileté intellectuelle, la maîtrise de leur discipline ne pourront être garanties.

   Le slogan « enseigner : un métier qui s'apprend » illustre la volonté de certains courants idéologiques de renforcer leur mainmise sur la formation des professeurs et de faire passer leurs dogmes pédagogiques avant la connaissance des disciplines. La Société des agrégés estime au contraire que la maîtrise de la discipline est la première des qualités pédagogiques et qu'elle seule permet de s'adapter avec discernement à la diversité des élèves.

   La réforme du recrutement, si elle reste dans son état actuel, aura des conséquences désastreuses pour les générations d'élèves à venir. La Société des agrégés exige, pour tous les concours, des épreuves écrites et orales disciplinaires ainsi qu'une année complète de préparation. Elle appelle les Ministres concernés à prendre conscience des véritables enjeux de la réforme du recrutement et de la formation des maîtres et à fonder leurs décisions sur la raison et l'intérêt de la Nation et non sur des calculs politiques contingents.



Non à la réforme du lycée : il faut défendre le savoir ! (10/12/2009) :

    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La réforme du lycée, présentée comme nécessaire à la réussite de tous les élèves, se révèle être une attaque contre le savoir. Dans les faits, le temps d'enseignement diminue, le contenu disciplinaire s'appauvrit, la prétendue revalorisation de certaines filières ne se nourrit que de la dévalorisation des autres.

   De plus, l'instauration d'une autonomie accrue entraînerait une dangereuse disparité entre les établissements et une différence de traitement entre les élèves contraires aux principes républicains.

   Estimant que les dégâts qu'une telle réforme pourrait produire sur les générations futures sont considérables, la Société des agrégés de l'Université appelle toutes les organisations, tous les représentants de la Nation, tous ceux qui pensent que seul le savoir est émancipateur, facteur de progrès et de création, à défendre l'idéal républicain du lycée et à convaincre le Ministre de retirer sa réforme.



Comité de la Société des agrégés : « La réforme du lycée doit être retirée » (30/11/2009) :

    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   Le Comité de la Société des agrégés de l'Université s'est réuni le dimanche 29 novembre 2009 à Paris. Ses travaux ont porté sur les grands dossiers d'actualité : la réforme du lycée, la réforme du recrutement et de la formation des maîtres, la revalorisation des professeurs et l'affectation des agrégés.

   La réforme du lycée

   Le Comité estime que la réforme du lycée est globalement inacceptable et doit être retirée. En effet, elle ne répond pas à l'intention initiale annoncée par le Ministre de refuser tous les « fatalismes » et de « [permettre] aux plus méritants d'atteindre l'excellence » et amplifierait au contraire les disparités entre établissements, filières, disciplines et élèves.

   Le Comité met notamment en cause l'autonomie accrue des établissements et les pouvoirs donnés au conseil pédagogique, qui, sous prétexte de mieux répondre à la diversité des situations, produiraient des inégalités entre les élèves et pour les professeurs des contraintes pédagogiques intolérables et contraires à l'exercice d'une liberté pédagogique responsable.

   D'autre part, le Comité condamne catégoriquement comme une atteinte à la vie privée et comme une dérive totalitaire la prise en compte, dans l'évaluation des lycéens, des engagements pris « en dehors » des établissements.

   La réforme de la formation et du recrutement des maîtres

    Le Comité de la Société des agrégés estime que les conséquences de la « mastérisation » du recrutement, voulue par le Président de la République, n'ont pas été suffisamment mesurées et que la réforme peut avoir des effets désastreux à la fois pour l'avenir des concours et pour l'avenir de la recherche.

    Le Comité exige, puisque le master est imposé à tous les futurs enseignants, qu'un master complet soit requis pour se présenter à l'agrégation - les problèmes que le décret du 29 juillet 2009 pose éventuellement aux Écoles Normales Supérieures devant trouver leur solution dans des mesures spécifiques.

    Le Comité estime que les épreuves actuelles du CAPES et de l'agrégation permettent d'apprécier les compétences nécessaires à un professeur, la maîtrise de la discipline étant la première des qualités pédagogiques. Il dénonce vivement les modifications apportées au nombre et à la nature des épreuves du CAPES et rappelle son opposition déterminée à tout infléchissement « pédagogique » d'une ou de plusieurs épreuves de l'agrégation.

    Le Comité estime également que les candidats au CAPES et à l'agrégation doivent bénéficier d'une année complète de préparation au concours et qu'il est impossible et insensé de prétendre organiser simultanément la préparation d'un concours et d'un master sans dévaloriser l'un et l'autre.

    Enfin le Comité dénonce une nouvelle fois l'introduction au CAPES, sous une nouvelle appellation, de l'épreuve orale de connaissance du système éducatif, qui ne permettrait en rien d'évaluer la capacité d'un professeur à enseigner une discipline mais servirait uniquement de filtre idéologique.






La réforme du lycée (19/11/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'université a pris connaissance du document ministériel intitulé Vers un nouveau lycée en 2010, rendu public ce jeudi 19 novembre.

    Son Comité, qui doit se réunir le dimanche 29 novembre 2009, prendra position sur les différents aspects de la réforme. Cependant, la Société des agrégés entend dès à présent mettre l'accent sur deux points qu'elle conteste particulièrement :
     o  L'autonomie accrue des établissements et la globalisation des heures de dédoublement et d'accompagnement personnalisé dont l'utilisation sera décidée localement. En effet, cette disposition accroîtra les disparités entre les établissements au lieu de les atténuer et instaurera une inégalité d'accès au savoir ;
     o   L'institution d'un tronc commun en Première, notamment en français, histoire géographie et langues vivantes, pédagogiquement discutable, qui semble n'avoir pour objectif qu'une réduction du nombre de classes et les économies d'heures qui en résultent.

    Dans sa présentation du projet de réforme, le Ministre de l'Éducation nationale avait déclaré : « Le lycée que nous voulons, c'est un lycée qui refuse tous les fatalismes, un lycée qui permet aux plus méritants d'atteindre l'excellence ». Il est à craindre que cet objectif ne puisse être atteint, sauf dans quelques lycées privilégiés, et que les fondements du lycée républicain ne continuent de s'écrouler.




Concours de recrutement : un recul intolérable (16/11/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'université a pris connaissance du document ministériel, intitulé La réforme de la formation et du recrutement des enseignants, présentant les « décisions des Ministres sur la base des conclusions du groupe de synthèse ».

   Elle estime que ce document, s'il devait être la version définitive des principes directeurs de la réforme, est, notamment en ce qui concerne le CAPES et l'agrégation, globalement intolérable.

   En alignant les conditions de titres requis pour l'accès à l'agrégation sur celles de l'ensemble des concours enseignants - ce qui revient à annuler le décret du 29 juillet 2009 - en entretenant l'incertitude sur les épreuves de l'agrégation, les mesures annoncées par ce document mettent en péril la préparation du concours et la possibilité pour les agrégés d'entreprendre des recherches.

   En revenant pratiquement pour les épreuves du CAPES aux modalités retenues dans la maquette générale des nouveaux concours de recrutement présentée le 13 octobre 2008 et largement contestée - ce qui avait conduit le précédent Ministre à la modifier dans le sens d'un recentrage disciplinaire (nombre et nature des épreuves, coefficients) -, les propositions retenues conduiront inéluctablement à une dévalorisation des concours.

    La Société des agrégés estime que ce document est une déclaration de guerre à tous ceux qui veulent défendre le niveau de concours nationaux et disciplinaires, le recrutement de professeurs qui dominent leur discipline, ce qui suppose une préparation sérieuse et efficace de ces concours.

    Désireuse de défendre l'intérêt général, la Société des agrégés demande à ce que cessent les attaques contre des concours disciplinaires qui ont prouvé leur efficacité, que s'arrêtent les tentatives de destruction de l'Education nationale qui tuent la transmission du savoir et mettent en danger nos enfants, traités, de réformes en réformes, moins comme des citoyens à former que comme des rats de laboratoires subissant, à la chaîne, expérimentations et protocoles nuisibles.

    La Société des agrégés vient de faire parvenir à Valérie Pécresse et à Luc Chatel un courrier leur demandant d'apporter immédiatement des modifications profondes à ce document. (voir annexe).




Le discours du Président de la République sur la réforme du lycée (14/10/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés se réjouit que le Président de la République, dans son discours du 13 octobre 2009, et que le Ministre de l'Éducation nationale, dans sa déclaration du même jour, rejettent « les erreurs du passé », expriment la volonté de ne pas se résigner à un abaissement du niveau d'exigence, refusent le nivellement et souhaitent l'édification d'un lycée qui puisse tirer vers le haut tous les élèves tout en permettant aux plus méritants d'atteindre l'excellence.

    Elle s'interroge cependant sur les modalités de mise en œuvre de ces propositions, issues du rapport de Richard Descoings, des conclusions de la mission parlementaire de Benoist Apparu et des consultations académiques. Elle estime qu'une réforme du lycée ne pourra être véritablement opérante sans une réforme parallèle du collège qui concentre à lui seul aujourd'hui le plus grand nombre de problèmes.

    La Société des agrégés de l'Université désire prendre une part active à la concertation à venir pour défendre la conception du lycée républicain : si le lycée doit être un « lieu de vie », ce doit être dans tous les lycées et pour tous les élèves, quel que soit leur milieu d'origine, un lieu de vie intellectuelle et culturelle où le savoir s'acquiert, où les talents s'épanouissent, où ne restent pas, sur le bord du chemin, tous ces Mozart que le système assassine parce qu'il les a privés de la connaissance émancipatrice à laquelle ils avaient droit.




Prix du Concours général 2009 (12/10/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   À l'occasion de sa réunion du 10 octobre 2009, le Bureau de la Société des agrégés de l'Université a étudié le palmarès du Concours général 2009, dont les résultats ont été proclamés le 3 juillet 2009.

   Aucun candidat n'ayant rempli les conditions pour obtenir le Grand Prix de la Société des agrégés, fondé par Guy BAYET en 1988 (plusieurs prix dans des matières diverses), le Bureau a décidé, afin d'encourager et de promouvoir différentes formes d'excellence dans les disciplines des enseignements général, technologique et professionnel, de décerner un prix spécial d'un montant de 800 euros à chacun des candidats suivants.

   Par ordre alphabétique :

   - Saruul BAATAR, élève de Terminale au lycée professionnel Marie Laurencin à Riom (63) pour son parcours exemplaire depuis son arrivée de Mongolie en France à l'âge de 14 ans, 1er prix d'artisanat et métiers d'art, option vêtement et accessoire de mode.

   - Nolwenn BOULO, élève de Terminale au lycée des métiers Marcelin Berthelot à Questembert (56), 1er prix de plasturgie, seule élève à être primée dans un secteur encore majoritairement masculin.

   - Abel LACABANNE, élève de Terminale S sciences de l'ingénieur au lycée polyvalent Saint-Cricq de Pau (64), 1er prix de sciences de l'ingénieur et mention en physique-chimie - qui avait l'année précédente obtenu également le 2ème prix académique des Olympiades de mathématiques - pour ses excellents résultats dans le domaine scientifique.

   - Charles SERFATY, élève de Première au lycée Hoche de Versailles (78), 1er prix de version latine, 3ème prix de thème latin et mention en version grecque, pour sa performance en langues anciennes.




L'ouverture sociale des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) (04/09/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

La position de la Société des agrégés

   La Société des agrégés de l'Université est favorable à l'ouverture sociale des classes préparatoires aux grandes écoles. C'est la position qu'elle a soutenue lors de son audition devant la Commission culturelle du Sénat (Rapport d'information sur la diversité sociale dans les classes préparatoires aux grandes écoles, septembre 2007) et, à plusieurs reprises, dans ses déclarations. Récemment, lors de son assemblée générale du 14 juin 2009, elle a estimé que la voie technologique doit constituer pour les élèves, parallèlement aux filières générales, un parcours de réussite et que l'accès des meilleurs d'entre eux aux filières d'excellence doit être développé.

   La Société des agrégés estime en particulier que des mesures d'incitation et d'accompagnement (tutorat moral et pédagogique, Classes Préparatoires aux Études Supérieures, bourses ?) doivent être mises en place et développées pour permettre à tous les élèves qui en ont la capacité et qui le souhaitent d'accéder aux classes préparatoires avec des chances sérieuses de réussite. Elle envisage d'ailleurs de parrainer des élèves d'un lycée accueillant un public scolaire défavorisé pour les inciter et les aider à s'inscrire en CPGE.

   C'est pourquoi la Société des agrégés s'étonne et s'inquiète de deux déclarations de Valérie Pécresse, Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, à l'occasion de la Rentrée.

30% de boursiers en CPGE

   Si la Ministre se félicite que la plupart des établissements aient atteint un pourcentage de 30% de boursiers en première année de classes préparatoires, elle regrette qu'une trentaine de lycées n'y soit pas parvenue et propose aux proviseurs concernés d'en analyser les causes et de les accompagner. Une telle initiative non seulement méconnaît la diversité des situations, mais risque surtout de contraindre les établissements à atteindre les quotas fixés sans tenir compte suffisamment des compétences et des mérites des élèves, ce qui les conduira inéluctablement à l'échec.

Faire évoluer les concours

   L'autre piste de réflexion consisterait à faire évoluer les concours et à tester notamment « la personnalité, la créativité, l'intelligence » des candidats plutôt que de « tester la culture classique ».

   La Société des agrégés rappelle que des épreuves orales existent dans tous les concours commerciaux et dans plusieurs concours scientifiques (entretien ou analyse d'un texte suivi d'un entretien) et que l'intelligence des candidats peut être évaluée à travers les épreuves écrites et orales des concours.

   Mais la Société des agrégés dénonce surtout - si ces propos traduisent les véritables intentions du Ministre - l'accusation implicitement portée contre la culture générale, qui serait discriminatoire. Au lieu de mettre en œuvre les moyens de faire acquérir à tous les élèves cette culture, on envisagerait de la supprimer aux épreuves des concours.

   La véritable solution

   La Société des agrégés estime que de telles mesures s'attaquent aux symptômes en négligeant les causes, risquent de créer d'autres formes de discrimination et renoncent à maintenir ou à rétablir, si nécessaire, dans tous les établissements, les conditions permettant de transmettre à tous les élèves, quel que soit leur milieu d'origine, le savoir et la culture.

   On omet de remarquer que cette diminution de la démocratisation correspond dans le temps aux diverses réformes de l'enseignement infligées aux élèves qui n'ont pour s'instruire que le « collège unique » ou le « lycée light », à l'avantage de ceux dont les familles savent où et comment se procurer les compléments indispensables.

   La première mesure pour démocratiser davantage l'accès aux classes préparatoires consisterait donc dans le rétablissement, partout en France, d'un véritable enseignement secondaire, prenant appui sur une école primaire rénovée et recentrée sur les savoirs fondamentaux et les compétences indispensables.

   La Société des agrégés dénonce vivement la culture des quotas, associée à la culture des résultats, qui peut conduire à des dérives dangereuses pour les élèves eux-mêmes et qui substitue à une vision humaine de la société une vision purement technocratique.

   Alors que le monde est plongé dans une crise économique sans précédent et que les plus hautes autorités dénoncent les excès d'un capitalisme débridé, le Gouvernement devrait se demander s'il ne serait pas plutôt souhaitable que les futurs cadres de la nation acquièrent une culture humaniste approfondie.




Les chantiers prioritaires du Ministre de l'Éducation nationale (01/09/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université participera activement au débat sur les trois chantiers que le Ministre de l'Éducation nationale, dans sa conférence de presse du 31 août 2009, a présentés comme prioritaires : la réforme du recrutement et de la formation des enseignants, la réforme du lycée et l'orientation.

   Elle a fait parvenir hier au Ministre une contribution exprimant son point de vue sur la réforme du lycée, notamment sur les objectifs retenus par le Président de la République après la remise du rapport de Richard Descoings (cf. communiqué de l'Élysée du 2 juin 2009).

   La Société des agrégés contribuera à la recherche de solutions qui permettent de sauvegarder et de faire vivre au vingt-et-unième siècle les grands principes du lycée républicain. Le lycée doit se donner un double objectif : élever le niveau des connaissances disciplinaires et de culture générale de l'ensemble des élèves et permettre aux meilleurs de se distinguer selon leurs talents, quel que soit leur milieu d'origine.

   La Société des agrégés estime, d'autre part, qu'aucune mesure ne sera efficace si une politique n'est pas menée parallèlement pour rétablir dans les esprits et dans les faits l'autorité du maître et le respect du savoir.

   C'est à ces conditions que l'éducation nationale pourra, selon le vœu du Ministre, réduire les inégalités.






Les décrets modifiant le statut des professeurs (30/07/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université constate que, conformément à ce qui avait été annoncé, les décrets modifiant le statut des différents personnels d'enseignement et d'éducation, dans le cadre de la mastérisation, ont été publiés au Journal Officiel du mercredi 29 juillet 2009.

   En ce qui concerne les agrégés, la Société des agrégés se réjouit que l'article 3 du décret précise que « peuvent se présenter au concours externe les candidats justifiant de la détention d'un master ou d'un titre ou diplôme reconnu équivalent par le ministre chargé de l'éducation ». Dans la mesure où le master est imposé pour pouvoir être titularisé, cette solution est sans doute la meilleure pour les agrégés - malgré les problèmes que cela peut poser à certaines ENS et qu'il conviendra de résoudre - et rejoint le point de vue que la Société des agrégés a défendu depuis plusieurs mois.

   L'état actuel de la réforme du recrutement et de la formation des maîtres laisse cependant de nombreuses questions en suspens : la place du concours dans l'année de M2 pour le CAPES ; la nature exacte des épreuves aux concours ; les modalités précises du stage et de la formation.

   La Société des agrégés rappelle qu'elle demande, pour l'agrégation, le maintien des épreuves et des programmes actuels, et, pour le CAPES, la poursuite du recentrage disciplinaire amorcé à la suite des critiques que le projet initial avait suscitées.

   Elle est fortement opposée à une épreuve orale de connaissance générale du système éducatif : s'il est en effet normal qu'un professeur en exercice connaisse le fonctionnement du système éducatif et s'interroge éventuellement sur ce fonctionnement pour le rendre plus juste et plus efficace, il serait aberrant de sélectionner des candidats sur de tels critères. Une telle épreuve pourrait servir de filtre pédagogique et idéologique ; de plus, elle ne permettrait en rien de recruter de bons professeurs ; tout au plus permettrait-elle à des candidats médiocres dans la discipline d'être admis, ce qui n'est pas l'objectif d'un concours.

   Sur tous ces sujets, la Société des agrégés participera activement au débat dès la rentrée, avec la volonté d'informer, d'éclairer et de convaincre.




Le rapport sur le recrutement et la formation des maîtres (21/07/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université a pris connaissance du Rapport sur le recrutement et la formation des maîtres, établi par la Commission nationale de concertation initialement coprésidée par le Recteur William Marois et le Président Daniel Filâtre et présenté, le 17 juillet 2009, aux Ministres de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

   La Société des agrégés n'ignore pas les circonstances difficiles dans lesquelles cette commission s'est réunie, ni la décision de la CPU de suspendre sa participation, ni encore la volonté de l'ensemble des quatre conférences (CDIUFM, CPU, CDUS, CDUL) de travailler indépendamment de la commission pour faire des propositions pour un autre projet de réforme.

   Sans faire de procès d'intention aux membres de la commission qui ont poursuivi la réflexion, nécessairement incomplète vu qu'elle a été produite dans des délais serrés, la Société des agrégés observe dans ce rapport des lacunes importantes et estime que certaines propositions sont inacceptables.

L'agrégation

   La Société des agrégés constate que le rapport ne fait aucune mention de l'agrégation. Elle rappelle à cet égard ses exigences : master disciplinaire et de recherche requis pour se présenter à l'agrégation, préparation du concours sur une année complète, maintien des épreuves et des programmes dans l'état actuel. Les projets ministériels, avant le remaniement du Gouvernement, semblaient aller dans ce sens.

Le master pour les candidats aux CAPES

   Le rapport paraît considérer que les candidats au CAPES doivent préparer un master spécifique, comprenant autour d'un « cœur de master » disciplinaire des crédits de « préprofessionnalisation » pour le master 1, de « professionnalisation » pour le master 2. Cette organisation aurait notamment pour objectif « de préparer les étudiants aux épreuves d'admission des concours de recrutement d'enseignants », faisant ainsi le choix d'épreuves orales professionnelles.

   La Société des agrégés estime qu'une telle conception, si elle était suivie, constituerait un recul inacceptable par rapport au dernier état du projet ministériel, dans lequel les épreuves du CAPES avaient subi un recentrage disciplinaire à la suite des critiques que le projet initial avait soulevées.

   De plus, le rapport semble ignorer que le projet gouvernemental n'impose pas aux étudiants se destinant à l'enseignement un itinéraire unique et que tout master permet de présenter les concours. Il oublie aussi que, d'une façon générale, les candidats aux concours ont suivi des cursus divers et que beaucoup, y compris ceux qui présentent le CRPE ou le CAPES, sont déjà titulaires d'un master.

   Au-delà de ce rapport, la Société des agrégés de l'Université dénonce vivement par avance toute tentative d'imposer un master spécifique obligatoire pour les candidats aux concours.

Le déroulement des concours

   La Société des agrégés estime que la préférence exprimée par les membres de la commission « pour des concours organisés fin septembre-début octobre du M2 » avec « une période intense de préparation du concours au mois de septembre » (sic) est une proposition irréaliste et inacceptable. En ce qui concerne le CAPES, la Société des agrégés rappelle quatre exigences :
   - une formation disciplinaire approfondie ;
   - des épreuves disciplinaires portant sur des programmes nationaux ;
   - une préparation spécifique au concours (écrit et oral) répartie sur une année entière ;
   - pour les candidats qui n'auront pas préalablement obtenu un master, le concours doit se situer en master 2, les épreuves écrites ayant lieu au mois de mars, les épreuves d'admission aux mois de juin et juillet, l'admissibilité et l'admission permettant d'obtenir un nombre de crédits (ECTS) fixé par le Ministère pour l'obtention du master.




Un nouveau Ministre à l'Éducation nationale (24/06/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   Dans le cadre du remaniement ministériel du 23 juin 2009, Xavier Darcos a été nommé Ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité. Luc Chatel devient Ministre de l'Éducation nationale, porte-parole du Gouvernement.

   Pendant plus de deux ans, exprimant aussi bien ses points d'accord que ses divergences, la Société des agrégés a noué et développé avec Xavier Darcos et son Cabinet un dialogue franc et constructif.

   La Société des agrégés va demander une audience à Luc Chatel, Ministre de l'Éducation nationale, porte-parole du Gouvernement, pour lui présenter son point de vue sur tous les grands dossiers d'actualité, en particulier sur la réforme du lycée, la réforme du recrutement et de la formation des maîtres, ainsi que la carrière et l'affectation des agrégés.

   Elle continuera d'être une force de réflexion et de proposition pour apporter sa contribution à l'amélioration du système éducatif, qui constitue l'investissement le plus important pour l'avenir, et faire vivre au vingt-et-unième siècle les grands principes de l'école républicaine.




Assemblée générale de la Société des agrégés (15/06/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   L'Assemblée générale de la Société des agrégés de l'Université s'est tenue le dimanche 14 juin 2009 au lycée Henri IV à Paris.

   En conclusion de son rapport d'activité, approuvé à l'unanimité, son Président Jean-Michel LÉOST a invité tous les adhérents à un projet ambitieux : défendre les valeurs de l'humanisme, qui sont le fondement de l'école républicaine, dans un monde où l'utilitaire tend à l'emporter sur l'utile, où l'individualisme et la concurrence supplantent la nécessaire émulation et la complémentarité. En effet, si le monde évolue, si le public scolaire n'est plus le même aujourd'hui qu'hier, ce n'est pas en renonçant à ces valeurs qu'un progrès sera possible, c'est en les adaptant aux situations nouvelles. Il a rappelé la vocation de la Société des agrégés à être une force de réflexion et une force de proposition pour sauvegarder et faire vivre au vingt-et-unième siècle les grands principes de l'école républicaine.

   Les travaux de l'Assemblée générale ont porté sur les grands dossiers d'actualité : la réforme du lycée, la réforme du recrutement et de la formation des maîtres, l'enseignement supérieur, la carrière des agrégés, la situation des professeurs agrégés dans l'enseignement supérieur.

   Concernant la réforme du lycée, l'Assemblée générale estime que, pour répondre aux exigences de l'école républicaine, le lycée doit chercher à élever le niveau des connaissances disciplinaires et de culture générale de l'ensemble des élèves tout en permettant aux meilleurs d'entre eux, quel que soit leur milieu d'origine, de se distinguer par leurs talents.

   En ce qui concerne le recrutement et la formation des maîtres, l'Assemblée générale estime que la « mastérisation » apparaît de plus en plus comme la volonté d'anticiper sur une harmonisation du recrutement des enseignants dans l'Union européenne. Si la Société des agrégés n'a pas à prendre parti pour ou contre les questions européennes, elle s'interroge sur la propension des dirigeants français à prendre pour modèles d'autres pays au lieu de s'attacher à défendre et à propager les éléments du système de recrutement français qui ont fait la preuve de leur efficacité. Elle a décidé d'engager une réflexion approfondie à ce sujet.

   L'Assemblée générale rappelle son attachement à des concours disciplinaires et nationaux (Agrégation et CAPES), préparés sur une année complète, avec des jurys nationaux composés de spécialistes de la discipline et l'attribution d'un poste par l'État aux lauréats après leur titularisation.

   Elle estime que la formation pratique des enseignants doit se situer après le concours, lors de l'année de stage débouchant sur la titularisation. Ce stage doit comprendre une part d'enseignement en responsabilité et une part de formation. Celle-ci pourrait se faire dans les classes de conseillers tuteurs expérimentés et à l'université, ayant pour objectif de favoriser chez les jeunes professeurs l'exercice d'une liberté pédagogique responsable : apports disciplinaires et didactiques adaptés aux niveaux des classes, par des praticiens spécialistes de la discipline et non des théoriciens de la pédagogie qui prennent trop souvent leurs préjugés pour des vérités intangibles.






La réforme du recrutement et de la formation des professeurs (18/05/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   Les critiques contre la réforme du recrutement et de la formation des enseignants sont contradictoires et procèdent d'intentions et d'objectifs divergents. La place des concours dans le cursus universitaire, la nature disciplinaire des épreuves, les modalités de la formation pratique sont loin de faire l'unanimité. Mais certaines annonces officielles seraient susceptibles d'apporter des apaisements à la majorité des acteurs concernés, par exemple :
   - garantir le caractère disciplinaire des épreuves du CAPES ;
   - maintenir une partie commune dans les programmes du CAPES et de l'agrégation, en particulier en langues vivantes et en histoire-géographie, pour préserver les préparations aux concours dans les universités moyennes ;
   - rappeler solennellement que les principes du recrutement par des concours nationaux disciplinaires, avec des jurys nationaux composés de spécialistes de la discipline, et de l'attribution d'un poste par l'État aux lauréats après leur titularisation sont des principes intangibles.




Universités : l'apaisement est nécessaire (18/05/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La réforme du recrutement et de la formation des enseignants, voulue par le Président de la République, tout comme la réforme du statut des enseignants-chercheurs, a provoqué, dans beaucoup d'universités, une révolte quasi générale qui s'est traduite, dans certaines d'entre elles, par d'importants mouvements de protestation et des blocages. Cette situation est lourde de conséquences pour la crédibilité des diplômes qui seront délivrés cette année, pour l'avenir des étudiants et, plus généralement, pour l'avenir des universités dont l'image risque d'en être affectée.

   La Société des agrégés de l'Université, tout en partageant certaines des critiques formulées contre ces réformes, estime que l'utilisation de moyens comme le blocage des bâtiments, le fait d'empêcher les étudiants de suivre des cours ou de passer des examens dans des conditions acceptables peuvent dévoyer ces fins et avoir des effets contraires au but recherché.

   La Société des agrégés de l'Université demande à tous les acteurs de la communauté universitaire de garantir au mieux le déroulement des examens et la valeur des diplômes. Elle considère que la validation automatique du semestre serait désastreuse.

   Parallèlement, elle demande aux Ministres concernés de manifester leur volonté d'apaisement. Sans doute des négociations sont-elles en cours avec les organisations syndicales ; une commission de concertation sur la réforme du recrutement et de la formation a, d'autre part, été mise en place. Mais il faut maintenant annoncer des mesures propres à apporter des apaisements.




Agrégation 2009 : le Ministère doit recevoir immédiatement les candidats lésés (15/04/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   Devant le refus du Ministère, confirmé le vendredi 10 avril, d'organiser de nouvelles épreuves, les agrégatifs arrivés en retard au Centre d'Arcueil, le jeudi 2 avril, en raison d'une panne électrique sur le réseau SNCF de la gare du Nord, n'avaient guère d'autre possibilité que de se tourner vers la justice.

   La Société des agrégés de l'Université regrette que le Ministère n'ait pas estimé juridiquement valide la solution qu'elle avait proposée : ne faire passer une nouvelle épreuve qu'aux candidats arrivés en retard et ayant effectué toutes les autres épreuves ; créer en cas de besoin une liste supplémentaire d'admission pour ceux qui obtiendraient, à l'issue de l'oral, un total de points égal ou supérieur au dernier admis sur la liste principale.

   Si la justice donnait raison à ces agrégatifs et que les épreuves du 2 avril étaient repassées par tous, il conviendrait que les jurys déclarent admissibles davantage de candidats pour que ceux qui ont passé normalement les épreuves de ce jour ne s'estiment pas lésés à leur tour.

   Si les agrégatifs exclus malgré eux du concours n'obtenaient pas la possibilité de repasser les épreuves, le Ministère se devrait d'examiner la situation de chacun de ceux qui approcheraient, voire dépasseraient le seuil d'admissibilité avec les autres épreuves et prendre en leur faveur des mesures comme un nouveau report de stage ou des aides financières.

   Quelle que soit l'issue de cette affaire, le Ministère doit en tirer les leçons pour l'avenir. Il conviendrait sans doute d'ouvrir une enquête administrative pour comprendre pourquoi la décision de retarder de quelques minutes les épreuves du 2 avril n'a pas été prise, alors que les incidents semblent avoir été portés à temps à la connaissance du Ministère et du Centre d'Arcueil. Plus généralement, le Ministère devrait étudier la possibilité d'assouplir le cadre juridique du déroulement des concours, dans le respect de l'égalité entre tous les candidats, afin que de tels incidents ne se reproduisent plus.

   La Société des agrégés de l'Université souhaite vivement que le Ministère reçoive immédiatement une délégation du collectif créé par ces candidats afin que des solutions soient cherchées dans le dialogue plutôt que devant les tribunaux.




Le Ministère a le devoir moral d'examiner la situation des agrégatifs lésés (10/04/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université regrette vivement que le Ministère estime ne pas pouvoir trouver de solution juridiquement valide et acceptable par tous pour réparer l'injustice subie par les candidats à l'agrégation qui n'ont pu passer les épreuves du 2 avril 2009 en raison d'une panne électrique sur le réseau SNCF de la Gare du Nord.

   Elle s'étonne que les agrégatifs concernés aient appris cette décision par l'intermédiaire de communiqués de presse et estime que le Ministère doit recevoir au plus tôt une délégation de leur collectif pour lui expliquer précisément pourquoi aucune solution n'est possible.

   La Société des agrégés de l'Université estime que le Ministère a le devoir moral d'examiner la situation de tous les candidats lésés qui, à l'issue des corrections de l'écrit, approcheront, atteindront voire dépasseront la barre d'admissibilité avec les seules épreuves qu'ils ont passées, et de prendre des mesures en faveur de ces candidats: nouveau report de stage, aides financières, par exemple.

   D'autre part, la Société des agrégés de l'Université demande au Ministre de l'Éducation nationale de s'interroger sur l'opportunité d'ouvrir une enquête administrative pour comprendre pourquoi des mesures n'ont pas été prises pour retarder de quelques minutes les épreuves du 2 avril alors que les incidents semblent avoir été portés à temps à la connaissance du Ministère et du Centre d'Arcueil.

   Plus généralement, la Société des agrégés de l'Université souhaite que le Ministère tire les leçons de ces incidents, dont les conséquences peuvent être dramatiques pour certains candidats, et qu'il étudie la possibilité d'assouplir à l'avenir le cadre juridique du déroulement des concours, dans le respect de l'égalité entre tous les candidats. Il doit aussi s'interroger sur le maintien du Centre d'Arcueil, desservi par des transports en commun peu fiables, pour l'organisation de tels concours.

   Sur tous ces sujets, la Société des agrégés de l'Université adressera, au début de la semaine prochaine, une lettre officielle au Ministre de l'Éducation nationale.




Agrégatifs empêchés de composer le 2 avril : le Ministère doit trouver une solution (06/04/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université a reçu ce matin des représentants des candidats à l'agrégation qui, en raison d'une panne électrique sur le réseau SNCF de la Gare du Nord, n'ont pu passer les épreuves du jeudi 2 avril 2009.

   Elle estime que le Ministère de l'Éducation nationale ne peut se contenter d'exprimer sa compassion à l'égard de ces candidats victimes d'incidents imprévisibles dont ils ne sont en rien responsables.

   Le Ministère doit recevoir une délégation du collectif créé par ces candidats et rechercher s'il n'y a pas une solution, juridiquement valide, qui permettrait aux candidats concernés de ne pas être exclus du concours sans léser les candidats qui ont normalement passé les épreuves. Ne serait-il pas possible, par exemple, de faire passer une autre épreuve aux seuls candidats retardataires qui ont effectué toutes les autres épreuves et de créer, en cas de besoin, une liste supplémentaire d'admission où seraient ajoutés quelques postes pour ceux qui obtiendraient, à l'issue de l'oral, un total de points égal ou supérieur au total du dernier admis sur la liste principale ?

   La Société des agrégés de l'Université souhaite, d'autre part, que le Ministère tire les leçons de cet incident, dont les conséquences peuvent être dramatiques pour certains candidats, et qu'il étudie la possibilité d'assouplir à l'avenir le cadre juridique du déroulement des concours dans le respect de l'égalité entre tous les candidats.




Retard de certains candidats aux épreuves de l'agrégation du jeudi 2 avril (03/04/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université comprend le désarroi des candidats à l'agrégation qui, arrivés en retard au Centre d'Arcueil en raison d'une panne électrique sur le réseau SNCF de la Gare du Nord, n'ont pu passer les épreuves prévues le jeudi 2 avril 2009 et voient ainsi anéanti l'investissement intellectuel et financier d'une année, voire de plusieurs années de travail.

   Ont pu être concernés des candidats aux agrégations de grammaire, de lettres classiques, de lettres modernes, d'histoire, de géographie et de langues vivantes étrangères.

   La Société des agrégés de l'Université est consciente des problèmes juridiques que pourrait poser l'organisation d'une nouvelle épreuve pour ces candidats. Elle demande au Ministre de l'Éducation nationale de faire le point exact sur la situation (agrégations et nombre de candidats concernés) et d'étudier toutes les solutions juridiquement valides pour que ne soient lésés ni les candidats qui ont passé normalement les épreuves ni les candidats qui en ont été empêchés par des incidents imprévisibles dont ils ne sont aucunement responsables.

   La Société des agrégés de l'Université conseille aux candidats qui n'ont pu passer les épreuves du jeudi 2 avril, mais qui auront passé toutes les autres épreuves, de se faire connaître immédiatement au Ministère de l'Éducation nationale. Elle propose au Ministère d'apporter sa contribution à la recherche de solutions conformes au droit et acceptables par tous.




Recrutement et formation des professeurs : pour un débat constructif (24/03/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université a pris connaissance des précisions apportées, le 20 mars 2009, par le Ministre de l'Éducation nationale sur la réforme du recrutement et la formation des enseignants.

   Elle se réjouit que le Ministre confirme que « le principe du recrutement par concours nationaux est [...] un principe intangible » et que « les candidats à la fonction de professeurs ou de CPE continueront à être recrutés à travers les concours actuellement existants ». Elle prend acte que « les concours seront maintenus dans leur état actuel pour la session 2010 », ce qui était déjà acquis pour l'agrégation.

   En annonçant l'ouverture d'une discussion « sur les places respectives de l'admissibilité et de l'admission aux concours pendant l'année de M2, afin de permettre de concilier au mieux la préparation des concours avec une formation disciplinaire adossée à la recherche et une formation professionnelle s'articulant autour de stages », le Ministre met en débat les questions essentielles sur lesquelles la Société des agrégés de l'Université avait attiré son attention.

   La Société des agrégés de l'Université estime que le master, en particulier pour l'agrégation, doit être un master disciplinaire et de recherche et que la durée de la préparation disciplinaire aux concours doit être d'une année.

   La maîtrise de la discipline étant le fondement de la compétence pédagogique, la formation universitaire des professeurs doit être avant tout disciplinaire et les concours ne doivent pas comporter d'épreuves professionnelles susceptibles de constituer un filtre idéologique.

   Enfin, la formation pratique des professeurs, qui doit se situer après le concours, doit être entièrement repensée : elle doit comporter une année de stage, avec un service allégé, sous la conduite de professeurs qui feraient profiter les stagiaires de leur expérience et de leurs conseils, et favoriser l'exercice d'une liberté pédagogique responsable à l'encontre d'un sectarisme trop souvent répandu et imposé.

   La Société des agrégés de l'Université prendra une part active à ce débat, sans polémique ni procès d'intention, avec la volonté d'informer, d'éclairer et de convaincre.




Journée d'action interprofessionnelle du jeudi 19 mars 2009 (16/03/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université rappelle qu'en tant qu'association elle n'est pas habilitée à appeler ou non à la grève mais que chaque adhérent, en tant que citoyen, est libre d'y participer et de s'associer aux actions menées par les organisations syndicales. En revanche, elle a le devoir de s'interroger sur les causes du mécontentement et sur les revendications portées par les organisations qui appellent à la grève.

   La Société des agrégés de l'Université estime que cette journée d'action peut être l'occasion d'exprimer l'inquiétude générale sur un avenir particulièrement incertain.

   Dans le domaine de l'éducation, la Société des agrégés de l'Université estime que la crise que nous connaissons est avant tout une crise des valeurs : les professeurs se sentent dépouillés de la mission d'instruction et de promotion sociale qu'ils considèrent comme leur vocation ; les enseignants-chercheurs redoutent que la recherche ne soit bridée par des visées exclusivement économiques ; plus généralement, les arguments avancés par le Gouvernement ne répondent pas au besoin d'un projet humaniste et fondamentalement républicain, qui redonnerait confiance et espoir en l'avenir.

   La Société des agrégés de l'Université comprend que les inquiétudes sur l'avenir social, économique et éducatif de notre pays puissent s'exprimer dans les manifestations du 19 mars. Elle estime cependant que les professeurs doivent faire preuve d'esprit critique et de vigilance face à des revendications hétéroclites ou contradictoires, de façon que des demandes légitimes ne soient pas dévoyées.

    Ainsi, la Société des agrégés de l'Université ne saurait mettre sur le même plan les réformes en cours ou en projet de la maternelle à l'université, la réforme du primaire, par exemple, étant à ses yeux une tentative bien venue de recentrer les enseignements sur les fondamentaux et de faire acquérir au maximum d'élèves les bases qui leur permettront de poursuivre avec succès leurs études.

   Elle ne saurait non plus s'associer aux objectifs des organisations qui veulent maintenir, en matière de formation professionnelle des enseignants, l'hégémonie des IUFM qui ont pourtant fait la preuve de leur inefficacité. La formation pratique des professeurs doit être totalement repensée.

   Enfin, elle ne défend pas les mêmes positions que les organisations qui, prétendant rejeter la politique éducative actuelle dans l'enseignement secondaire, reprennent à leur compte la plupart des principes directeurs de la réforme du lycée opportunément suspendue.

   La Société des agrégés de l'Université attend du Gouvernement qu'il prenne des positions claires sur le rôle indispensable de la fonction publique dans l'enseignement, qu'il déclare sans ambiguïté que la mission fondamentale des professeurs est l'instruction, génératrice de progrès et de promotion sociale, et qu'il en tire toutes les conséquences pour sa politique éducative.




Le recrutement et la formation des enseignants (16/03/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   Le Bureau de la Société des agrégés de l'Université, réuni le 14 mars 2009, a pris connaissance du communiqué sur le recrutement et la formation des enseignants, publié le 12 mars par Valérie Pécresse et Xavier Darcos.

   Il constate que les aménagements proposés pour les épreuves du CAPES et de l'agrégation à la session 2010 vont dans le sens d'un renforcement disciplinaire dont la Société des agrégés avait expliqué la nécessité. En effet, pour le CAPES, « une épreuve disciplinaire comparable à une des épreuves existantes précédemment se substituera à l'épreuve de connaissance générale du système éducatif » qu'elle avait vivement contestée. Quant à l'agrégation, « ses épreuves demeureront en l'état ». Il désapprouve en revanche le caractère provisoire de ces modifications.

   Si, par rapport au projet initial, ces mesures constituent un progrès indéniable et s'ajoutent aux améliorations déjà apportées dans le Vade-mecum de la réforme publié le 13 février sur le site du Ministère, de nombreuses questions restent néanmoins en suspens :

   - La référence à l'Europe pour justifier une formation universitaire en cinq ans, sanctionnée par un master, pose à terme la question de la survie du recrutement par concours qui est une spécificité française.

   - La question de l'articulation entre les masters et les concours ou de l'adossement des masters à la recherche reste entière.

   - La question de la durée de la préparation disciplinaire aux concours n'est pas abordée.

   - La formation pratique des enseignants n'est pas clairement définie. Si le communiqué ne fait aucune référence aux IUFM - ce dont la Société des agrégés de l'Université se réjouit -, il précise que « les jeunes enseignants stagiaires, recrutés à l'issue de la session 2010 des concours, bénéficieront d'une « formation continue renforcée » comprenant « une partie pratique sous la forme d'un tutorat » et « une formation, hors écoles ou établissements, de nature disciplinaire ou professionnelle dont les universités seront les acteurs essentiels », ce qui permet dans l'avenir toutes sortes de modalités. La Société des agrégés de l'Université estime que la formation pratique des professeurs doit se situer après le concours et qu'elle doit être repensée pour être à l'abri des dérives actuelles.

   La Société des agrégés de l'Université estime que les mesures annoncées constituent un progrès dans l'immédiat mais reportent à plus tard les réponses aux problèmes posés par la réforme du recrutement, sur lesquels elle n'a cessé d'attirer l'attention.

   La temporisation des Ministres s'explique sans doute en partie par des raisons conjoncturelles. La Société des agrégés de l'Université mettra à profit ce moratoire à l'application complète de la réforme pour convaincre les responsables politiques qu'il faut défendre la spécificité française des concours républicains, que la compétence pédagogique prend sa source dans la maîtrise de la discipline et qu'il convient d'en tirer toutes les conséquences.




L'affectation des agrégés dans le premier cycle des universités (25/02/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université a pris connaissance des informations officieuses selon lesquelles le Gouvernement envisagerait d'affecter davantage de professeurs agrégés dans l'enseignement supérieur pour renforcer le potentiel d'enseignement des universités.

   L'affectation des agrégés dans l'enseignement supérieur n'est pas une nouveauté puisqu'elle est inscrite dans le statut actuel des agrégés et se pratique déjà. En outre, le projet de réforme des concours de recrutement prévoit que « l'agrégation recrutera au niveau du master des professeurs qui sont appelés à enseigner en priorité dans les classes d'examen de lycée, les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), les sections de techniciens supérieurs (STS) et le premier cycle de l'Université ».

   La Société des agrégés de l'Université pourrait donc approuver de telles affectations à certaines conditions :

   - Les professeurs agrégés affectés dans l'enseignement supérieur ne sauraient être considérés comme des « variables d'ajustement » pour satisfaire aux besoins conjoncturels des universités en enseignement. Ils n'ont pas vocation à devenir les « maîtres auxiliaires » de l'enseignement supérieur. Ils doivent avoir des postes stables et bien définis.

   - Le décret n° 93-461 du 25 mars 1993 fixant leurs obligations de service n'est plus adapté et doit être révisé : ainsi, le volume horaire annuel d'enseignement doit être ramené à 288 heures de travaux dirigés, dans la limite de 12 heures hebdomadaires ; une décharge horaire doit être attribuée à tous ceux qui poursuivent des travaux de recherche ou préparent une thèse.

   - Si les professeurs agrégés sont utiles dans l'enseignement supérieur, ils doivent également avoir toute leur place dans les lycées, en particulier dans les classes d'examen et les classes post-baccalauréat. Ils sont en effet les plus qualifiés pour assurer la transition entre l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur.

   - Pour ne pas réduire le nombre d'agrégés dans l'enseignement secondaire et ne pas diminuer le potentiel d'enseignement du second degré, l'augmentation du nombre des agrégés affectés dans les universités doit s'accompagner d'une augmentation du nombre de postes offerts aux concours de l'agrégation.

   Si les hypothèses envisagées sont confirmées, la Société des agrégés de l'Université demandera immédiatement une audience au Ministre de l'Éducation nationale et à la Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche pour présenter son point de vue sur ces mesures et discuter de leurs modalités d'application.




Dix principes pour une réforme du lycée (18/02/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université vient d'adresser aux autorités politiques (Président de la République, Premier Ministre, Ministre de l'Éducation nationale, Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche), aux représentants de la Nation (Présidents des Groupes parlementaires, de la Commission des affaires culturelles du Sénat, de la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales de l'Assemblée nationale), ainsi qu'à M. Richard Descoings, chargé de mission sur la réforme du lycée, et M. Benoist Apparu, rapporteur d'une mission d'information, un document intitulé Dix principes pour une réforme du lycée.

   Ce document énonce dix principes sur lesquels devrait se fonder, selon la Société des agrégés de l'Université, une réforme du lycée. Avant d'élaborer une réforme, il convient, en effet, de s'interroger sur la fonction et les fins de l'enseignement délivré par la République.

   Ces dix principes sont les fondements sur lesquels une réforme pourrait être construite dans le respect des valeurs de l'école républicaine.

   Principe n°1
   Toute réforme du lycée doit respecter le principe défini dans le Préambule de la Constitution : « La nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L'organisation de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l'État ».
    L'enseignement relève donc de la Constitution : enseigner est un devoir pour l'État, s'instruire est un droit. Une école qui n'instruirait pas chacun au mieux de ses facultés serait radicalement injuste, l'État faillirait à son devoir.

   Principe n°2
   L'instruction a pour fin de former des citoyens libres et éclairés, de développer l'apprentissage de l'esprit critique, qui se fonde sur une culture générale et des connaissances solides, et de permettre à chacun de construire son avenir.

   Principe n°3
   En conséquence, le lycée doit se donner un double objectif : élever le niveau des connaissances disciplinaires et de culture générale de l'ensemble des élèves ; permettre aux meilleurs de se distinguer selon leurs talents, quel que soit leur milieu d'origine. Le lycée se doit de parvenir à concilier ces deux objectifs.

   Principe n°4
   L'enseignement doit donc être dispensé selon des programmes et des horaires nationaux et le lycée doit être organisé de telle façon que ses structures et son fonctionnement favorisent le progrès commun tout en permettant à chacun, en fonction de ses capacités, de tendre vers l'excellence.

   Principe n°5
   Le lycée doit proposer, à travers une diversité de parcours structurés et également attractifs, des cursus adaptés aux capacités et aux goûts des élèves. Dans cette perspective, le rééquilibrage des sections doit s'effectuer par le haut.

   Principe n°6
   L'enseignement doit transmettre aux élèves l'héritage culturel issu de la tradition humaniste, scientifique et républicaine de notre pays, fondatrice de notre notion de progrès.

   Principe n°7
   La distinction entre connaissances et compétences est artificielle et aboutit à une dévalorisation des connaissances. Une connaissance non assimilée et dont on ne sait faire usage n'en est pas véritablement une. Des compétences peuvent être mécaniquement apprises, alors que les véritables acquisitions impliquent maîtrise et savoir-faire.

   Principe n°8
   La mission du professeur est de transmettre des connaissances. Les autres activités (conseils de classe, aide à l'orientation, concertation, accompagnement des élèves...), indispensables ou fondées sur le volontariat, selon les cas, ne sauraient s'y substituer.

   Principe n°9
   Toute réforme du lycée, pour être lisible et cohérente, doit porter sur l'ensemble du parcours de l'élève, de la Seconde à la Terminale, avec des programmes et des horaires nationaux spécifiques pour chaque année, et définir la nature et les modalités du baccalauréat.

   Principe n°10
   Cet examen doit rester national et ne saurait être remplacé ni par un contrôle continu ni par une validation semestrielle de modules. Il doit sanctionner un niveau de connaissances suffisant pour permettre d'entreprendre des études supérieures avec des chances raisonnables de succès. En conséquence, tout doit être fait pour préserver le baccalauréat national et en garantir la valeur.




Le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs (09/02/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université prend acte des amendements apportés au projet de décret par le Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

   Elle estime que ces modifications, si elles apportent quelques garanties en augmentant le rôle du CNU, ne sauraient apaiser toutes les inquiétudes des enseignants-chercheurs concernant les pouvoirs accordés aux présidents d'université pour les promotions et pour la détermination des services, ainsi que les risques de localisme et de clientélisme - qu'elle avait dénoncés, dès juillet 2007, lors du débat sur la réforme des universités.

   La Société des agrégés de l'Université rappelle également qu'une université n'a pas vocation à devenir une entreprise privée et que les universitaires ne sont pas des « employés de l'université ». Tous les enseignants-chercheurs doivent être à l'abri des pressions et disposer du temps d'autonomie nécessaire pour développer et approfondir leurs recherches et leur enseignement.

   L'évaluation de l'enseignement et de la recherche, pour être légitime, doit offrir des garanties d'impartialité et des possibilités de recours. Quant à la « modulation des services », elle devrait être motivée et effectuée au cas par cas, en fonction de situations particulières et avec l'accord des intéressés, et ne pas devenir un instrument de « sanction » ni de gestion financière pour les universités ; de même, en aucune façon, les professeurs agrégés affectés dans l'enseignement supérieur, oubliés dans le « chantier carrières », ne sauraient être considérés comme des « variables d'ajustement » pour satisfaire aux besoins en enseignement.

   Considérant que le projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs est à juste titre de plus en plus contesté par la communauté universitaire et que certaines des garanties annoncées par le Ministre sont trop fragiles puisqu'elles dépendent d'une modification distincte et incertaine du décret régissant le CNU, la Société des agrégés de l'Université demande le retrait du projet.




Journée d'action interprofessionnelle du jeudi 29 janvier 2009 (27/01/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université, en tant qu'association, n'est pas habilitée à appeler on non à la grève, mais chaque adhérent, en tant que citoyen, a la faculté de s'associer aux actions menées par les organisations syndicales.

   Dans le domaine de l'éducation, la Société des agrégés de l'Université estime que cette grève peut être l'expression de l'inquiétude générale, mais elle constate que si toutes les organisations syndicales réclament une autre politique éducative, elles proposent des solutions souvent contradictoires et, pour certaines, des mesures qui iraient dans le sens de la politique qu'elles prétendent condamner. Elle demande donc aux professeurs d'être vigilants et de ne pas se laisser duper par des revendications et des objectifs qui ne seraient pas les leurs.

   La Société des agrégés de l'Université demande que la réforme du lycée se traduise par un renforcement de la formation et des exigences disciplinaires, indispensable à la réussite dans l'enseignement supérieur, et que les épreuves des concours de recrutement se centrent sur l'évaluation des connaissances disciplinaires qui sont le fondement de la compétence pédagogique. Elle estime qu'un retrait de la réforme du recrutement des professeurs, ainsi que du projet de modification du statut des enseignants-chercheurs, serait une mesure sage qui permettrait de reprendre la discussion d'une façon plus sereine. Elle demande également une revalorisation des traitements accompagnée d'une revalorisation indiciaire, notamment pour les professeurs agrégés, et non des mesures conjoncturelles, comme l'incitation aux heures supplémentaires défiscalisées, d'autant plus que cette mesure est inégalitaire, tous les professeurs n'ayant pas la même possibilité d'y accéder.




La nouvelle organisation des épreuves du baccalauréat (13/01/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   Le Ministre vient d'annoncer que la « politique de reconquête du mois de juin », expérimentée l'an dernier dans quatre académies et deux départements, sera généralisée à l'ensemble des académies. Elle se traduira par un nouveau calendrier pour les procédures d'orientation et d'affectation des élèves, ainsi que par un calendrier plus resserré et retardé pour le baccalauréat. Selon le ministère, les élèves auront en moyenne deux semaines de cours en plus au mois de juin.

   La Société des agrégés de l'Université estime que cette prolongation des cours pourra permettre utilement aux professeurs d'achever leur programme dans de meilleures conditions ou d'utiliser ce temps pour la révision de parties plus difficiles du programme et pour l'entraînement à des exercices.

   Elle demande cependant au ministère de réfléchir aux difficultés supplémentaires créées par une telle organisation pour les professeurs, pour les chefs d'établissement et pour l'ensemble des personnels : gestion des locaux, aménagements des emplois du temps, et, surtout, obligation pour beaucoup de professeurs d'assurer la correction de copies d'examen tout en poursuivant leurs cours dans certaines classes ou en participant à des surveillances.

   Sans doute le Ministre prévoit-il une revalorisation des indemnités servies aux chefs d'établissement et à leurs collaborateurs, ainsi qu'une augmentation du taux de correction des copies. Mais il faut aussi tenir compte du fait qu'en cette période de l'année, la multiplication des tâches des professeurs (orientation, rencontres avec les parents, conseils de classe, cours ?) est particulièrement lourde et que la fatigue engendrée par ces multiples tâches s'ajoute à la tension que nécessitent les corrections.

   C'est pourquoi la Société des agrégés de l'Université invite le Ministre et les Recteurs à se concerter avec les représentants des professeurs pour étudier les mesures propres à favoriser le bon déroulement de cette nouvelle organisation. Les mesures suivantes, qui ne sont pas exhaustives, pourraient être prises :
      - diminuer le nombre de copies attribuées à chaque correcteur, en particulier dans les disciplines où la correction est nécessairement longue, de façon qu'il dispose d'un temps de correction suffisant ;
      - convoquer les professeurs en nombre suffisant ;
      - tenir compte des vœux d'affectation des professeurs dans les centres d'examen ;
      - ménager pour chaque professeur les conditions propices à une correction efficace (pas de regroupements imposés de correcteurs dans un établissement ou dans une même salle, par exemple).

   Le Ministre, les Recteurs, les Inspecteurs pédagogiques régionaux, les Services des examens doivent prendre en compte les réalités objectives du métier d'enseignant auxquelles sont confrontés les correcteurs afin que la « politique de reconquête du mois de juin » soit une réussite et se déroule efficacement dans l'intérêt de tous.




Les vœux de Nicolas Sarkozy aux personnels de l'Éducation nationale : un discours ambigu (13/01/2009) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université regrette que, dans son constat, le Président de la République n'ait pas officiellement dénoncé les politiques éducatives qui, en appauvrissant les exigences et les contenus disciplinaires, sont responsables de l'échec de nombreux étudiants dans l'enseignement supérieur et du déclin de la promotion sociale par l'école. Elle s'interroge sur le sens de la nomination, à la tête d'une nouvelle mission sur la réforme du lycée, d'une personnalité dont le nom est associé à la « discrimination positive ».

   La Société des agrégés de l'Université considère que le Président de la République a livré un propos ambigu dans deux paragraphes contradictoires.

   D'un côté, il déclare, en des termes que la Société des agrégés ne peut qu'approuver : « Nous avons voulu rétablir l'autorité du savoir. L'école n'a pas d'autre mission que de transmettre des connaissances, les plus hautes possibles. En abaissant le niveau d'exigence, on croit progresser vers davantage d'égalité. C'est le contraire qui se produit : on fabrique davantage d'injustice. Les plus fragiles sont en effet maintenus dans leur ignorance, tandis que les plus favorisés, scolarisés dans des établissements d'élites, ou bénéficiant de la culture de leurs parents, apprennent ce que les écoles ordinaires n'enseignent pas ».

   Mais il déclare un peu plus loin : « Si l'on veut véritablement préparer nos jeunes à l'avenir, on ne peut se contenter de travailler sur la transmission des connaissances. Certes, l'émancipation de chaque élève et la formation du citoyen sont des missions premières de l'école. Mais ces missions impliquent que l'école prépare aussi chaque jeune à l'autonomie économique. A juste titre, les jeunes et leurs familles se soucient, davantage encore en période de crise, des conditions d'accès au marché de l'emploi ».

   D'un côté est exprimée la nécessité de favoriser l'accès le plus large au savoir et à la culture : c'est en effet le savoir qui émancipe, donne de l'autonomie, fonde l'esprit critique, est porteur et créateur de compétences et permet de construire, le mieux possible, son avenir.

   L'autre paragraphe laisse entendre qu'il faut développer chez les élèves des compétences qui permettent l'accès à l'emploi, méconnaissant que des compétences peuvent être mécaniquement et artificiellement acquises, mais qu'elles sont bien fragiles et incapables de se renouveler quand elles ne se fondent pas sur un savoir solide et réfléchi.

   Deux conceptions de l'enseignement s'opposent donc : d'un côté, un enseignement qui vise à faire de l'homme un acteur conscient et responsable de la vie économique ; de l'autre, un enseignement qui risque de l'enfermer dans un rôle d'exécutant.

   Le Président de la République a raison de déclarer, à propos de l'enseignement, que « c'est un véritable débat de société qu'il faut engager ». La Société des agrégés de l'Université continuera d'éclairer ce débat et de faire des propositions pour que survive, au vingt-et-unième siècle, dans l'école de la République, l'humanisme qui fait son essence.




Le discours de Nicolas SARKOZY à l'École Polytechnique (18/12/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université a pris connaissance du discours prononcé par le Président de la République, le mercredi 17 décembre 2008, sur le thème de l'égalité des chances et de la diversité.

   La réaffirmation de principes républicains

   La Société des agrégés de l'Université approuve les termes employés par le Président de la République pour réaffirmer la permanence des principes républicains et pour distinguer l'égalité  et  l'égalitarisme « qui est le contraire de la République parce que la République c'est aussi la récompense du mérite, c'est aussi l'élitisme républicain, c'est aussi la récompense de l'effort et du travail ». Elle approuve également l'importance qu'il attribue à l'école car « c'est quand on monte le niveau d'exigence de l'école que la promotion sociale se trouve facilitée et non l'inverse ». Elle regrette cependant que le Président de la République ait omis de reconnaître que la situation actuelle difficile de l'enseignement était due à des politiques éducatives qui, du « collège unique » au « lycée light », ont conduit à l'abandon des véritables fondamentaux et appauvri les contenus disciplinaires ?

   Les solutions préconisées pour faciliter l'accès aux filières d'excellence

   La Société des agrégés de l'Université peut juger utiles des mesures comme « la création de filières d'excellence dans des lycées situés dans des quartiers défavorisés », le « mécanisme du tutorat » ou l'instauration de « classes préparatoires de mise à niveau pour les bons élèves d'établissements situés dans les zones en difficulté ». En revanche, elle demeure opposée à la création de concours parallèles et spécifiques. Elle s'opposerait également à la tentation, évoquée par le Ministère de la Fonction Publique, de minorer les épreuves de culture générale sous prétexte qu'elles seraient discriminantes, ce qui revient à la fois à admettre que la culture est réservée à des « héritiers » socialement privilégiés et à accepter l'échec de l'école qui a précisément pour mission de la partager et de la diffuser largement dans tous les milieux sociaux.

   La véritable solution

   La véritable solution pour favoriser l'égalité des chances et pour développer la diversité sociale dans les grandes écoles et dans l'enseignement supérieur est de favoriser l'accès le plus large au savoir et à la culture. C'est le savoir, en effet, qui émancipe, qui fonde l'esprit critique, qui forme des citoyens libres et éclairés et qui permet de maîtriser, le mieux possible, son avenir.
La Société des agrégés de l'Université estime que la réforme du lycée, qui vient d'être suspendue, n'allait pas dans ce sens et que l'appauvrissement disciplinaire des épreuves du CAPES va également à l'encontre de cet objectif. La Société des agrégés de l'Université demande donc au Président de la République et au Gouvernement de reconsidérer ces deux réformes et de reprendre la réflexion sur des bases conformes aux principes républicains.




Le report de la réforme du lycée : une victoire de la raison (15/12/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université estime raisonnable la décision, annoncée ce matin par le Ministre de l'Éducation nationale, de suspendre la réforme de la Seconde, comme elle l'avait demandé à plusieurs reprises et, tout récemment, lors de l'audience du 4 décembre 2008.

   Les propositions de la Commission Pochard, puis les hypothèses avancées par le Recteur de Gaudemar avaient suscité des inquiétudes largement partagées ; les ambiguïtés idéologiques et pédagogiques de la réforme, les défauts d'information du Ministère ont généralisé l'opposition.

   La Société des agrégés de l'Université estime qu'avant de reprendre les négociations, le Ministre doit définir clairement les objectifs de l'école, c'est-à-dire la fonction et les fins de l'enseignement délivré par la République. Elle contribuera pour sa part à éclairer le débat et à faire des propositions pour faire vivre, au vingt-et-unième siècle, l'école de la République.




L'avenir des IUT (15/12/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université estime que l'attribution d'un budget global aux universités et l'abandon d'un fléchage spécifique des moyens accordés aux IUT peuvent porter préjudice à l'avenir de ces filières technologiques qui ont prouvé leur capacité d'assurer une formation qualifiante débouchant sur des emplois.

   Elle demande au Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche de prendre des dispositions pour garantir l'existence et le développement des IUT au sein des universités autonomes.




Audience auprès de Xavier DARCOS (05/12/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   Une délégation du Bureau de la Société des agrégés de l'Université a été reçue en audience, le jeudi 4 décembre 2008, par le Ministre de l'Éducation nationale, accompagné d'un membre de son Cabinet.

   La Société des agrégés de l'Université a rappelé les analyses et les critiques qui l'ont conduite à condamner la réforme du lycée, telle qu'elle est actuellement conçue : passage de la réforme des programmes de l'école primaire à la réforme du lycée sans réflexion approfondie sur la situation du collège ; modification de la Seconde sans aucune perspective précise sur l'avenir de la Première et de la Terminale ; problèmes pédagogiques et administratifs engendrés par la « modularisation » des enseignements complémentaires et par la semestrialisation, réduction des horaires dans le tronc commun ?

   Le Ministre a défendu la cohérence de sa réforme : retour aux fondamentaux à l'école primaire, socle commun au collège, culture commune en Seconde. Il a particulièrement insisté sur la nécessité d'offrir en Seconde, à chaque élève, un accompagnement personnalisé, sous la forme de trois heures-élève, afin de lutter contre l'échec scolaire et contre le redoublement ou de permettre aux élèves qui n'ont pas de difficultés de pratiquer d'autres types d'activités (approfondissement, travaux interdisciplinaires ?).

   En ce qui concerne les concours de recrutement des professeurs, la Société des agrégés de l'Université a rappelé sa satisfaction de voir l'agrégation maintenue en l'état, mais aussi son opposition à l'infléchissement pédagogique d'une épreuve orale et à l'ajout d'une « épreuve d'entretien avec le jury », actuellement prévus. Elle ne peut accepter non plus la dévalorisation disciplinaire des épreuves du CAPES.

   En outre, la Société des agrégés de l'Université s'interroge sur les objectifs réels de la « mastérisation » des concours : elle estime qu'elle s'explique plus par l'objectif d'une harmonisation européenne et par l'intention de constituer un vivier dans lequel les recteurs et les chefs d'établissement pourraient recruter des contractuels, que par la volonté de rehausser le niveau disciplinaire des candidats et de permettre une revalorisation matérielle des professeurs sur laquelle rien de concret n'est dit.

   La Société des agrégés de l'Université ne saurait non plus accepter que l'action des IUFM, qui assurent actuellement, durant l'année de stage en responsabilité, une formation professionnelle initiale des professeurs pour le moins discutable, notamment dans le domaine des « sciences de l'éducation », soit anticipée et se pratique désormais au sein de masters d'enseignement qui constitueraient un terrain privilégié pour semer des conceptions pédagogiques et didactiques néfastes au détriment des savoirs disciplinaires, qui sont le fondement essentiel de la compétence pédagogique d'un professeur. Elle demande que la formation pratique des professeurs se situe après le concours, sous la forme d'un stage en responsabilité, avec un service réduit, supervisé par des professeurs chevronnés.




Réunion du Comité du 30 novembre 2008 (01/12/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   Le Comité national de la Société des agrégés de l'Université s'est réuni le dimanche 30 novembre 2008 au lycée Henri IV.

   Ses travaux ont porté sur les dossiers d'actualité, notamment la réforme du lycée, le recrutement des futurs professeurs, la révision du statut des enseignants-chercheurs et l'affectation des agrégés.

   Le Comité a adopté des vœux mis en annexe de ce communiqué. Il demande instamment au Ministre de l'Éducation nationale de ne pas cautionner la destruction du lycée républicain et, en conséquence, de suspendre la réforme du lycée. Il demande également que la réforme du recrutement des professeurs soit suspendue, que soit menée une réflexion sérieuse sur la « mastérisation », ainsi que sur ses conséquences, et que soit rétablie la fonction première des concours de recrutement, qui est de sélectionner les plus compétents dans la discipline.

   Ces vœux sont adressés aujourd'hui aux autorités politiques (Président de la République, Premier Ministre, Ministre de l'Éducation nationale, Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche) et aux représentants de la Nation (présidents des groupes parlementaires et des Commissions des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale et du Sénat).






Appel du 8 novembre 2008 (18/11/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université a signé l'Appel du 8 novembre. En effet, des exigences exprimées dans celui-ci lui semblent aller dans le sens de ce qu'elle a toujours demandé, en particulier :

   - le respect du caractère national de tous les concours de recrutement des professeurs pour l'enseignement secondaire avec maintien d'une appréciation collégiale, par un jury national composé de personnes spécialistes des matières concernées, de la valeur des candidats ;
    - le respect de la spécificité disciplinaire de ces concours de recrutement, tant dans leurs épreuves que dans les diplômes requis pour s'y présenter.

   En signant cet Appel, la Société des agrégés de l'Université veut signifier aux Ministères concernés (Éducation nationale, Enseignement supérieur et Recherche) que la réforme des concours de recrutement, telle qu'elle est actuellement conçue, est inacceptable.

   La Société des agrégés de l'Université conserve son autonomie par rapport aux actions qui pourront découler de l'Appel du 8 novembre. Elle soutiendra celles qui viseront à garantir le caractère national et disciplinaire des concours de recrutement et les conditions de leur préparation.

   La Société des agrégés de l'Université rappelle sa position concernant les concours de recrutement :

   - en ce qui concerne l'agrégation,
   - jugeant qu'il n'est pas possible de préparer conjointement et efficacement l'agrégation et un master 2 disciplinaire et de recherche, elle demande à nouveau que la possession de ce diplôme soit exigée pour se présenter à l'agrégation et qu'en conséquence les candidats bénéficient d'une année complète de préparation au concours ;
   - elle demande que les épreuves des agrégations actuelles restent en l'état et que soit supprimée « l'épreuve d'entretien avec le jury » censée « vérifier les connaissances du candidat relatives aux valeurs et aux exigences du service public, au système éducatif et à ses institutions et de manière plus générale à son aptitude à exercer le métier de professeur ». Elle estime que les épreuves, telles qu'elles sont conçues actuellement, notamment à travers la « leçon d'agrégation », permettent déjà aux jurys de vérifier les capacités pédagogiques des candidats.

   - en ce qui concerne le CAPES,
   elle estime que la réduction du nombre d'épreuves dans plusieurs CAPES et, parmi elles, la disparition de certaines épreuves purement disciplinaires, le dénaturent totalement. Elle demande que l'évaluation des compétences disciplinaires ait une part primordiale dans les épreuves du concours, à l'écrit comme à l'oral, et que le master exigé, s'il doit subsister, soit disciplinaire.




Grève du 20 novembre 2008 (17/11/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université, en tant qu'association, n'est pas habilitée à appeler ou non à la grève, mais chaque adhérent, en tant que citoyen, a la faculté de s'associer individuellement aux actions menées par les organisations syndicales, en veillant à ce que des revendications légitimes ne soient pas dévoyées.

   La Société des agrégés de l'Université condamne en particulier la réforme du lycée et la dénaturation des concours de recrutement.




Le « point d'étape » sur la réforme du lycée (22/10/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université a pris connaissance du Point d'étape sur la réforme du lycée, effectué devant la Presse, le 21 octobre, par le Ministre de l'Éducation nationale.

   Elle constate que le discours du Ministre répond à certaines des inquiétudes qu'elle avait exprimées dans son communiqué du 17 octobre :

   - volonté de « protéger [à tout prix] ce qui fait l'essence du lycée républicain » ;

   - maintien de « dominantes clairement identifiées » dans le cycle terminal ;

   - affirmation que la nouvelle organisation du lycée « n'implique pas de réforme du baccalauréat » ;

   - précisions sur l'enseignement technologique.

    Mais ce discours n'apaise aucunement les craintes suscitées par la réduction des horaires disciplinaires et l'organisation modulaire des enseignements :

   - en Seconde, les enseignements généraux de tronc commun auront une durée totale de 21 heures en classe entière, contre 25 heures aujourd'hui - si l'on tient compte de la langue vivante 2 qui sera intégrée dans le tronc commun -, sans bénéficier, comme c'est le cas actuellement pour la plupart des disciplines, de structures d'enseignement en petits groupes ou de dédoublements ;

   - rien n'est dit sur la composition des groupes qui remplaceront les classes ; rien non plus sur l'organisation de « l'accompagnement personnalisé » qui prendra la forme d'un module de trois heures : comment proposer à la fois, en fonction des besoins des élèves, « un soutien scolaire personnalisé, une aide méthodologique, un conseil d'orientation, un travail interdisciplinaire ou, pour ceux qui sont le plus à l'aise, un travail d'expertise » ? Laisser aux établissements la liberté de s'organiser, dans le cadre d'une autonomie accrue, ne pourra qu'accentuer les disparités entre les établissements et entre les élèves.

   La Société des agrégés de l'Université ne « [réclame] pas le statu quo pour le lycée », mais elle estime que ce ne sont pas les prétendues « attentes de la société » qui doivent en fixer les modifications. L'État a le devoir constitutionnel d'organiser l'enseignement et de préparer les élèves à être des citoyens libres et éclairés. L'école de la République ne saurait être ni une école au rabais, ni devenir un libre-service éducatif ; elle ne pourra progresser qu'en renouant avec ses sources, c'est-à-dire en favorisant l'accès le plus large au savoir et en garantissant à ses élèves l'acquisition d'une véritable culture.

   La Société des agrégés estime que c'est dans ce sens que doit se poursuivre le travail de réflexion sur l'organisation des classes de Première et de Terminale.




La réforme du lycée ou la destruction de l'école républicaine (17/10/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   Le Bureau de la Société des agrégés de l'Université, réuni le 11 octobre 2008, a examiné le projet de réforme du lycée à la lumière des documents officiels existants (la « feuille de route » intitulée Points de convergence sur les principes directeurs de la réforme du lycée et le Point de situation publié le 17 juillet) et d'après les informations obtenues lors d'une audience auprès du Recteur Jean-Paul de Gaudemar, le 1er octobre.

   La Société des agrégés condamne le projet de réforme du lycée, tel qu'il est actuellement connu. Elle estime qu'il ne contient aucun élément positif et qu'il contribuerait à accentuer la décadence de l'enseignement secondaire, initiée par la loi Jospin de 1989 et la réforme Allègre de 1999.

   La Société des agrégés dénonce dans ce projet une diminution importante des horaires disciplinaires qui privera les élèves d'enseignements fondamentaux et d'options formatrices. De plus, l'avenir des enseignements technologiques est laissé en suspens.

   L'organisation en modules semestriels, qui concernerait obligatoirement les enseignements complémentaires et sans doute les enseignements communs, aurait de nombreux effets pervers : émiettement des enseignements, concurrence entre les disciplines avec un risque de démagogie, parcours d'initiés ou soumis aux effets de la mode, transformation de l'élève en usager consommateur, appauvrissement culturel, sans compter la complication des emplois du temps, l'anonymat engendré par le système, l'absence de repères pour les élèves et pour leur famille...

   Le Ministère affirme vouloir mieux préparer les élèves à l'enseignement supérieur, oubliant que l'échec dans l'enseignement supérieur provient principalement des carences disciplinaires de beaucoup d'élèves et de la diminution des exigences. Il pratique ainsi une fuite en avant qui contraindra l'enseignement supérieur à pallier davantage encore les défaillances du lycée et aboutira à une dévalorisation des diplômes.

   En prétendant que chaque élève pourra choisir un parcours adapté, le Ministère semble vouloir donner l'illusion de « la réussite pour tous les élèves », alors que cette organisation accentuera les inégalités entre les établissements et entre les élèves. En effet, les familles les mieux informées, appartenant aux milieux socialement et culturellement favorisées, inscriront leurs enfants dans les établissements les plus performants ou trouveront ailleurs un supplément de savoir et de culture. L'autonomie accrue des établissements, loin d'être un facteur de progrès, permettra à l'État de fuir ses responsabilités, pourtant rappelées par la Constitution, en matière d'enseignement.

   Enfin, le baccalauréat subira nécessairement les effets de cette réforme. La structure modulaire conduira à une extension du contrôle continu et à la fin du baccalauréat national. La Société des agrégés dénonce plus généralement dans ce projet de réforme la perversion des valeurs républicaines. L'école doit former des citoyens libres et éclairés. Elle doit donc dispenser à tous, quelles que soient leurs origines, le savoir qui permet d'être un homme libre, capable de jugement critique, et qui donne l'aptitude à un métier. Le projet de réforme du lycée est un projet technocratique et sans âme qui va à l'encontre de ces valeurs.

   La Société des agrégés estime donc que ce projet, tel qu'il est actuellement conçu, est totalement inacceptable. Elle appelle tous les professeurs et tous les parents à le rejeter. Elle demande au Ministre de l'Éducation nationale de rompre avec les inspirateurs de cette réforme, de résister à une vision purement comptable de l'enseignement et de ne pas participer à la destruction de l'école de la République.




Les nouveaux concours de recrutement des professeurs (14/10/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés se réjouit que « les épreuves et programmes des concours de l'agrégation [soient] maintenus en l'état » et que l'agrégation recrute « des professeurs qui sont appelés à enseigner en priorité dans les classes d'examen du lycée, les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), les sections de techniciens supérieurs (STS) et le premier cycle de l'université ». Jugeant cependant qu'il n'est pas possible de préparer conjointement le programme de l'agrégation et un master 2 disciplinaire et de recherche, elle demande à nouveau que ce diplôme soit requis pour se présenter à l'agrégation et que les candidats bénéficient d'une année complète de préparation au concours.

   En revanche, la Société des agrégés dénonce vivement l'infléchissement d'une des épreuves orales actuelles de l'agrégation « dans le sens de l'épreuve orale prenant la forme d'un exercice pédagogique proposée pour les nouveaux concours de recrutement de professeurs » ainsi que l'ajout d'une « épreuve d'entretien avec le jury » censée « vérifier les connaissances du candidat relatives aux valeurs et aux exigences du service public, au système éducatif et à ses institutions et de manière plus générale à son aptitude à exercer le métier de professeur [?] ». Elle estime que les épreuves, telles qu'elles sont conçues actuellement, par exemple à travers la « leçon d'agrégation », permettent déjà aux jurys de déceler les capacités pédagogiques des candidats et que les changements annoncés pervertiraient le concours.

   A fortiori, la Société des agrégés condamne les modifications apportées aux épreuves du CAPES, qui le dénaturent totalement.

   En effet, la réduction du nombre d'épreuves dans plusieurs CAPES, et, parmi ces épreuves, la réduction des épreuves purement disciplinaires, la réduction de la durée de préparation de l'écrit à quelques mois, conduiront inéluctablement à une diminution des exigences scientifiques. De plus, les jurys, en fonction de leur composition, pourront éliminer les candidats qui ne répondront pas au « profil » officiellement attendu. Cela risque de conduire au formatage idéologique et pédagogique des futurs professeurs, à leur normalisation, alors que l'une des richesses du corps enseignant réside dans sa diversité. Une telle conception du recrutement est incompatible avec les principes républicains.

   Enfin, il est scandaleux de vouloir, pour les concours du CAPES, « assurer la prépondérance des épreuves [orales] d'admission » pour « permettre de choisir les candidats les plus aptes à la fonction d'enseignant [?] sur des critères d'ordre  pédagogique et didactique ainsi que sur la connaissance du futur milieu d'exercice ». Dans une telle conception, les savoirs disciplinaires, qui sont le fondement essentiel de la compétence professionnelle des enseignants, se trouvent considérablement rabaissés.

   En outre, cette maquette du CAPES écarte de facto les étudiants qui auront préparé un master disciplinaire et de recherche.

   La Société des agrégés demande au Ministre de l'Éducation nationale de revoir les maquettes des concours pour leur donner un contenu scientifique beaucoup plus important et de remplacer les épreuves qui entraîneraient un recrutement partial des futurs professeurs par des épreuves disciplinaires objectivement évaluées.

   Elle demande également au Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche de n'habiliter, pour tous les concours de recrutement, que des masters qui garantissent les compétences disciplinaires.

   La Société des agrégés appelle toutes les organisations professionnelles, toutes les associations de spécialistes, tous les professeurs, à défendre ensemble le principe et la valeur des concours républicains et à s'opposer à leur dénaturation.




La réforme du lycée (07/10/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   Peut-on concilier les contraintes budgétaires imposées par Bercy et une réforme du lycée pédagogiquement utile et efficace ? C'est le pari hasardeux du Ministère si l'on en juge par ce que l'on connaît actuellement de son projet.

   Dans l'état actuel de ce projet, la Société des agrégés dénonce la disparition, parmi les enseignements généraux en Seconde, des sciences expérimentales (physique-chimie, sciences de la vie et de la Terre) ; elle s'inquiète vivement du sort qui pourrait être réservé aux sciences économiques et sociales, ainsi qu'aux options comme les disciplines artistiques ou les langues anciennes.

   La réforme du lycée, si les orientations actuelles sont confirmées, conduira à un émiettement des savoirs, à une diminution des exigences disciplinaires et à un appauvrissement culturel.

   Les questions posées par la réforme du lycée, auxquelles le Ministre doit répondre prochainement, dépassent le domaine de l'enseignement : c'est une conception de l'homme et de la société qui est en cause. La nécessité de transmettre aux élèves des connaissances variées et organisées, de susciter en eux le goût et la curiosité du savoir, de développer leur esprit critique, ne doit pas s'effacer devant des considérations étroitement budgétaires.

   L'école de la République doit avoir des ambitions humanistes ou elle ne sera plus.




Prix du Concours général 2008 (19/09/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   À l'occasion de sa réunion du 13 septembre 2008, le Bureau de la Société des agrégés de l'Université a étudié le palmarès du Concours général de 2008.

   Afin d'encourager et de promouvoir différentes formes d'excellence, le Bureau a décidé de décerner un prix aux lauréats suivants, qui se sont particulièrement distingués par leurs talents et par leurs mérites :

   Grand prix d'un montant de 1 000 euros :

     - Aleksi MOINE, élève de Première L au lycée Henri IV à Paris, qui a obtenu le 1er prix de thème latin, le 1er prix de version grecque, le 3ème prix de géographie et le 3ème prix de version latine.

   Prix spécial d'un montant de 600 euros :

     - David AMIEL, élève de Première S au lycée Louis-le-Grand à Paris, qui a obtenu le 1er prix d'histoire et le 2ème prix de composition française.

     - Raphaël AUTHIER, élève de Terminale L au lycée Jean Zay à Orléans, qui a obtenu en 2007 le 2ème prix de composition française et le 1er accessit d'histoire et, en 2008, le 2ème prix de dissertation philosophique.

     - Pierrick BOUSSEAU, élève de Terminale S au lycée Van Gogh à Ermont, qui a obtenu le 1er prix de physique-chimie et une mention en dissertation philosophique.

     - Évguénia JELTIKOVA, élève de Première S au lycée Blaise Pascal à Orsay, qui a obtenu le 1er prix de composition française.




L'agrégation et le master (17/09/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés rappelle que, par leur formation et leur qualification, les professeurs agrégés ont vocation à assurer leur service dans les classes de lycée - en particulier dans le cycle terminal -, dans les classes préparatoires aux grandes écoles, dans les sections de techniciens supérieurs et dans les établissements d'enseignement supérieur. Ces fonctions nécessitent de grandes compétences disciplinaires et une aptitude à la recherche. Elle rappelle également que beaucoup d'agrégés entreprennent une thèse après leur succès à l'agrégation, soit qu'ils se destinent aux classes de lycée ou de CPGE, soit qu'ils se destinent à l'enseignement supérieur.

   Ainsi donc, la réforme du recrutement et de la formation des enseignants, actuellement préparée par le Ministre de l'Éducation nationale et par le Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche pour répondre à la décision du Président de la République d'exiger que tous les professeurs soient titulaires d'un master 2, crée plus de problèmes qu'elle n'en résout.

   En ce qui concerne l'agrégation, la Société des agrégés estime dangereux et néfaste le projet d'organiser, la même année, la préparation disciplinaire au concours - dont la durée se rétrécirait ainsi comme une peau de chagrin - et un master 2. Un tel projet conduirait inéluctablement à dénaturer à la fois le concours et le master.

   La Société des agrégés estime donc que, si cette réforme hasardeuse n'était pas abandonnée, un master 2 disciplinaire devrait être requis pour s'inscrire à l'agrégation, qui se passerait alors à bac + 6, et qu'il ne faut en aucun cas porter atteinte ni au nombre ni à la nature des épreuves des concours, qui garantissent la qualité de la sélection et de la formation.




Communiqué de presse du 28 août 2008 (28/08/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés a pris connaissance du discours prononcé par Xavier Darcos, le 28 août 2008, et du dossier de presse consacré à la rentrée scolaire.

   Elle rappelle son accord sur la mise en œuvre des nouveaux programmes d'enseignement de l'école primaire, recentrés sur les fondamentaux, et sur les mesures d'accompagnement éducatif, après la classe, à l'école primaire, au collège et au lycée (aide aux devoirs, études dirigées), sous réserve qu'elles fassent l'objet d'une évaluation objective et que soient résolus les problèmes spécifiques aux zones rurales.

   Elle s'inquiète, en revanche, de ce que le Ministre n'évoque pas l'organisation du collège; elle estime que les nouveaux programmes, qui prendront progressivement effet à partir de la rentrée 2009, ne suffiront pas à en corriger les défauts. Elle s'interroge enfin sur les véritables objectifs du Ministre dans l'élaboration de la réforme du lycée et doute que les objectifs pédagogiques prévalent sur les objectifs budgétaires.

   En ce qui concerne la valorisation du métier d'enseignant, la Société des agrégés approuve l'instauration d'une prime de carrière pour les nouveaux titulaires, mais elle estime que les mesures d'incitation aux heures supplémentaires (exonération de cotisations fiscales et sociales, prime complémentaire de 500 euros pour les professeurs qui accepteront de faire trois heures supplémentaires-année) ne sauraient se substituer à une revalorisation indiciaire des traitements. En effet, ce dispositif est une mesure de politique conjoncturelle dont la durée d'application n'est en rien assurée; de plus, les professeurs n'ont pas un égal accès aux heures supplémentaires, selon leur établissement ou la nature de leur poste ; enfin, il est inadmissible que des postes soient supprimés ou morcelés pour créer artificiellement des heures supplémentaires, alors que les besoins horaires n'ont pas diminué.

   En cette rentrée 2008, la Société des agrégés se fixe trois priorités immédiates :
     - La défense des concours nationaux de recrutement (CAPES et agrégation), avec un nombre de postes important, et du caractère disciplinaire de leurs épreuves. Si les concours, dans leurs épreuves ou leurs modalités, sont dénaturés, elle appellera à la plus large union pour préserver et maintenir la conception des concours qui a fait la force de notre République.
     - Une réforme du lycée qui respecte le principe de programmes et d'horaires nationaux, qui ne conduise pas à une diminution des exigences disciplinaires et qui ne dénature pas la mission essentielle des professeurs, qui est de transmettre le savoir.
     - L'exigence d'une affectation des professeurs agrégés conforme à leur qualification et à leurs compétences.

   La Société des agrégés appelle de nouveau le Ministre de l'Éducation nationale à résister à une vision technocratique et purement comptable de l'enseignement et à faire prévaloir une politique éducative respectueuse des principes de l'école républicaine.




Agrégations de portugais et de russe (24/06/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés proteste vivement contre l'absence de publication des programmes des agrégations de portugais et de russe, qui signifie la suspension de ces agrégations en 2009.

   Elle estime que l'explication du Ministère, selon laquelle les professeurs sont en surnombre dans ces disciplines, relève d'une vision comptable à courte vue. En effet, cette mesure ne pourra que freiner davantage le développement de ces langues.

   La Société des agrégés demande le rétablissement des agrégations de russe et de portugais pour la session 2009, d'autant plus que le nombre minime des postes offerts (2 postes dans chaque discipline) ne saurait grever le Budget de l'État. Elle demande que, parallèlement, soient développées les offres d'enseignement de ces deux langues dont l'importance dans le contexte international est incontestable.




Assemblée générale de la Société des agrégés (09/06/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   L'Assemblée générale de la Société des agrégés de l'Université s'est tenue le dimanche 8 juin 2008, au lycée Henri IV à Paris.

   Au cours de cette réunion, Jean-Michel LÉOST, agrégé de lettres classiques, a été réélu à l'unanimité Président de la Société des agrégés.

   Dans son rapport moral, Jean-Michel LÉOST a déclaré que défendre l'enseignement était un devoir politique au sens le plus noble du terme. Il a défini ce que devait être l'ambition de la Société des agrégés : faire vivre, dans l'école du XXIème siècle, les grands principes de l'école républicaine, rechercher et proposer les modalités permettant de les appliquer dans un monde en évolution.

   Les travaux de l'Assemblée générale ont porté en particulier sur les concours de recrutement des professeurs (Capes et agrégation) et sur le projet de réforme du lycée.

   L'Assemblée générale a réaffirmé son attachement aux principes du recrutement des professeurs par des concours nationaux disciplinaires et de l'attribution d'un poste par l'État à tout lauréat d'un concours après sa titularisation. Elle a mandaté le Bureau pour décider de toute action qu'il jugera utile pour défendre les concours nationaux, pour s'opposer à la dénaturation de leurs exigences disciplinaires ou de leurs modalités, pour réaliser la plus large union de tous ceux qui veulent préserver et maintenir ce principe républicain.

   En ce qui concerne le projet de réforme du lycée, l'Assemblée générale y décèle avant tout un objectif budgétaire imposé par la RGPP (révision générale des politiques publiques). Elle craint que cette réforme n'accentue les disparités entre les établissements et les inégalités entre les élèves. Elle entend participer activement au débat qui s'ouvre à ce sujet.




Le projet de réforme du lycée (06/06/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   Sans préjuger des conditions de la mise en œuvre de la réforme du lycée annoncée par le Président de la République, la Société des agrégés dénonce l'ambiguïté de ses objectifs.

   Elle doute que la liberté plus grande donnée au lycéen de construire son parcours, « un parcours qui lui ressemble », selon la formule du Président de la République, soit la meilleure façon de le former intellectuellement et de lui garantir la poursuite d'études dans l'enseignement supérieur.

   En effet, l'échec de nombreux étudiants à l'université provient de l'insuffisance et de la fragilité des connaissances acquises au lycée et c'est sur ce point qu'il conviendrait d'agir prioritairement. La diminution des heures de cours au profit d'autres « situations éducatives » ne semble guère pouvoir remédier à ce manque et risque au contraire de l'aggraver ou de créer de grandes disparités selon les projets d'établissements. Certains y verront le moyen de laisser les lycéens « construire leur savoir » eux-mêmes, avec toutes les dérives connues ; d'autres y trouveront la possibilité d'un retour aux exercices fondamentaux et formateurs qui ont prouvé leur efficacité.

   La Société des agrégés craint que cette réforme, dont les objectifs budgétaires sont manifestes, ne produise encore plus d'inégalités et qu'en ayant la prétention de mieux y préparer, elle ne contraigne à secondariser l'enseignement supérieur et, pour satisfaire à la culture des résultats, à pratiquer une fuite en avant et à accorder aux étudiants des licences dévalorisées.




Les grèves dans l'Éducation nationale (13/05/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés, en tant qu'association, n'est pas habilitée à appeler ou non à la grève, mais chaque adhérent, en tant que citoyen, a la faculté de s'associer individuellement aux actions menées par les syndicats en veillant à ce que des revendications légitimes ne soient pas dévoyées. Elle met en garde en particulier contre une vision simpliste et manichéenne de la situation ou contre la tentation, chez certaines organisations, d'utiliser le malaise engendré par les suppressions de postes pour obtenir du Ministre en contrepartie qu'il abandonne la réforme des programmes de l'école primaire, qui constitue pourtant un progrès incontestable (cf. communiqués de presse du 22 février et du 11 mars 2008).

   La Société des agrégés appelle le Président de la République à assouplir la politique de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant pour la retraite. Une telle politique ne peut en effet conduire, dans l'Éducation nationale, qu'à une diminution draconienne des heures de cours et au recrutement de contractuels au détriment du recrutement par concours.

   Elle considère, d'autre part, que la défiscalisation des heures supplémentaires ne saurait se substituer à une revalorisation indiciaire des traitements, d'autant plus que les professeurs n'ont pas un égal accès à ce dispositif. De plus, il n'est pas acceptable, ni humainement ni pédagogiquement, que des heures supplémentaires soient artificiellement créées et que des professeurs voient, dans certains établissements, leur poste supprimé alors que les besoins horaires n'ont pas diminué.

   La Société des agrégés propose au Gouvernement deux mesures qui permettraient à l'État de réaliser de substantielles économies budgétaires et d'améliorer l'accompagnement individuel des élèves à l'école primaire et au collège :
   - supprimer la réduction d'impôt pour les cours particuliers à domicile, réduction qui revient à subventionner des officines commerciales privées ;
   - supprimer les IUFM, au fonctionnement dispendieux et inadapté, qui n'ont pas réussi à assurer une formation professionnelle satisfaisante et qui constituent une source importante de gaspillage de l'argent public.




Les suppressions de postes dans l'Éducation nationale (09/04/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés constate que Bercy cherche à imposer au Ministère de l'Éducation nationale une vision exclusivement budgétaire de l'enseignement. Elle estime que s'il est du devoir d'un gouvernement, quel qu'il soit, de gérer au mieux l'argent de l'État, qui est celui des contribuables, il ne saurait le faire autrement que dans l'équité et dans la transparence.

   La Société des agrégés condamne particulièrement les suppressions de postes effectuées dans certains établissements, alors que les besoins horaires n'ont pas diminué, pour créer artificiellement des heures supplémentaires. Elle rappelle que le recours aux heures supplémentaires doit rester dans des limites raisonnables pour ne pas nuire à la qualité de l'enseignement, et être organisé sur la base du volontariat.

   La Société des agrégés estime, en revanche, qu'il n'est pas admissible que des élèves, souvent avec l'assentiment ou le soutien d'adultes, bloquent ou perturbent certains établissements, empêchant le déroulement normal des cours.

   La Société des agrégés désapprouve également les organisations qui seraient tentées d'utiliser le malaise engendré par les suppressions de postes pour obtenir en contrepartie du Ministre qu'il mette en oeuvre les réformes pédagogiques ou statutaires qu'elles prônent, ou qu'il renonce à la refonte des programmes de l'école primaire.




Analyse critique du rapport Pochard (17/03/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université vient d'adresser au Président de la République, au Premier Ministre, au Ministre de l'Éducation nationale, au Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, aux Présidents et aux Vice-présidents des commissions concernées du Sénat et de l'Assemblée Nationale, ainsi qu'aux Présidents des Groupes parlementaires, une analyse critique du Livre vert élaboré par la Commission sur l'évolution du métier d'enseignant présidée par M. Marcel Pochard.

   Cette analyse critique, après avoir dénoncé les erreurs de méthode, le manque de rigueur et le parti pris de la commission, qui affaiblissent sans conteste la portée de ses propositions, revient sur les grands thèmes abordés dans le Livre vert : l'autonomie des établissements, la mission des professeurs, l'annualisation des services et le recrutement des professeurs.

   La Société des agrégés estime que l'autonomie, loin d'être un facteur de progrès, accentuerait les disparités entre les établissements et entre les connaissances apportées aux élèves, au détriment de ceux qui en ont le plus besoin.

   La Société des agrégés dénonce l'obsession des rapporteurs pour le travail collectif des professeurs, présenté sans aucune démonstration de son efficacité comme un impératif, et elle exige que la liberté pédagogique de l'enseignant, inscrite dans la Loi d'orientation pour l'avenir de l'école de 2005, puisse s'exercer concrètement.

   La Société des agrégés estime, contrairement à la commission Pochard, que la seule mission des professeurs est d'instruire leurs élèves, les autres activités, comme les conseils de classe, l'aide à l'orientation, la concertation, l'accompagnement des élèves..., ne faisant que contribuer à la réalisation de cette mission.

   La Société des agrégés réaffirme enfin son attachement au principe du recrutement des professeurs par des concours nationaux et à l'attribution d'un poste par l'État à tout lauréat d'un concours après sa titularisation. Elle déclare que si le Gouvernement tente de supprimer les concours ou s'il les dénature, elle appellera à la plus large union pour obtenir le maintien de cette procédure de recrutement, la seule qui soit conforme aux principes de la République.

   La Société des agrégés de l'Université appelle le Ministre de l'Éducation nationale à prendre ses distances avec le rapport Pochard et à s'engager sur une autre voie afin de restaurer l'école de la République.

L'ensemble de cette analyse est consultable sur le site www.societedesagreges.net.




École primaire : le retour aux fondamentaux (11/03/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés rappelle qu'elle a approuvé les grandes orientations des nouveaux programmes de l'école primaire (cf. communiqué de presse du 22 février 2008). En effet, en recentrant l'école primaire sur les fondamentaux - la lecture, l'écriture et le calcul -, en réaffirmant également la valeur de l'ordre chronologique en histoire et l'intérêt de la géographie de la France dans un cadre européen et mondial, le ministre de l'Éducation nationale a souligné que le devoir de la République est de transmettre à chaque enfant, d'une manière efficace, le savoir qui lui permet de devenir un citoyen libre et éclairé.

   La Société des agrégés a, d'autre part, pris connaissance de l'article publié dans Le Nouvel Observateur du 13 mars, sous le titre « Non aux nouveaux programmes de l'école primaire ! », et signé de deux anciens ministres de l'Éducation nationale. Elle s'étonne du caractère tendancieux et grossièrement polémique de cet article. Ainsi, des deux pages consacrées dans le Bulletin Officiel au programme de français en CE2, CM1 et CM2 (p. 13, 14), les deux signataires ne retiennent qu'un élément, tronqué de surcroît1, de la synthèse finale : « orthographier [correctement] un texte simple de dix lignes [ - ] lors de sa rédaction ou de sa dictée [ - en se référant aux règles connues d'orthographe et de grammaire ainsi qu'à la connaissance du vocabulaire] » en feignant de comprendre qu'il s'agit de « savoir tout juste écrire dix lignes sous la dictée » - ce qui, au demeurant, serait déjà un grand progrès si l'on en juge par les résultats d'évaluations récentes.

   La Société des agrégés s'étonne également du flot d'insultes déversé par les deux anciens ministres contre le ministre actuel - « mensonge », « épaisses ficelles », « arrogance », « lubies pédagogiques », « vide abyssal », « populisme scolaire » -, lexique dont ils ne peuvent ignorer les connotations.

   En écrivant enfin que « s'il suffisait d'être réactionnaire pour être génial, cela se saurait », les deux anciens ministres croient disqualifier définitivement les rédacteurs des programmes et tous ceux qui préconisent un retour aux fondamentaux, oubliant que les programmes précédents ont fait la preuve de leur inefficacité, voire de leur nocivité, et que ce n'est pas contribuer au progrès que de persévérer dans l'erreur.

   La Société des agrégés estime que si les nouveaux programmes de l'école primaire - qui sont actuellement un « projet soumis à consultation » - peuvent encore être améliorés, le recentrage sur les fondamentaux constitue un progrès incontestable. Elle appelle le ministre de l'Éducation nationale à mettre en oeuvre ces programmes dès la rentrée 2008.


1 : Nous avons rétabli entre crochets la phrase complète figurant dans le programme.




Les nouveaux programmes de l'école primaire (22/02/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés approuve la formulation des orientations énoncées par le Président de la République, le vendredi 15 février 2008 à Périgueux, et par le Ministre de l'Éducation nationale, lors de la présentation à la presse, le mercredi 20 février, des nouveaux programmes de l'école primaire.

   En déclarant que l'école primaire doit « [consacrer] à nouveau l'autorité du savoir - en partant de celle du maître, l'autorité du maître qui est le dépositaire du savoir », en rappelant que « c'est le savoir qui est au centre de la classe », le Président de la République revient à une conception de l'enseignement dont l'oubli a provoqué tant de dégâts.

   En déclarant que « l'école primaire doit rester garante de l'idéal républicain : permettre à chaque enfant de devenir, par l'instruction, un citoyen libre et éclairé », en recentrant l'école primaire sur les fondamentaux - la lecture, l'écriture et le calcul -, en réaffirmant également la valeur de l'ordre chronologique en histoire et l'intérêt de la géographie de la France dans un cadre européen et mondial, le Ministre de l'Éducation nationale souligne que le devoir de la République est de transmettre à chacun le savoir qui permet d'acquérir la liberté de pensée et l'esprit critique, qui ouvre des possibilités de promotion personnelle et sociale, et de ne pas réserver le patrimoine culturel aux seuls « héritiers ».

   La Société des agrégés estime que de telles orientations ne sont pas un retour à des conceptions passéistes mais un retour au bon sens qui n'a pas d'âge.

   Mais ces intentions déclarées doivent se traduire en actes concrets, à commencer par une formation disciplinaire des professeurs des écoles adaptée à ces objectifs et une augmentation réelle des heures consacrées aux fondamentaux, avec des programmes exigeants. La Société des agrégés estime que la réduction des horaires obligatoires (24 heures au lieu de 26) risque de contrecarrer ces intentions.

   Elle constate, d'autre part, que les principes qui président à ces nouveaux programmes vont à l'encontre de la pensée pédagogique dominante dans l'enseignement et souhaite donc que le Ministre en tire toutes les conséquences dans le Livre blanc en cours d'élaboration après les conclusions du rapport Pochard.




Sur la garde à vue d'un professeur (11/02/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés estime que le placement en garde à vue d'un professeur est sans commune mesure avec le fait d'avoir giflé un élève de sixième qui lui avait manqué de respect et l'avait insulté.

   Elle apprécie que le Ministre de l'Éducation nationale ait manifesté son soutien aux enseignants victimes de violences et que l'élève ait été sanctionné. Elle estime que le recteur de l'académie de Lille ne doit prendre aucune sanction à l'égard de ce professeur.

   Elle souhaite que le Ministre incite les chefs d'établissement, les inspecteurs d'académie et les recteurs à soutenir tous les personnels, moralement et juridiquement, chaque fois qu'ils sont victimes de violences physiques ou verbales.

   Selon la Constitution, « l'organisation de l'enseignement public, gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l'État ». C'est aussi le devoir de l'État d'organiser les conditions qui permettent aux professeurs d'enseigner et aux élèves de travailler dans la sérénité.




Sur le rapport Pochard (11/02/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   Le Bureau de la Société des agrégés, réuni le 9 février 2008, a examiné le Livre vert sur l'évolution du métier d'enseignant, officiellement remis au Ministre de l'Éducation nationale le lundi 4 février.

   Sur la forme, la Société des agrégés s'étonne qu'un rapport qui prétend ouvrir des perspectives nouvelles pour l'amélioration de l'enseignement et pour la réussite de tous les élèves contienne autant de fautes de français et des erreurs grossières : ainsi, le rapport indique que le recrutement actuel des enseignants se fait au niveau bac + 3 (p.41) ; il ignore que les heures supplémentaires annuelles dans le second degré ne sont rémunérées que pendant 9 mois (p.49); il appelle tendancieusement « heures supplémentaires effectives » les heures de suppléance éventuelle (p.50) ; il croit que la hors-classe a été créée dans le cadre des accords Durafour (p.91) ; il procède à un détournement de la nature des IPES (p.188).

   Sur le fond, la Société des agrégés constate que les grandes orientations de la commission Pochard n'apportent, pour l'essentiel, aucun renouvellement dans la réflexion sur le métier d'enseignant et se contentent de s'inspirer des rapports précédents, comme le Rapport Joxe de 1972, le Rapport Thélot de 2004, voire les propres rapports de M. Marcel Pochard. Elle constate également, d'après les enregistrements des auditions diffusés sur le site du Ministère, d'une part, que les questions récurrentes (annualisation des services, autonomie des établissements, missions des professeurs, recrutement, bivalence...) devançaient les conclusions du rapport, d'autre part, que les propos qui correspondaient aux attentes de la commission ou qui allaient dans le sens des conclusions du rapport maintenant connues étaient manifestement mieux accueillies que les interventions de ceux qui défendaient les principes d'une école républicaine.

   La Société des agrégés estime donc que la commission, dans son rapport, échappe rarement aux préjugés et aux modes pédagogiques qui paralysent depuis tant d'années la réflexion sur l'enseignement et que ce n'est donc pas « en toute liberté » qu'elle explore « l'éventail des scénarios possibles ».

Autonomie des établissements
   La Société des agrégés constate que si la commission Pochard ne conteste pas que l'État doive conserver la maîtrise des contenus et des diplômes, elle envisage de laisser aux établissements le soin de décider librement des compléments ou des approfondissements à apporter aux élèves, au-delà d'un socle commun minimal, ce qui va à l'encontre de l'égalité de chacun devant l'accès au savoir et accentuerait les disparités entre les établissements.

   De plus, l'annualisation du temps de travail des professeurs, voire l'annualisation des horaires disciplinaires pour les élèves, auraient pour conséquences de désorganiser le travail des professeurs, de désorganiser l'enseignement des élèves qui ont besoin d'horaires réguliers, et de désorganiser la vie des familles.


Mission des professeurs
   La Société des agrégés estime que la mission essentielle des professeurs est d'instruire les élèves et que leurs obligations de service doivent être définies exclusivement en heures d'enseignement. Les autres tâches (conseils de classe, aide à l'orientation, concertation, accompagnement des élèves...), obligatoires ou fondées sur le volontariat, selon les cas, doivent être rémunérées sous forme de décharge de service, d'indemnités ou d'heures supplémentaires. Aussi nécessaires soient-elles, elles ne doivent pas constituer une « mission » des professeurs, dont la vocation est d'instruire.

Recrutement des professeurs
   Si le rapport reconnaît que les IUFM n'ont pas réussi à assurer une formation professionnelle satisfaisante, les deux scénarios envisagés pour la formation et le recrutement des professeurs sont également inacceptables. En simplifiant, en réduisant, en professionnalisant les épreuves des concours nationaux, en développant la bivalence par des CAPES bivalents ou par des mentions complémentaires, on procèderait à une dénaturation complète des concours qui ne garantiraient plus les compétences disciplinaires ni l'égale qualité des professeurs sur tout le territoire national. En rompant avec le système des concours nationaux, fondamental dans une République, en adoptant le modèle simultané de formation disciplinaire et professionnelle, en recrutant au niveau du master par des concours atrophiés ou par des procédures de qualification ou, pire encore, sur la base de candidatures individuelles, on aboutirait à une dégradation de la qualité des professeurs, à un modelage pédagogique contraignant et réducteur, à une sorte de privatisation de l'enseignement, incompatibles avec les exigences de l'idéal républicain.

   La Société des agrégés prend acte que, selon le Ministre, ce rapport n'engage pas le Gouvernement. Elle appelle le Ministre de l'Éducation nationale à prendre ses distances avec ce rapport et à faire du Livre blanc un ensemble de propositions qui permettent à la fois de garantir les compétences disciplinaires des professeurs, la qualité de l'instruction, la reconnaissance sociale des professeurs, qui restaurent l'autorité du savoir et du maître qui dispense ce savoir, et qui redonnent aux professeurs, aux élèves et aux familles confiance dans un enseignement républicain.




Sur le rapport Attali (28/01/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés dénonce la prétention et l'arrogance des rédacteurs du Rapport de la Commission pour la libération de la croissance française : il est inadmissible que des experts, aussi éminents soient-ils, sortent de leur rôle de conseillers et exercent une pression sur les autorités politiques en déclarant (p.20) que « [la réforme] ne peut aboutir que si le président de la République et le Premier ministre approuvent pleinement les conclusions de ce rapport, le soutiennent publiquement, dès maintenant, personnellement et durablement, en fixant à chaque ministre des missions précises ».

   La Société des agrégés appelle le Président de la République, le Gouvernement et le Parlement à considérer ce rapport, non pas comme un programme de gouvernement, à prendre ou à laisser en l'état, mais comme une série de propositions entre lesquelles ils sont invités à choisir celles qui leur paraissent les plus opportunes.

   La Société des agrégés constate, d'autre part, les visées exclusivement économiques des rapporteurs. Cet impérialisme de l'économique, qui consiste à tout subordonner au rendement et à la productivité, se retrouve dans la plupart des « décisions » présentées dans le rapport, y compris dans le domaine de l'enseignement. Elles ne recherchent que l'intégration des élèves dans un système économique, comme le montre «  l'ambition 1 : préparer la jeunesse à l'économie du savoir et à la prise de risque » (p.14). La Société des agrégés estime que s'il est nécessaire de donner à tous les élèves et à tous les étudiants les connaissances et les compétences qui leur permettront de trouver un emploi et de participer ainsi au développement économique de la France, il faut aussi mettre au coeur de l'enseignement, comme objectifs prioritaires, la qualité des apprentissages fondamentaux, la formation de l'esprit, du jugement critique, au service d'une pensée qui sache s'affranchir des modes et des préjugés : le devoir de l'école républicaine doit demeurer de former des citoyens responsables et éclairés. Dans ce domaine, le politique doit primer sur l'économique et l'humanisme dans le politique. Une « politique de civilisation » ne peut se satisfaire d'une vision abusivement économique de l'homme et du monde.

   La Société des agrégés publiera dans sa revue L'Agrégation une analyse des principales mesures préconisées par le Rapport Attali en ce qui concerne l'enseignement. Dès à présent, elle dénonce certaines «  décisions » aberrantes ou dangereuses. Ainsi, il est démagogique et irresponsable de déclarer que l'évaluation des professeurs dans l'enseignement secondaire doit, concurremment avec l'inspection, «  reposer sur une évaluation de leur pédagogie par leurs élèves » (p.28). Il est faux de prétendre que « l'orientation des élèves dans l'enseignement secondaire et le recrutement dans le supérieur restent concentrés sur des critères purement académiques (carnet de notes, capacité à apprendre par cœur des connaissances et à les restituer, etc.) », comme si les professeurs ne prenaient pas déjà en compte leurs « résultats dans la durée », « l'ensemble de leurs aptitudes », leur «  créativité », leur « dynamisme », leurs « dons particuliers » (p.29). Enfin, la constitution par « une liste de recrutement national » d'un «  vivier » où « les établissements puiseront pour embaucher leurs professeurs » (p.27), dans le cadre d'une autonomie accrue, est une mesure qui engendrerait d'importantes disparités, qui irait à l'encontre du devoir constitutionnel de l'État - « l'organisation de l'enseignement public, gratuit et laïque à tous les degrés » - et qui mettrait en péril le principe républicain de l'égal accès de tous aux emplois publics à partir du moment où ils démontrent, par la réussite à des concours nationaux, leur capacité à les occuper.




Grève du 24 janvier 2008 (21/01/2008) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés constate que la situation matérielle des professeurs ne cesse de se détériorer chaque année. Les mesures d'avancement individuelles ne sauraient se substituer à une revalorisation indiciaire - contrairement aux calculs des gouvernements successifs depuis 1983 -, d'autant plus que de nombreux professeurs n'ont plus de possibilités d'avancement et que les agrégés ont été exclus du bénéfice de la prime de sommet de grade. En outre, les professeurs agrégés, les professeurs de chaire supérieure, les professeurs des universités ont été spécifiquement exclus de toute revalorisation indiciaire depuis 35 ans.

   La défiscalisation des heures supplémentaires ne saurait être non plus la panacée : en effet, tous les professeurs n'ont pas un égal accès aux heures supplémentaires dans le cadre de leur activité principale et les travaux supplémentaires effectués hors de ce cadre ou dans d'autres établissements ne sont pas concernés par ce dispositif.

   La Société des agrégés appelle le Gouvernement à prendre des mesures permettant une revalorisation réelle des traitements des professeurs. Elle réclame la revalorisation indiciaire de l'échelle de traitement des professeurs agrégés, des professeurs de chaire supérieure et des enseignants-chercheurs.

   La Société des agrégés, en tant qu'association, n'est pas habilitée à appeler ou non à la grève, mais chaque adhérent, en tant que citoyen, a la faculté de s'associer individuellement aux actions menées par les syndicats en veillant à ce que les intérêts légitimes des professeurs agrégés soient clairement respectés par les mots d'ordre et que des revendications légitimes ne soient pas dévoyées.




Postes aux concours de l'agrégation et du CAPES 2008 (21/12/2007) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La diminution du nombre de postes offerts aux concours externes du CAPES (-978, -16,2%) et de l'agrégation (-198, -13,7%) apporte la confirmation inacceptable des annonces gouvernementales. De plus, cette publication tardive, moins de trois mois avant le début des épreuves, n'a pu que susciter l'inquiétude des candidats sur l'avenir des concours et sur leur propre avenir.

   La Société des agrégés de l'Université craint que la diminution des postes ne détourne des étudiants compétents d'études aux débouchés incertains et réclame la publication d'un plan pluriannuel de recrutement.

   La Société des agrégés craint surtout que la politique de non-remplacement d'une partie des fonctionnaires partant pour la retraite, si elle est poursuivie dans l'Éducation nationale les prochaines années, ne conduise à l'étouffement du recrutement par concours nationaux. En effet, l'incitation aux heures supplémentaires, la « rationalisation » des options ni même la réduction des heures de cours, préconisée par la Commission d'audit sur la RGPP (Révision générale des politiques publiques), ne pourraient suffire à compenser une diminution importante du nombre de professeurs. Le Gouvernement pourrait être alors tenté, pour diminuer le nombre de fonctionnaires, de remplacer le recrutement des professeurs par concours nationaux par l'embauche de contractuels de droit privé, au niveau local, sans le préalable des concours.

   La Société des agrégés appelle le Ministre de l'Éducation nationale à résister à la vision technocratique et purement budgétaire de l'enseignement et à faire prévaloir la vision d'une politique éducative respectueuse des fondements d'un enseignement républicain.

   Elle réaffirme son attachement indéfectible aux principes du recrutement des professeurs par des concours nationaux et de l'attribution d'un poste par l'État à tout lauréat d'un concours après sa titularisation. Elle s'opposera résolument à tout projet de recruter des professeurs selon des principes différents.




Réunion du Comité du 25 novembre 2007 (26/11/2007) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   Le Comité de la Société des agrégés de l'Université, réuni à Paris le dimanche 25 novembre, a examiné les dossiers d'actualité de l'enseignement secondaire et de l'enseignement supérieur.

   Il rappelle ses réserves et ses critiques contre de nombreux aspects de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités, portant en particulier sur l'autonomie, sur les pouvoirs excessifs des présidents et sur la possibilité de recruter des contractuels.

   Inquiet de certains propos officiels sur la fonction publique, le Comité réaffirme son attachement aux concours nationaux, moyen le plus républicain de recruter des professeurs compétents, et à l'attribution d'un poste par l'état à tout lauréat de l'agrégation ou du CAPES après sa titularisation. Il s'oppose à toute modalité différente, en particulier à la contractualisation, qui transformerait en un métier occasionnel une profession qui doit être avant tout considérée comme une mission, voire une vocation.

   Le Comité dénonce, d'autre part, le gâchis scandaleux des compétences que constitue l'affectation contre leur gré de nombreux agrégés en collège et demande au Ministre de favoriser, dès cette année, leur affectation en lycée par des mesures efficaces. Sur ce sujet, une pétition a été mise en ligne sur le site de la Société des agrégés (http://www.societedesagreges.net), pétition qui s'adresse à tous ceux qui estiment qu'il est dans l'intérêt du service public de l'Éducation nationale que les agrégés obtiennent des affectations conformes à leur qualification et à leurs compétences.




Grève du 20 novembre 2007 (19/11/2007) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université, en tant qu'association, n'est pas habilitée à appeler ou non à la grève, mais ses adhérents, en tant que citoyens, ont la faculté de s'associer individuellement aux actions menées par les syndicats en veillant à ce que les intérêts légitimes des professeurs agrégés soient clairement respectés par les mots d'ordre et que des revendications légitimes ne soient pas dévoyées.




Blocage de certaines universités (19/11/2007) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   La Société des agrégés de l'Université estime que, quelles que soient les inquiétudes légitimes que peut susciter la loi relative aux libertés et responsabilités des universités, inquiétudes qu'elle a exprimées dès le mois de juillet, il n'est pas acceptable que des étudiants bloquent certaines universités et cherchent à imposer leur volonté aux étudiants et aux professeurs qui souhaitent exercer leur droit imprescriptible d'étudier et d'enseigner.




Projet de réforme de la fonction publique (25/09/2007) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   Le Bureau de la Société des agrégés de l'Université a examiné le texte de l'allocution que M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, a prononcée à Nantes, le mercredi 19 septembre 2007, à l'occasion de la visite de l'Institut Régional d'Administration (IRA).

   La Société des agrégés s'étonne que le dispositif prévu pour conduire la réforme de la fonction publique ne fasse aucunement mention de la représentation parlementaire qui, sur un sujet de pareille importance, devrait être partie prenante.

   D'autre part, si cette déclaration souligne les mérites, la conscience professionnelle, la difficulté de la tâche quotidienne des fonctionnaires, elle apparaît, dans son ensemble, comme la volonté de remettre profondément en cause l'organisation actuelle du service public, en l'alignant progressivement, par la référence à l'individualisation des statuts et des rémunérations ainsi qu'à la recherche de la productivité, sur les conditions du secteur privé auquel le service public - et en particulier l'Éducation nationale - ne peut être assimilé.

   La Société des agrégés craint, d'autre part, que cette déclaration ne crée artificiellement une fracture entre les jeunes fonctionnaires qui seraient « les plus à même d'incarner [le] renouveau et de le provoquer » et les plus anciens implicitement et injustement présentés comme immobilistes.

   La Société des agrégés s'indigne que certaines formules de ce discours laissent entendre que le service public serait source de fraude ou que soit évoquée la possibilité de quitter la fonction publique contre un « pécule », terme dont chacun sait qu'il désigne notamment une somme versée à un détenu à sa sortie de prison.

   La Société des agrégés s'indigne également des attaques lancées contre les concours. En effet, les concours nationaux sont la mise en œuvre des valeurs de la République et la garantie, par excellence, de l'accessibilité de tous, nés libres et égaux en droits, à tous les emplois publics, selon leurs seules vertus et leurs seuls talents, conformément au Préambule de notre Constitution. Elle estime que le « choix » laissé « aux nouveaux entrants entre le statut de fonctionnaire ou un contrat privé négocié de gré à gré » constituerait les prémisses d'un désengagement de l'État de ses responsabilités essentielles.

   La Société des agrégés s'inquiète de la formule « remise à plat des programmes et des horaires » qui ne dévoile en rien les intentions du Président de la République sur un sujet aussi essentiel que l'avenir de l'école, d'autant plus qu'elle est associée à l'objectif, qui n'a rien de pédagogique, de « diminution des effectifs de l'Éducation nationale ».

   En ce qui concerne le mérite, la Société des agrégés tient à rappeler que le mérite d'un professeur agrégé consiste d'abord en sa compétence vérifiée par le succès au concours de l'agrégation et qu'il est ensuite noté par l'inspection pédagogique et par sa hiérarchie administrative. Des progrès peuvent être sans doute faits dans cette évaluation, mais la Société des agrégés ne saurait accepter que, sous le prétexte de mieux évaluer le mérite des professeurs, soient instaurés des critères en réalité subjectifs. Enfin, pour récompenser le mérite, il conviendrait d'attribuer à tous les professeurs agrégés des postes conformes à leurs compétences car l'État est, dans ce domaine, responsable d'un gâchis scandaleux.




Communiqué de presse sur le concours général (12/09/2007) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   À l'occasion de sa réunion du 8 septembre 2007, le Bureau de la Société des agrégés de l'Université a étudié le palmarès du Concours général de 2007.

   Afin d'encourager et de promouvoir différentes formes d'excellence, le Bureau a décidé de décerner un prix aux lauréats suivants, qui se sont particulièrement distingués par leurs talents et par leurs mérites :

Grand prix d'un montant de 1 600 euros :
- Alexis OLLIVIER, élève de Première S au lycée Stanislas de Paris, qui a obtenu le 1er prix de thème latin, le 1er prix de version latine, le 1er prix de version grecque et le 3ème prix de composition française.

Prix spécial d'un montant de 800 euros :
- Imad AMRI, élève de Terminale STL (physique de laboratoire) au lycée général et technique Les Catalins de Montélimar, qui a obtenu le 1er prix de physique de laboratoire et de procédés industriels.

- Gabriel BULIK, élève de Terminale L au lycée Benjamin Franklin d'Auray, qui a obtenu en 2006 et en 2007 le 1er prix d'Arts plastiques.

- Benjamin VIGNOLLES, élève de Terminales ES au lycée polyvalent Marguerite Yourcenar de Morangis, qui a obtenu le 1er prix de sciences économiques et sociales.




Communiqué de presse sur la "Lettre aux éducateurs" de Nicolas SARKOZY (10/09/2007) :


    Jean-Michel LÉOST, Président de la Société des agrégés, a fait à la Presse la déclaration suivante :

   Le Bureau de la Société des agrégés de l'Université, réuni le samedi 8 septembre 2007, a examiné le texte de la Lettre aux éducateurs adressée aux professeurs et aux parents par Monsieur Nicolas SARKOZY, Président de la République.

   La Société des agrégés approuve la formulation de certains principes énoncés dans cette lettre :
- la nécessité d'apprendre aux élèves à « penser par eux-mêmes », à acquérir davantage « de capacités d'analyse, d'esprit critique, de repères » ;
- la nécessité de « donner à chacun le maximum d'instruction qu'il peut recevoir en poussant chez lui le plus loin possible son goût d'apprendre, sa curiosité, son ouverture d'esprit, son sens de l'effort », et de « lui faire découvrir comme une récompense la joie de comprendre après le long travail de la pensée » ;
- la volonté de reconstruire « une éducation du respect, une école du respect » et de restaurer l'autorité du savoir et du maître ;
- la volonté de développer pour tous les élèves la culture générale, nécessaire à tout homme qui « veut rester libre, qui veut maîtriser son destin », la confrontation de tous « aux grandes œuvres de l'esprit humain » ;
- le souhait que les élèves « apprennent les langues à travers la littérature, le théâtre, la poésie, la philosophie, la science » ;
- le souci d'« élever progressivement le niveau d'exigence à l'école primaire, puis au collège, puis au lycée » et de faire du baccalauréat une preuve de « la capacité à suivre un enseignement supérieur » ;
- la réaffirmation de la liberté pédagogique du professeur ;
- le respect de la laïcité ;
- la volonté de revaloriser le métier d'enseignant.

   Elle désapprouve, en revanche, l'affirmation selon laquelle « les principes de l'éducation du XXIe siècle [...] ne peuvent pas se satisfaire des principes d'hier et pas davantage de ceux d'avant-hier », estimant que, si les modalités d'application peuvent évoluer, les principes de l'école républicaine sont immuables.

   La Société des agrégés de l'Université émet d'autre part des réserves sur certaines des appréciations concernant la façon d'enseigner.
   Elle estime que l'éducation n'a jamais « négligé la personnalité de l'enfant » et que la transmission du savoir par le maître, selon les méthodes adaptées à la classe qu'il a devant lui, loin de contraindre l'élève à la passivité, est le meilleur moyen de favoriser son épanouissement, « l'éveil de [sa] conscience, de [son] intelligence, de [sa] curiosité ».
   Elle estime également que l'interdisciplinarité ou « la fécondation réciproque des disciplines » n'est possible et profitable que lorsque les connaissances disciplinaires fondamentales sont acquises dans une organisation structurée.

   La Société des agrégés craint enfin que les principes dont elle approuve la formulation ne soient dévoyés, voire annihilés, par des mesures inadaptées.
   En particulier, la réduction des heures de cours, si elle se faisait au détriment des horaires disciplinaires, irait à l'encontre des objectifs annoncés, en ne permettant pas d'assurer aux élèves des bases solides.
   En outre, « une plus grande autonomie dans le choix de leur projet, de leur organisation », aggraverait les disparités entre les établissements, à l'encontre des principes d'une école républicaine.
   D'autre part, la revalorisation des carrières ne saurait passer exclusivement par l'incitation aux heures supplémentaires défiscalisées ni par le réinvestissement d'une partie des économies réalisées par la réduction du nombre de postes : une revalorisation financière et morale de toute la carrière est nécessaire si l'on ne veut pas voir des étudiants de valeur se détourner des concours de recrutement.
   La Société des agrégés de l'Université regrette vivement que les statuts, dans l'Éducation nationale, soient présentés comme un « carcan » qui « doit s'ouvrir pour permettre que circulent les hommes, les idées, les compétences » et s'opposera à toute tentative qui consisterait à recruter des enseignants par d'autres voies que les concours, qui sont le moyen le plus juste et le plus démocratique de distinguer les compétences.
   Elle estime enfin que ces orientations ne pourront être mises en œuvre sans une réforme très profonde des IUFM, où règnent trop souvent les idéologies pédagogiques dont le Président de la République dénonce les excès, et attend un geste significatif à cet égard.



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